Rom 24

Mes confidences sont confidentielles
Pas les tiennes apparemment
Lis toi jusqu’à la lie
Elle est tienne aussi

La fumée s’oppose à la lumière
Ne crie pas surtout
Tu allumes la lampe
Pour l’ici-bas et l’au-delà

Tu ne vois rien dans l’eau boueuse
Elle cache le soleil et la lune
Les soupirs du chagrin
Te purifieront le coeur

Si la respiration s’arrête
Tu crèves
L’âme animale se nourrit dans les pâturages
Qu’est-ce que je fais les pieds dans la boue ?

Rom 23

Es-tu ivre d’amour
Comme moi de vin ?
Cultive la modération
Elle est bonne pour ton teint

Tu ne crois pas sérieusement
Que la ville de Paris
Est l’âme de la terre
Et New-York alors ? Londres ?

Donnes-tu une âme
Aux objets qui n’en ont pas ?
Rempli de lumière
Tu n’as rien de suprême

Les négateurs se cachent sous les voiles
Je suis ton serviteur et ton esclave
« Ce n’est pas vrai » répètes-tu
D’un air coquin

Rom 22

Ne porte pas secours aux démons
S’ils existaient ils te tueraient
il est des nouvelles plus précieuses
Que les mondes réunis

Tu verras ton jardin
Si besoin en versant des larmes de sang
L’araignée a attrapé une mouche
L’intelligence tisse sa toile

L’oiseau est mythique
Comment peut-on voler ?
Tu es coupable de ta santé
Tu es responsable de ta résurrection

Quand on jette une pierre
A la coupe de verre
Elle se brise bientôt
En criant de douleur

J’ai peur de tout
Et de moi-même
Je suis content
Tout de même

Rom 21

Je me bats et je donne
Je souhaite la victoire de l’amour
Je porte le deuil
Je ne suis pas sans orgueil

Je suis un chien
Qui aboie couché
Mes pattes ne sont pas paralysées
Je suis juste un peu fatigué

Reviens à toi l’ami
Fais disparaître de ton jardin
Les arbres stériles
Rien ne te fait plus peur que ta stérilité

Respecte quelques arbres morts
A cause de leur beauté
De leur message d’insanité
De leur refuge de sens

Rom 20

Je suis moi tu es toi
J’en suis content
Malgré les mécontentements du monde
Être ce qui est

Tu aurais voulu un meilleur sort
Epargné par la mort
Contente-toi de ce que tu as
Qui n’est pas si mal que ça

Seul l’Être t’inspire
Pour le meilleur et pour le pire
L’Être c’est la mort aussi
Son avatar le plus faible

Une âme c’est comme l’herbe de ton jardin
As-tu bu l’eau de la vie ?
Ne te contente pas de vivre
Pense aussi comme tout un chacun

Rom 19

A l’être aimé nous multiplions les cadeaux
Nous pouvons être tentés par le pire
Ne succombons pas
Ne succombons jamais

Mon sang ne dort pas
Le monde est comme une citadelle vide
Reste la cruauté inutile
Je me tais Je ne devrais jamais me taire

Seul un dieu peut menacer un autre dieu
Te crois-tu un dieu ?
Je pardonne aux braves personnes
Et aux moins braves

Par le bouillonnement de mon sang
Je jure être disert
Par les plaines et les montagnes
Jusqu’à l’au-delà du monde

Rom 18

La ténèbre est constante
Comment peut-on entrer là-dedans ?
Tu juges qu’elle est plurielle
Augmentant ta peur des ténèbres

Les astres sont des âmes suspendues
C’est un délice de faire la guerre ensemble
Mais la guerre c’est la mort
Suivie de réconciliation

C’est l’heure tendre et sacrée
Où l’âne se réconcilie avec le monde
Les femmes n’ont pas le sein vide
Tu hurles vainement ta peine

Les hommes sont brisés
Leur âme s’accroche à l’espoir de te voir
Ta science sans bornes manifeste la sagesse
Ta grâce est parfaite

Rom 17

Les paroles nous trahissent
Mais elles détiennent notre secret
Je gémis je suis artificiel
J’efface la rouille des miroirs

Je suis un cavalier
Ma monture est le ciel
Bien au delà des nuages
Je ne suis pas un mage

Je ne suis même pas un sage
Humain trop humain
Trompeur détrompé
Je me rapproche de l’âme

Mon âme est un âne
Gentil mais coupable de mal chanter
Mon âne porte les fardeaux
Dont je crois me débarrasser

Rom 16

Tu combats ou tu te livres à des menaces
Ne te borne pas aux peintures de l’humain
Si tu craches vers la lune
C’est toi qui subiras

Ne te cogne pas la tête contre les murs
Celui ou celle qui te rend triste
Te rend verdoyant et couleur de rose
Par miséricorde

A défaut d’être compréhensible
Je suis compréhensif
Je me refuse à être seul
Je le suis bien assez

J’aime l’eau pour faire des tours
Comme un moulin
Le moulin ne sait pas
Pourquoi il tourne

Rom 15

Le corps devient poussière
Sous le beau ciel indifférent
Mon froc est déchiré
Ton visage est le miroir même

Vers toi se dirige une tempête
Les folies de l’amour
Elles marchent dans le sang
Qu’elles font couler

Leur émissaire prend l’âme au collet
Retourne vers la source
L’Être fait ce qu’il veut
Où est la source ?

Je déchire mes vêtements par amour
La fumée d’une chaudière
Ne monte pas jusqu’au ciel
Les nuages sont la fumée même