TWR 230

Tu abuses de la négation
Tu ne veux plus de poulet
Tu ne veux plus de poisson
Qu’allons-nous devenir ?

Je suis coincé sur mon coin de falaise
Je n’ai plus de jolie fille à mes côtés
Tout me prouve que je dois rester à ma place
Insignifiant et mal côté

Le néant n’est pas un buisson d’épines
C’est nous qui par peur le faisons tel
Evitons-le toutefois
Tant que quelque chose existe

Nous sommes des animaux et des humains
La part humaine se voit dans nos sciences et nos arts
Dans notre organisation sociale même mal faite
Je suis un animal et quelque chose d’autre

TWR 229

Les roses nous attirent
Mais il est d’autres fleurs
J’aime les décors de brume
Je suis du nord

L’humain est immense
S’il le veut bien
Il doit croire en lui
C’est à dire nous

Nous chantons
Personne n’entend notre chanson
Nous prenons l’ascenseur
Comme tout le monde

Nous ne sombrons pas dans le néant
Parce que nous sommes deux
Parce que nous sommes plusieurs
Sans émotions déplaisantes

TWR 228

Je parcours vos rues
J’entre dans vos maisons
Enfin c’est mon esprit qui entre
Je lui fais confiance Pas vous ?

Je connaissais tes joies tes peines
Dans mon sommeil tes rêves sont mes rêves
Tu es poursuivie par des monstres cauchemardesques
Tu m’as déjà dit qu’il est trop tard

Je ne te réveille pas
Je te caresse doucement
Tu te rendors profondément
J’essaie de penser

Allongé sur le lit matrimonial
Je pense mieux que jamais
Entre conscience et sommeil
Je veille

TWR 227

Je suis comme un fagot d’épines
je ne veux pas le mal
Mais je le fais
Je fais le mal innocemment

Le monde est d’abord division
Avant qu’on ne trouve son unité
L’unité d’une division
Soit une multiplication

Le mal est division
La division est le mal
Le mal est l’origine du monde
Une origine bancale

Tout est voyage autour de nous
Le bien fait semblant de nous connaître
Nous sommes sans le savoir
Les héritiers du mal

Au mieux et je le dis
Avec le plus grand sérieux
Nous sommes les descendants
Du mal et du bien

TWR 226

« Il est bon ce frichti  »
Disait la môme délurée
Le soir était déjà tombé
Je ne disais rien

Je t’ai écoutée
Je suis descendu sur le port
Le peuple souhaite que je le quitte
Il ne me connaît même pas

Je me hâte comme le vent
Je suis en quête du chemin le plus solitaire
Je suis bon comme le blé
Moi seul le sait

Il faut que la terre dorme
Pour que je voyage
Je suis comme la semence
D’une plante tenace

KGI 6

Libère ton souffle
Pour escalader la montagne
Tu sais bien qu’elle est vide
Une montagne de vide

Je bois à la rivière du silence
Une paix étrange m’envahit
Je ne saurai jamais chanter
Je suis humble enfin

Voici enfin le grand secret que je te délivre
En toute sécurité :
Il te faut atteindre le sommet de la montagne
Avant de grimper

La terre te réclame
Parce que tu es l’un de ses nombreux enfants
Si tu la suis innocemment
Tu pourras danser

KGI 5

Le coeur rêve de printemps
Ayons confiance dans les rêves
Ils cachent la porte de l’éternité
Elle est toujours fermée

Votre peur de la mort est limitée
Comme vous êtes limité vous-même
Tu frissonnes comme si tu honorais
Ton bel amour

Qu’est-ce que tu appelles mourir ?
Je vois que tu restes nu sous le soleil
Exposé à tous les vents
Tu ne meurs pas tu vis

Si ton souffle s’arrête
Tu mourras sûrement
Voilà l’une des rares certitudes
Que je possède en ce bas monde

KGI 4

Le hibou est aveugle le jour
Je ne pense pas qu’il détienne
Le secret de la lumière
Tes arguments sont fallacieux

La vie et la mort ne sont qu’un
Comme le fleuve et la mer
D’une certaine façon
Comparaison n’est pas raison

L’au-delà est silencieux
Parce qu’il n’existe pas
Il n’existe pas vraiment
Il est construit sur le vide

La connaissance du vide
Est silencieuse
Elle est silencieuse
Parce qu’elle est vide

KGI 3

Je voudrais désormais
M’interroger sur la mort
Sur le sens de la mort
La mort n’a pas de sens

Elle te répondra
Quand tu voudras
Quand tu voudras bien l’interroger
Un peu longuement

Je voudrais bien
Connaître le secret de la mort
Seulement il se trouve au plus profond de la vie
Pas de vie pas de mort

Autrement dit
Il n’y a de mort que la vie
La mort n’existe pas en soi Elle est là
Pour rendre service

Rom 7

Regarde cette stature
Ta statue mendie
Elle est mûre pour vivre
J’ai pillé la caravane d’amour

Ta beauté est celle de la lune éclatante
Parlerai-je du cyprès
De la tulipe du jasmin ?
Contemple la stature de ta statue

Je frappe le mur de ma tête
Pour qu’il me dise bon jour
Je suis bon je ne suis pas le jour
Je salue ceux qui te veulent du bien

Tu es le jardin du monde
Me permets-tu de te jardiner ?
Je suis fondu éperdu
Lève-toi, entre donc