Rom 3

Image divine de la terre et du ciel
Tu es frappé de stupeur
Tu ne joues plus avec moi
Tu crains le dialogue

Je plonge mon regard au plus profond de toi
J’en suis capable
Mais ton coeur bat ailleurs
L’oiseau de la vision ne se pose pas sur les signes

L’Être est double
Mais il dépasse sa dualité
Celui qui voit et celui qui est vu
Ne font qu’un

La mouche tombe dans le miel
Le cheval se transforme en sel
Le feu domine la cire
Le papier imagé est à l’eau

Rom 2

La mer s’est brisée en vagues
Une infinité de vagues
Elle s’est couverte d’écume
Une infinité de flocons d’écume

Nul ne peut monter jusqu’à la lune
Nul ne peut devenir la mer
Je suis partisan de retourner à la terre
A la source loin des couleurs et des parfums

Je connais un maître qui ne manque pas d’esprit
Sans pour autant être spirituel
Il ne fait pas venir la lumière sur le monde
Il se contente d’un trou son gourbi

Rien n’est périssable Tout est éternel
Il faudrait relire Platon
J’ai peur je meurs de peur
Mon essence sort de chez moi

Rom 1*

Je suis le maître des paroles suaves
Je ne suis que le serviteur de mes lecteurs
Malheureusement trop rares
J’ai parcouru les cieux de l’amour

Sans mots, sans signes, sans indices
Mon coeur parle sans interprète
J’aimerais assez l’art de la rime
On me conseille de jeter pêle-mêle
Les lettres les sons les paroles

Une autre poésie celle de l’âme s’impose
Sans rien qui parle ou qui pose
Sans lettres et sans forme
Il n’y a pas de pierre philosophale

Pourtant le corps de la terre
Est tout entier transmutation
Autre forme de l’amour
Divinement terrestre *

* L’auteur profond de ces vers doit rester un temps anonyme

Art 32 et fin *

La peinture c’est aussi des partis-pris

La beauté, c’est une bonne vision

Pour atteindre la beauté, rien ne vaut l’esprit

Le mariage peut aider l’art

Peindre des paysages m’empêche de m’attacher

Il n’a pas de progrès en art

Je suis né libre pour vivre librement

L’art c’est avoir des yeux pour entendre

Après le commencement, c’est déjà la fin de l’art

Un tableau vit par l’humain qui le regarde *

* « Petit recueil de pensées d’artistes », par Nicole Masson et Yann Caudal, Editions du Chêne, Hachette, 2015

Art 31

Si l’on savait exactement ce qu’on va faire, autant ne pas le faire

La foule commence à quatre

Si les autres parlent, la conversation est impossible

On ne peut pas tout faire sur son lit même s’il est glamour

L’art est enfant du temps et enfante nos sentiments

Nous peignons notre fin avec amour et espoir

Je dois oublier ce que j’ai vu pour créer

Ne regarde qu’en toi-même

On saute seul au dessus du précipice

Les lettres et les mots m’évoquent des couleurs

Art 30

L’artiste est le seul à ne pas savoir ce qu’est l’art

L’irréel désigne le réel

L’art ne reproduit pas, il prolonge

L’artiste est avide de recommencer

Manquant de noir, tu mets du bleu et l’impressionnisme est né

Une vache est plus solide sur un toit que sur le sol

Si je vivais plus longtemps je peindrais

Un peintre doit voir le monde avec ses yeux

Tout est naturel sauf ce qui est artificiel

On ne fait pas ce qu’on fait en sachant ce qu’on fait

ART 29

On n’entend pas qui écoute

L’essentiel c’est le regard

Être ému c’est parfois se taire

Être laid c’est souvent être vrai

Au moment où on abandonne on recommence

Il n’est pas mauvais de désirer plus que ce qu’on peut faire

Plus on paye cher, plus on paie pour autrui

La liberté est celle de l’esprit

Le gris évite l’ardent

Il y a toujours un sujet

Un tableau peut détruire

L’art est un apostolat

Art 28

Le silence est nécessaire pour certaines expériences

Il nous faut des chocs

Rien de bien se fait dans l’isolement Par contre la solitude ….

Quand je n’ai pas de bleu, je mets du rouge

On ne peut pas s’empêcher de vieillir, on peut s’empêcher d’être vieux

On a peint avec peu de couleurs

Qui éduque le goût ?

La peinture est la moisson du rêve

Vous regardez la nature, puis vous regardez ailleurs

Avant d’être une femme nue un tableau est un assemblage de couleurs

L’art n’est pas une anecdote

On peut voir qui regarde

Art 27

Je suis un fanatique du gris

Ma révolution, c’est de renverser le sablier

Il n’y a pas une seule vérité, sinon on ne multiplierait pas les toiles sur le même thème

On ne meurt pas d’un trou dans le pantalon

Concevoir, c’est décomposer pour composer

Soyez debout pour étudier l’art

Qui connaît l’amour se tait

On sème des esquisses pour faire pousser des tableaux

Il faut aimer pour semer

Rien n’est plus confus que l’esprit

Il y a une pensée pour les idées claires

Art 26

Nous ne créons pas la lumière, nous essayons de la reproduire

Peindre, c’est établir des contrastes

Qui pense peu se trompe du tout au tout

Quand je commence à peindre, je ressens un choc qui me fait tout oublier

Regarde bien : ce que tu vas voir n’est pas ce que tu as déjà vu

La peinture nous fait faire le grand saut, comme la musique ou la poésie

Le spirituel est parfois opposé au matériel

J’aimerais peindre le vide, le rien Je me contente du presque rien

Inventer sans peindre, c’est ce que je voudrais

Plus les moyens sont limités, plus l’expression est forte

Je ne peins pas pour la foule

Ce qui est accidentel doit être voulu