Saa 10

L’amour nécessite la durée
L’éphémère le provisoire
Ne sont pas de son domaine
L’amour dépasse le temps

Le vent n’emporte pas les pétales
Le temps a ses révolutions
Qui nous ramènent au présent
Viens je t’apporte ces quelques roses

Ma rose en quelques jours est morte
Je cultive mon jardin
Pour obtenir plein de roses
Un pétale me suffira

Pour généreux que soit un humain
Il ne promet que ce qu’il peut tenir
Il me reste ces quelques roses
Alors que le jardin prend fin

Saa 9

Tu peux parler parle
Tu peux te taire tais-toi
Demain la mort frappe à ta porte
Tu auras le choix

Qu’est-ce que la langue dans la bouche
De l’homme instruit ?
Le trésor de l’humain
Ou un désastre humain ?

La raison parfois s’emporte
Elle parle plutôt que de se taire
Elle se tait plutôt que de parler
Et il en est ainsi depuis la nuit des temps

La querelle est une maladie
Si tu es querelleur dispute-toi
Avec celui dont tu n’as pas besoin
Avec celui dont tu peux t »enfuir facilement

Art 1*

Plus on vieillit, plus on est artiste

L’art est libre dans les limites de son siècle

Nous faisons des enfants pour qu’ils fassent plus que nous

Entre deux trains la voie ferrée ne sert à rien

Ce qui ne se voit pas est plus poétique que le visible

Le spectateur recrée l’oeuvre

L’essentiel est d’aimer …. ce que vous voyez, ce que vous entendez ….

L’essence de l’art est la joie qu’il procure

Une oeuvre d’art permet d’entrevoir que quelque chose est possible *

* « Petit recueil de pensées d’artistes », Nicole Masson et Yann Caudal, Editions du Chêne, 2015

Saa 8

Tu bats en retraite
Le silence puis la mort
N’attendent que toi
La violation d’un serment
N’engage pas le violeur

La langue dans ma bouche
Est la mienne
Trésor humain
Fin de ta fin

Quand tu fermes ta porte
Tu fermes ta boutique
Pleine de taons
Et de moustiques

Se taire devant un sage
Est un message de politesse
Le silence est un sage
Son message est gracieux

Malgré tout essaie de parler
Tais-toi quand il faut parler
Parle quand il faut se taire
De toutes les façons tu tenteras

Saa 7

Tu manges le blé en herbe
Plus tard tu glaneras
Voilà le chemin Va
Sois humain

Pour moi mieux vaut un muet
Et surtout un sourd-muet
Qu’un bavard
A la langue intarissable

Maintenant que tu peux parler
Accueille nous
Nous ne sommes pas les employés
De la mort

L’envoyé de la mort
Frappera demain à ta porte
Alors tu te taieras
Demain pour tous les jours

Saa 6

Tu as vécu longtemps
Il te reste cinq jours
Ta demeure est le sommeil
Elle reste inachevée

Evite l’inconstance
C’est un ami trompeur
Préserve l’amitié
Elle subsiste en dépit de la trahison

L’amitié est un désir un souhait
Une bonne volonté
Nous mourons tous
Personne après la mort
Ne cherchera ton amitié

Pense à vivre après la mort
Pour quoi tu penses à ça
Puisque tu sais que c’est impossible ?
Je craque

La vie est neige
Mais c’est de la neige en été
Elle fond
Comme toi tu fonds

Saa 5

Le monde existe
Nous ne sommes pas reconnaissants
Nous pleurons sans raison
Je bois et je n’oublie pas

Je confesse mes erreurs à l’absence
Puissance souveraine
Le mystère me donne une réponse
Incompréhensible

Les portes sont ouvertes
Tu t’es mise au vert
Couronnée de fleurs
Tu pleures

Le miel est divin
Pas besoin d’un dieu
Grand ou petit
La datte a un noyau

IB 110 et fin

L’obscurité l’emporte toujours à la fin
L’humidité t’épouse
Dans la nuit bleue
Triples yeux

Laisse-moi au profond de toi
Laisse-moi au fond de moi
Semis divers
Tout est étrange et étranger

Les pierres ne sont pas tombales pour rien
C’était hier et peu importe
Tu n’ouvres plus ta porte
A rien sauf le chagrin

Le temps est en sursis
Tu es révoltée
Le temps passe
Tu es révoltée

IB 109

Je hante encore
La maison de mes rêves est ma maison
Tes yeux sont flétris
Autrefois nous mourions ensemble

Mouches fourmis
Les petites morsures ne me gênent pas
Tout n’a pas un goût de mort
Le sommeil est un miracle

L’ennemi te broie déjà les os
Tu ne fais rien tu n’es jamais puni
Crois-tu
Le manque d’amour te poursuit

Tout se brise devant toi
Quelqu’un te sauve qui est mort avant toi
Mes cris se perdent
Mon cerveau devient rouge sang

IB 108

Tu te rends à l’épouvante
La bouche est bénéfique
Une colombe a fui
Les humains ont le droit de mourir

Qui a consommé mon talent ?
Personne on dirait
Quelqu’un éclate d’un rire criard
Il n’y a plus de contenu
Les vases sont vides

La voile noire est hissée
Nous allons en enfer
C’était mon coin préféré
Dans mes cauchemars
Que faire ?

Le jour est parti
Et ne reviendra pas
Tout est mort
Sauf toi