VV 6

Fleurs de cerisiers
Vous vous dispersez
Allègrement
Au sens du vent

Le vent n’a pas de sens
Il folâtre allègrement
Troublant à peine un monde
Fascinant et répugnant

Mon coeur regrette déjà
Les fleurs de cerisier
Leur vitesse leur désarroi
Rendez-vous dans des mois

Grâce aux graines des fleurs
Les anciennes fleurs de cerisier
il y aura toujours pour nous
Des cerisiers en fleurs

IB 8

Il est amer de manquer
Tu allumes tes lumières
Vous éteignez de grands feux
Les lueurs sont sans fin

La lumière porte loin
Au bout de l’horizon
La fumée est un voile
Tu éteins les langues des torches

Tu essaimes des yeux
Ce que tu n’as pas dans le coeur
Tu possèdes quoi au juste ?
Ton voile de fumée ?

Tout est tentative
Tout est chemin tâtonnant
Tu n’aimes pas ton image
Qui n’est faite que de sages

IB 7

Nuage après nuage
S’envolent nos heures ardentes
Au milieu de la douleur obscure
Qui leur sert de chantier

L’étang est bourbeux
L’obscure douleur
Me jette littéralement dans le repos
J’ai un peu mal au dos

Le jour succède au jour
La nuit succède à la nuit
Le féminin ici succède au masculin
Qu’est-ce que ça signifie ? Rien

Il est amer de manquer
D’ombre de nuage de soleil
De poêle à frire de pommes de terre
Nous naissons tous d’une femme

AW 3

Les humains connaissent la vie trop tard, s’ils la connaissent

Il est important qu’on parle de vous, en bien ou en mal peu importe

La vie n’est pas un fait de pensée, c’est un processus vital

Le rêve est une excitation nerveuse

L’humain a des vies nombreuses en rêve

La chair de l’humain est infectée par les maladies des morts

Toute femme bien née souhaite avoir l’âge de sa fille

Comment fait autrui pour vivre des tragédies d’une médiocrité infinie ?

Pour se marier, il faut tout savoir

Beaucoup de basses besognes ont bénéficié de bonnes intentions

AW 2

La nature change la nature est changeante

L’égoïste vit comme il l’entend Il souhaite que tout un chacun l’imite

L’altruiste intervient dans la vie d’autrui pour aussi être imité

Un humain qui ne pense pas par lui-même ne pense pas

Vous vous présentez sous les auspices de la bonté et vous réussissez

La méchanceté affichée vous fait rater Tel est l’optimisme officiel

Le monde n’aime rien tant qu’un mariage heureux pour en médire à l’aise

La plupart des humains jouent des rôles pour lesquels ils ne sont pas faits

Le monde est un théâtre

Sur la scène les acteurs sont mauvais et leurs rôles plus encore

VV 5

Cerisier de montagne
Le vent blesse tes branches
Le vent s’en va déjà
Laissant derrière lui sa détresse

Le vent disparaît vite fait
Non sans s’emparer
De tout ce qui ressemble à une fleur
Il n’est pourtant pas leur maître

La brise de printemps
Ne laisse pas indifférentes
Les fleurs de cerisier
Elles se plaignent à qui de droit

La brise disperse les fleurs
De ce monde flottant
Elle les regrette déjà
Rien n’a plus de sens

VV 4

La brise du rêve disperse les fleurs
Le songe est roi
Dans mon pays
Ce n’est qu’un exilé

Les fleurs se dissipent dans nos rêves
Elles sont bien sérieuses
Accrochées à nos rêves
Elles sillonnent le coeur

Quand ll sort de sa rêverie
Le coeur bat plus fort
Il bouillonne même
Du sang des morts

Au printemps joli
Je me promène apaisé
Les rêves sont derrière moi
En attendant la nuit prochaine

IB 6

Entre sommeil et rêve
J’adore trouver un chemin
Entre réel et réalité
De moustiques infestée

La vie bouillonne en moi
D’habitude je ne le sais pas
Je ne hâte pas le pas
Je cherche le calme plat

Je suis amer
La mer m’est amère
Sans fin et sans cesse
Elle n’a de cesse que de m’engloutir

Ainsi je rêve devant les flots bleus qui me narguent
Gris de colères rentrées
Violets de rêves exprimés
Bleus sous le soleil d’or

IB 5

Je suis fixé avec mes ombres
Le monde n’existe pas
Le monde n’existe pas vraiment
Tu as de curieuses idées parfois

Je me mets à genoux
Pour ressentir ton ombre
Je ne reçois que des coups
Du vent qui s’enfuit vers le large

Tu pourrais m’enchanter
Au lieu de me fixer
Immobile parmi tes ombres
Tu es bien sombre

J’adorerais être humble
Dans la paix que certains atteignent si facilement
L’enfer c’est au dernier étage à droite
L’enfer des oignons et des goîtres

IB 4

Je lève les yeux
Tu évoques la mer
La mer est sans pitié
Elle m’engloutit

Je connais le sens ultime de l’existence
L’existence n’a pas de sens
A moins que dans tes yeux
En un éclair ….

A toute heure je me demande
D’où je viens, pourquoi faire ?
Handicapé par ce poids
Ce poids énorme de l’âme

L’âme ne pèse rien
Elle cause beaucoup de peine
A ceux qui comme moi
Ont rompu avec le monde