If 33

Mon pain est plus dur qu’une pierre
Nos enfants n’ont pas de miel
Les humains sont mal – heureux
Le silence est incorporel

Mes veines éclatent de sang
Mes joies diluviennes mouillent mes paupières
Les étoiles dansent sur la pointe des pieds
Mon tombeau est étroit

j’aime bien donner des coups de bec
Je ne suis pas un marchand d’amour
Tes yeux mitraillent
Je dîne de la terre

Vous vous tournez les pouces
Il n’est pas vain que ton épouse soit rousse
Je pars avec mes années
Le coucher est triste d’un soleil éclatant

TT 7

Enseigner sans paroles
Demeurer dans le vrai, ne pas être modifié par les choses
Tous les êtres sont un, suite de similitudes
L’esprit peut errer dans l’harmonie des vertus

L’eau agitée n’est pas un miroir
Le corps est comme une résidence secondaire
Dans nos réflexions nous restons modestes
Agir sans décider

Les porcelets aiment ce qui anime le corps de leur mère
Le jour et la nuit se succèdent sans nous
Être comme le printemps
L’eau est comme la vertu sans forme

La grandeur de la vertu fait oublier le physique
Avoir forme humaine sans sentiments humains, sans choix humains
Un humain dénué de sentiments suit sa nature sans la forcer
Ne pas utiliser une forme pour piailler

TT 6

L’exagération est une absurdité
Courtoisie et simplicité au début, vulgarité et complexité à la fin
Les paroles sont des vagues soulevées par le vent
Les actes chaleureux sont des perles
Les actes sont des pertes

Ne laissons pas l’apparence devenir réalité
Un arbre sans utilité a des chances de bien vieillir
Les personnes inspirées sont inutiles
Le malheur des arbres est qu’ils produisent du bois

Un humain à la vertu déformée peut atteindre un âge normal
Ta vertu est décadente, en décadence
Survivre, se survivre n’est pas suffisant
Contentons-nos d’éviter les châtiments

Le bonheur est si léger qu’on ne peut le saisir
Le malheur est si lourd qu’on ne peut l’éviter
On est vite aveuglé par le soleil
Les arbres des montagnes sont leurs propres ennemis
Personne ne connaît l’utilité de l’inutile

TT 5

Pas de commencement avant qu’il n’y ait commencement
Nous sommes un poil, peut-on en parler ?
La voie n’a pas, n’a jamais eu de limites
Un chemin n’est pas la voie

Comment savoir si notre savoir n’est pas ignorance ?
Une personne avisée parle en se taisant, se tait en parlant
Les personnes avisées prennent les choses comme elles sont
Nous ne savons pas que nous rêvons quand nous rêvons

L’ombre ne sait pas si elle dépend des écailles d’un serpent, des ailes d’une cigale ?
On ne poursuit pas l’illimité avec le limité
Adoptons la modération comme règle, adoptons la modération
Ce qui n’a pas d’épaisseur pénètre ce qui est vide

Le faisan ne convoite pas le bonheur d’un roi
On considère un maître quand il est vivant
On ne combat pas le feu par le feu, l’eau avec l’eau
Il est bon parfois d’être inflexible intérieurement et flexible extérieurement

Il est bon d’être disciple des humains, et aussi des anciens
La voie est une accumulation de vide
Personne ne vole sans ailes
Respectons deux lois : le destin et le devoir

So 18

D’aimables, bonnes et braves gens

Il faut de tout pour faire un monde

Les âmes soeurs se saluent de loin

On ne peut pas voir plus que soi-même

Soyons communs

Thé ou café

S’acoquiner

La nature a une partie honteuse

Il est nécessaire d’aimer et d’estimer à la fois

Le degré d’esprit nécessaire pour nous plaire est notre degré d’esprit

So 17 Le retour de Zozo

Voir le 17 / 8 / 2018 : Zozo, ce héros

A chaque fou sa marotte

Ayez toujours du sel

Je te vois, o gibet

Notre cerveau est partiellement une machine à penser

L’âme est une idée folle

Conserve le sommeil

Le physique domine le moral

Il ne faut pas trop travailler

Circonspection et indulgence

Vivre et laisser vivre

If 32

Je bats la mort La mort me battra
Un oiseau fume le cigare
Un paysage se sacrifie
L’arbre a un coeur timide

Le dormeur a les yeux maigres
La fille me montre ses cauchemars
Le sommeil embarque sur mon bateau
Avec des bijoux de charme

Le pain s’envole
Mes dents sont affûtées
Mon coeur chante mémoire
Je file le borgne

L’avenir dit-on est fortune
Le vin a des goûts de futur
Les serpents chantent comme les sirènes
Ils ne collaborent pas

If 31

Je cherche des sandales pour mes pieds
Le ciel est une couverture, la terre mon lit
Le bachi-bouzouk déprime
Riront bien qui riront les derniers

Le monde est vieux
Morts hier vivants aujourd’hui
Les morts ont la même tristesse
Où l’on s’aime ? Où l’on sème ?

Le nouveau-né est sur le pavé
L’âme est en fuite
Le tao est impersonnel
Chacun le voit de façon personnelle

L’humain résiste
La lumière est un soleil brûlant
L’autre monde est laid
Il marche dans les rues noires

TT 4

Nous nous blessons et nous affinons au contact des être ou soi-disant tels
La vie ressemble à une épreuve, je ne dirai jamais à un cauchemar
Ici et là naissent l’un de l’autre
La naissance implique la mort

Un mot, c’est du vent
On n’arrive pas hier
Le possible implique l’impossible
Un désignant n’est pas le désigné

La voie repose sur de petits succès
Tout est interchangeable et unifié
La voie, c’est atteindre son but sans savoir comment
Le dilemme est harmonie

Comment ça va ? – ça va froidement
L’altération de la voie parachève l’amour
Les personnes avisées brandissent le doute
Parler de l’existence, ce n’est pas dire grand-chose

TT 3

Les grands arbres ont des cavités
Les rafales sont nombreuses
Qui déchaînerait les souffles ?
L’analyse est petite, la synthèse est grande

La petite parole pinaille
Les âmes s’enchevêtrent
A chaque jour sa brouille
Qui n’a pas bonne bouille

L’esprit distingue le vrai du faux
Avec le temps la haine devient muette
Nous ne connaissons pas les origines de ce qui existe
Il est des maîtres dont nous ne percevons pas les signes

L’absence des formes est hypothèse
Il faut penser à l’avenir mais pas trop tôt
Nos efforts pour connaître n’enlèvent rien à la réalité
Nous prenons nos préjugés pour maîtres