RD 26

Les insectes de l’été
Doutent de l’existence de la glace
Les oiseaux lissent leurs ailes
Dans la certitude de voler

Le principe est évident
Il n’est pas transparent
L’appeler tao ne le rend pas
Moins obscur

Au sein des merveilles
Il révèle sa silhouette
La cité est hérissée d’oriflammes
La cascade plane sur ces propos flous

Les yeux écarquillés
Je me mets en route
Les oiseaux-montagne
Ont eux aussi des plumes
J’en voudrais une

RD 25

Les sommets absolus
Valent une chanson
Pleine de doutes
Qui sortent de la soute

Les chansons sont les compagnes du ciel
Elles s’égarent au delà des espaces reconnus
Elles sont étrangement seules
Enfouies et féériques

Les esprits étroits
Ne se rendent jamais au doute
Ils ne se rendent jamais
Dans les étranges solitudes

Les esprits étroits
S’accrochent à leurs préjugés
S’ils s’en débarrassaient
En l’absence de chemin
Ils courraient à leur perte

Big 28

Dans un avenir lointain, très lointain
Le nombre d’humains sera fixé à 28 milliards sur toute la galaxie, exactement 28 197 352 513 ….
La durée normale de vie sera de 212 ans et quelque ….
Les humains ne connaîtront que neuf soufrances importantes : le chaud, le froid, la faim, la soif, la digestion, le caca, le pipi, le sexe, les faiblesses attribuées à la vieillesse qui commencera en moyenne après les 180 ans….
L’âge moyen de fécondation pour les femmes sera de soixante-quinze ans….
Le sage le plus important de cette époque commencera par ces réflexions : la vie est courte, condamnée à la mort, la richesse n’est pas personnelle, elle est dangereuse pour la morale, la gloire reste extérieure à la personne, la famille est un piège ….
Son message essentiel, relayé par tous les média, sera :
« L’existence humaine est la rosée du matin qui se pose sur l’herbe et disparaît aux premiers rayons de l’étoile solaire
L’existence humaine est une goutte de pluie qui tombe sur l’eau
L’existence humaine est un éclair qui traverse le ciel
L’humain fend l’eau avec un bâton Dès qu’il le retire, l’eau se reforme
L’humain passe comme la friture sur le feu
La vie humaine ne compte qu’un fil, ne tient qu’à un fil
La vie humaine est un boeuf que l’on conduit à l’abattoir
La vie gamine de l’humain est un torrent qui disparaît vite fait dans l’eau
La vie humaine est insaisissable
Il faut la donner à tous et ne la confier à personne
Il n’y a aucun être humains qui ne doive mourir

RD 24

L’espace sans bornes
A la transparence du vide infini
L’Être est en soi est une merveille
Une merveille sans pareille

Tout ce que l’esprit clair méprise
Je ne le méprise pas
Tout ce que l’esprit clair maîtrise
Je ne le crois pas

Le maître de l’esprit solidifié
Gouverne les montagnes
Et les abysses marins
Tout au moins c’est ce qu’il croit

Il n’aime pas la liberté du tao
Sa multitude de contradictions
Le sol est magique
Et prolifique

RD 23

L’inspiration poétique me fait monter
En un clin d’oeil
Au haut de la montagne
Je vois tes sinistres desseins
Tu voudrais que je fasse semblant d’avoir raison

Mon problème est que j’ai raison d’avoir tort
Mes habitudes vont à l’encontre de tes desseins
Pourtant tu es bien serein
Profiter de la vie telle est ta rengaine

La foudre je la remonte vers le haut
Je siège sur le tonnerre
Pour porter mes jugements de verre
Je préfère le verre au fer
Car le verre ça se casse

Je suis cassant me dit-on
Cette mauvaise plaisanterie
Glisse sur le parapluie de mon indifférence
Comme nous tous je casse
Et je me casse

If 16

L’oeil projette des rayons

Ma main est tremblante

Les orphelins dorment sur une étoile

La vie n’est pas dans le vin

Mes plaies se ferment et s’ouvrent

La montagne est nue

La mer se couvre d’algues là où je suis

Ma poule n’a pas de dents

Elle donne des coups de bec C’est affligeant

Ta mère aussi piaillait

So 14

Se résigner peut être une protection

Pas d’arbre sans racines

Il est là et il n’est pas là

Il ne faut pas confondre feu du foyer et incendie

Soyons heureux sans chercher un bonheur plus grand

Il y a des personnes au dessus de nous Combien y-en-a-t-il en dessous ?

Nous mangeons à l’égal des souverains

Ne bouge pas sans nécessité

Laisse courir

Ne sois pas le bourreau de toi même

So 13

La terre est peuplée de gens qui ne méritent pas qu’on leur parle

Je préfère la solitude à la compagnie de gens difformes et aveugles

On peut aimer la solitude sans pour autant se promener seul dans la forêt

Avec l’âge le penchant à la solitude est de plus en plus naturel

La solitude est d’abord une amie de jeunesse

La solitude n’est pas un isolement

Le rien est heureux de tous côtés

La société est faite de barrières et de retranchements

Il est vain de vouloir goûter tout seul la solitude

Fatigué je ne me réfugie pas dans le désert, je le crée

RD 22

La géographie est extraordinaire
Elle me parle de lieux où je n’irai jamais
Comment accéder à ces montagnes lointaines ?
Je ne suis pas un oiseau
Je ne suis même pas beau

Je ne suis pas léger léger
Je ne vis pas sur les sommets
Mais je suis gaiement la voie
En mangeant des frites

Comment s’installer dans la liberté ?
J’ai trouvé le donjon où la retrouver
C’est une création de l’esprit
Qui emprisonne l’esprit

Pas besoin d’ermitage lointain
Je laisse galoper mon coeur
Je pleure en vain
Balivernes que tout cela

RD 21

J’ai un pic sacré
Il ne me sert à rien
Sauf à effaroucher les tourterelles
Je ne suis pas un tourtereau

Où vont ces sentiers qui nous contournent ?
Le tao n’est pas banal
Il ne nous parle que de la banalité
Les sommets se cachent les uns les autres

Je ne connais pas de sentier peuplé de lutins
Pour moi les lutins sont des gens très bien
Mais de très petite taille
Ils sont facétieux

La poussière des siècles
S’attache à mes semelles
Mais je n’irai jamais là où je pourrais aller
Je préfère ne rien faire