So 10

Digérer sa vie

Le mieux est l’ennemi du bien

Celui qui veut se libérer d’un mal sait ce qu’il veut

La médiocrité est la sécurité

Ce n’est pas la peine de s’empresser quand il s’agit des choses humaines

Ce qu’on appelle le monde est un opéra sans intérêt, sauf quelques décorations

Ne te fatigue pas avec des projets éternels

Je choisis sans prouver

Il y a une seule route vraie parmi les chemins détournés

Etouffons tout ce qui est passé

So 9

A quoi bon parler à quelqu’un qui dort ?

Un caillou jeté dans un bourbier ne fait pas de ronds

On prend souvent le mauvais pour le bon

La modestie n’est pas dépréciation de soi-même ?

Certains pour paraître nient mon existence

Il est des hommes célèbres, il y en a qui le méritent

La renommée est-elle l’éperon qui pousse à se consacrer au travail ?

Voyager invite à changer d’humeur

Le sage poursuit l’absence de douleur

Le bonheur est un rêve, la douleur est réelle

So 8

Le bon ton et la bonne société

L’humain est un animal frappeur

Le droit du plus fort est-il réellement un droit ?

Faut-il se venger d’un mensonge par l’assassinat ?

On ne fait pas tort à qui est consentant

L’honneur est le frère mortel de la gloire

Importance de la maladie vénérienne

La gloire suit le mérite

L’envie clôt les bouches qui pourraient féliciter

Rien n’est plus beau à l’âne que l’âne

If 10

L’unique voix lumière
Est celle de l’histoire
Est celle des histoires
Des ruines et des âges

Celle des mouches
Et des vermisseaux
Des intelligences et des sottises
Choisissez les grimaces

Je suis pourpre de violence
Mon courroux est écarlate
Mon sport est la savate
J’aime me montrer à mon avantage

Je ne raconte pas d’histoires
Les miennes sont vraies
Je te tape sur le rable
Tu tapes sur la table

If 9

Je me protège du soleil
Par l’orage
Le beau tonnerre de mes aïeux
A siroter langoureusement

Je n’aime pas les mouches
Elles se servent à la louche
Elles s’applaudissent vigoureusement
Leurs yeux globuleux éclairent le monde

L’humain détruit par le feu
Il a plein d’armes l’humain
Je vois encore l’aurore
Eclairer l’univers

Encore encore
Dans ma bouche je souffle
Seul l’écho du deuil
Me répond

Big 24

Un paysan avait un grand boeuf noir
Il se moquait de lui D’un air abattu
Le grand boeuf se laissait faire
Son maître lui ordonna en l’insultant
De participer à un concours
Dépourvu de confiance en lui
Le boeuf rata l’épreuve
La fille du paysan lui demanda l’autorisation
De s’occuper du grand boeuf
Elle le brossa, elle le lustra
Elle lui passa un grand collier de fleurs autour du cou
Elle lui parla dans l’oreille
Le grand boeuf emporta aisément une épreuve
Qui consistait à tirer
Un chariot rempli de cailloux
Il fut même le seul à la réussir

Big 23

Avec une plante on peut guérir
Plusieurs maladies
Avec plusieurs plantes
On peut guérir une maladie
C’est ce que répétait un jeune médecin ambulant
Tellement avenant que rien qu’à le voir
Les patients se sentaient déjà mieux
Malheureusement notre jeune docteur
En portant secours
Se noya dans un torrent
Trop jeune pour avoir formé un successeur
Heureusement une plante guérit à elle seule
L’ensemble des maladies
Il n’est pas besoin d’être savant
Pour l’utiliser

Big 22

On raconte que dans un village isolé
Perdu dans l’ubac d’une montagne épaisse
Assailli par des millions de moustiques
Les humains s’entraidaient à grands coups de pelle
Censés tuer les insectes
Résultat : les villageois étaient tous estropiés
Le satisfaisant était qu’ils étaient assez habiles
Pour ne pas s’entretuer
Par contre dans une vallée ensoleillée
Un père apprécié de tous
Etait importuné par une grosse mouche moche
Verte et vrombissante
Il demanda à son fils de l’en débarrasser
il me semble que c’est un service qu’on peut demander
A un fiston adulte
Celui-ci attendit que le père s’endormît
La mouche se posa sur le nez puis sur le front
Le fils frappa alors d’un bâton en bois de fer
La mouche mourut et le paternel aussi
A ce compte-là mieux vaut un ennemi
Qu’un ami
Un ennemi intelligent
Qu’un ami idiot

If 8

Mon plaisir est un miroir
Ce qui est dans mon miroir
Fantasmes et privilèges
J’ai cru voir Vénus

Elle est moins belle qu’on ne le dit
Elle a beaucoup de charme
Elle ne brame pas elle chante
Elle console ma pauvre douleur

J’ai besoin qu’on me lance
Des fardeaux de mémoire
Je m’enterre dans ma pauvre planète
Je rêve de globes

Le navire oublié grince dans son sommeil
Saviez-vous que des humains tuent sans rien dire
Sans prévenir
Cependant le ciel reste bleu

If 7

Je crois avoir trouvé
Ce que la terre nous a offert
De l’être à l’eau de l’eau à l’être
Ivre de sang et de vin

Je suis un ange comme les autres
Avec des plumes et des cheveux
Mon auréole sur la tête
Je l’ai vendue sur le marché

Elle rôde le soir
Sous la lune sans étoile
La lune sans espoir
Sans rue et sans route

J’aime le pain et le sel
Je suis borgne je te lorgne
Tu préfères la grimace
De l’âne dans l’arbre