Lyr 40

Dans les brumes
Le soleil renaît
La plaine est immense
Le fleuve limpide

On amarre la barque
Le voyageur renaît
Il entend les bruits de l’auberge
Il se rapproche des humains

Le soleil couchant
Enjambe les vallées
Grâce à lui l’ouïe humaine
Se remplit des vents et des sources

Les bûcherons
S’immobilisent
Espérant ta venue
Princesse d’hellébore

Lyr 39

Il n’y a pas de dragon venimeux
Surtout pas dans l’étang désert
Je n’aime que la quiétude
Loin de la vanité des choses

Sur le tard je n’ai plus d’esprit
Dénué de ressources
Il me reste la joie de hanter encore
La forêt antique

La nuit s’est passée dans un bruissement
De vent et de pluie
Les pétales tombent à foison
Dans la brume on a amarré la barque

A l’aube tout renait ou presque
Y compris la nostalgie du voyageur
Dans la plaine immense le ciel s’abaisse sur les arbres
Sur le fleuve limpide la lune s’approche des humains

Lyr 38

Les cordes vibrent
Nous chassons à l’arc
Les herbes sont rases
Dans la neige fondue

Dans le vent
A l’entour de nos demeures
L’aigle a l’oeil perçant
Lestes sont les pattes des chevaux

A l’horizon
Là où s’abattent les vautours
Les nuages du soir s’étalent
Qui connaît le temple caché ?

Les sentiers forestiers
Nous mènent au coeur du mont
Bruits de sources
Teintes solaires

Sur le pic nuageux
Nulle trace humaine
D’où vient ce son de cloche ?
Les rocs sanglotent

Lyr 37

Le char solitaire
A passé la journée
Entre les herbes errantes
Elles sont sauvages

Sur les routes des fronts
Les pays sont soumis
Au delà des murailles
Même le ciel est barbare

Les oies sauvages se perdent
Dans le désert immense
Les fleuves n’ont pas de fin
Dans la désolation

Une fumée s’élève droite
Dans le rond du couchant
Enfin une patrouille d’hirondelles
Ramène l’espérance

Lyr 36

La pluie est nouvelle
Elle emplit l’air du soir
Sous les rayons de lune
La source reste pure

Dans ma montagne désertique
La fraîcheur est automnale
Les branches de pin sont largement ouvertes
Pour caresser les rochers blancs

Frôlant les lotus
On rit entre les bambous
Ici et là
Où te caches-tu ?

Quelques barques de pêcheurs
Plus le rire des lavandières
C’est encore le parfum du printemps
Le tien ma douce !

Lyr 35

Calme solitude
Face aux lueurs du couchant
Rares sont ceux qui aiment le rustique
Dans la montagne déserte

Les rouges pétales
Se disséminent dans la vase
A l’embarcadère
Les lanternes sont allumées

La porte de bois est close
Le paysage est immense
j’entends les grues
Qui nichent sur les pins

Les vieux pétales
Des fleurs jeunes encore
Concurrencent les jeunes pousses
Dans un climat amical
Quasi tropical

Lyr 34

Parlons au bûcheron
Au dessus du ruisseau
Nous sommes tous épris de la voie
La source n’est pas tarie

J’ai choisi mon logis une hutte rustique
Toutes les sources y convergent
Les nuages et les brumes
Ne la cachent pas

Je marche une houe sur l’épaule
Je guette l’arrivée des sources
je suis un homme à l’ancienne
Sauf que je travaille moins

J’examine le nouveau calendrier
Soudain je ne peux boire
Ma mémoire nostalgique
M’évoque trop de déboires

Lyr 33

Descendons pour trouver
Un gîte pour la nuit
Et le monstre qui dévore
Ses parents

Au milieu de l’âge
Quand le désir me prend
Je suis seul à jouir
De ton ineffable présence

Marcher à l’origine des sources
Attendre assis que se lèvent les nuages
Parfois errant je rencontre une errance
On rit on danse sans souci de retour

Sur un toit la tourterelle roucoule
Près du village les fleurs éclatent
On élague à la hache
Les hirondelles signalent leur retour

Lyr 32

Faîte suprême
Des monts en monts
Contemplé couronné
Les nuages blancs ne font qu’un

Sur le lac face au couchant
Je me retourne
Les montagnes s’étendent jusqu’à la mer
Le lac est vert par lui-même

A bien y regarder
Les nuages blancs et gris
Ne font qu’un
Les rayons verts s’effacent

Le pic central est couronné d’astres
Il embrasse le féminin et le masculin
Les vallées ondoient
Le masculin est fort mais pas le plus fort

Lyr 31

Du haut de la plus haute tour
Fleuve et plaine se perdent
Sous le soleil couchant
L’humain lui chemine toujours plus loin

Pour se dire adieu
Dans le crépuscule
Reviennent les oiseaux
Toujours de loin croit-on

Je souffle dans ma flûte
J’accompagne mon pote
Un vieux copain
Sur le lac vert

Face au couchant
Jusqu’à la rive
Sans se retourner
La montagne verte cernée de nuages blancs