Lyr 20

Que peut-il désirer, mon humble corps ?
Au nord au sud
L’enchantement est le même
Chaque jour

Le sentier fleuri
La porte de bois
Tout me ramène
A la hutte

Loin du marché
Je suis dépourvu
Je ne peux offrir
Que ce vin rude

Les eaux sont printanières
Pour l’arrivée des mouettes
Arômes et senteurs sont riches
Salut, vieux voisin !

Lyr 19

« L’important n’est pas la solution »

Les portiques sont ouverts
Haut fleuve gorge étroite
Arbres verts lianes grises
Une femme crie sa peine

Les chevaux de la guerre
S’inquiètent plus que les chevaux de la paix
Dans quel village perdu
Dans quelle plaine ?

Dépouillée jusqu’aux os
Une femme crie sa peine
Le sang des jeunes remplit les froids marécages
Grande plaine ciel désert

Longue plaine longs nuages
Les flèches sont lavées dans le sang
Il faut tendre son arc
Il faut choisir ses flèches

« Trouvez le problème »

Lyr 18

« L’important est ce qu’on fait »

Les oiseaux séparés
Les oiseaux libres
Blessent le coeur
J’aime les oiseaux solidaires
En couple ou en groupe

Les flammes de la guerre
Enragent depuis des siècles
Rongés de tourments divers
Mes cheveux se font rares
De plus ils sont blancs

La lune brille cette nuit
Tu es seule pour la contempler
Chignon de nuage parfum de brume
Bras de jade
Yeux de flamme

Les nuages franchissent les obstacles
La pluie fait crouler le ciel
Eclair et tonnerre se combattent
Soleil et lune s’éclipsent

« L’important n’est pas le soleil »

Lyr 17 Les rencontres aléatoires

« Les rencontres aléatoires font des couples heureux »

Cheval barbare
Souple ossature
Oreilles dressées
Pattes légères

Là où tu vas
Je te confie ma vie
Noble coursier
Tu fends l’espace ouvert

Barbare aux angles tranchants
Je crains tes bambous taillés
J’ai peur que la douce brise
Ne te soulève

Noble coursier
Nous partageons nos rêves
Le pays est brisé
Ce temps de malheur
Arrache aux fleurs des larmes

Lyr 16

« Je t’arrête, chacun son tour »

La verdure s’étend à perte de vue
La création cristallise la grâce divine
Les flancs de la montagne
Dessinent l’aube et le crépuscule

Dans la vallée frémissante
Naissent les nuages épais
Les regards sont tendus
Y pénètre l’oiseau de retour

Atteindrai-je un jour
Le dernier sommet ?
Sous mon regard les monts
Se sont soudain amoindris

Rien ne m’arrête
Je te confie ma vie et ma mort
Elles foisonnent
Chacune son tour

Lyr 15 L’épanouissement des fleurs

Au bord du fleuve
A qui se confier ?
Je vais chez le voisin
Il est parti boire

J’aime les fleurs
Je crains leur beauté éteinte
Les branches trop chargées
J’aime les tendres bourgeons

Miracle des fleurs
J’en suis fou
Mon ami en vin ?
Son lit est vide

Je me meurs
Ma vieillesse s’approche
Les fleurs tombent en grappes
Où sont les bourgeons ?

Lyr 14

Au milieu des fleurs
Sans compagnon
Je salue la lune
Avec mon ombre
Nous sommes trois

La lune et l’ombre
Ne savent pas boire
Nous sommes trois
A ne savoir que faire

La lune musarde
L’ombre s’ébat
Si je danse
Chacun ses pas !

Jouir de soi et de l’autre !
Voilà la joie !
Chacun va son chemin
Dans la voie lactée

Lyr 13

Il faut beaucoup rater
Pour réussir un peu
Le soleil brille
Quand il peut

Un pichet de vin
Je suis seul à boire
Je lève ma coupe
A mon ombre
Qui ne boit pas

La lune en vain
Nous suit
Une joie véritable
Je chante

Je danse
Avec mon ombre
Qui me suit pas à pas
Quelles retrouvailles !

Lyr 12 Je tourne autour

« Je tourne autour d’une vérité qu’on ne peut pas dire »

Le mont sacré
Nous l’escaladons de loin
Les arbres aussi sont sacrés
Nos mains sont condamnées

Le gars tout vide
Remonte la pente
Des marches célestes
A la terrasse des nuées

L’immortelle
Je la suis dans sa course
Sous la voute pourpre
Nous flottons dans le vide

L’eau en larmes épouvantables
Fume encore
Je salue la lune
Qui ne peut pas boire

« Les femmes donnent la vie, les hommes la mort »

Lyr 11

A l’ouest m’attire
Une étoile
Une fleur de lotus
Aérienne

Sa robe arc-en- ciel
Flotte au vent
Elle m’invite
A saluer l’immortelle étoile

Eperdu ravi
Sur le dos du cygne
Je me penche
Pour voir les troupes barbares

L’herbe sauvage
Regorge de sang
Loups et chacals
Portent des casques d’hommes