Elle s’étend avec force d’une extrémité à l’autre
Mais qui est-ce ?
Je ne pense pas qu’elle soit masquée
Je suis tombé amoureux de sa beauté
Qui m’évoque celle du monde
Ouvertement elle connaît les choses anciennes
Grâce à elle je suis sûr de connaître quelque chose
Mais quoi ?
L’intelligence est-elle identique à la sagesse ?
Je ne crois pas mais je ne peux rien prouver
SG 11 Un homme mortel
Je suis un homme mortel semblable à tous
Nous marchons selon notre volonté
La sagesse est plus belle que le soleil
Plus belle que la nuit qui lui succède
Jamais le mal ne l’emporte sur la sagesse
Mais il peut occuper la première place
En jacassant certains disent en gazouillant
La sagesse a en elle un esprit unique et divers
Subtil aimant bienfaisant
L’esprit de justice enseigne
La prudence et l’intelligence
Ni 15 Le monde est sans remède
Le temps fuit tout le temps
Le temps n’a pas d’intermède n’a pas d’intermédiaire
Sans entr’acte le temps est sans remède
L’adversité nous poursuit
Les jeunes filles ne s’arrêtent pas à la fleur de leur jeunesse
Sur les cheveux d’un noir corbeau
Finira par tomber le givre
Sourires et sourcils se faneront comme des fleurs
Les jeunes hommes s’imaginent ceindre leurs deux sabres
Tenir d’une main ferme leur arc de chasse
Sur leur monture ils caracolent
Derrière la porte de bois
Les beaux aux beaux bras se mêlent
Combien de belles nuits à dormir ensemble ?
Quand sur une canne les vieux
Soulagent leur dos à moitié courbé
Ils sont haïs
Il n’y a pas de remède à une vie aussi brève
Ni 14 La famille est belle
Chérissez et traitez bellement votre famille
Nous sommes attachés à la terre
Comme des oiseaux englués
Nous sommes nés d’une pierre
Nous tenons la petite place du crapaud
Jusqu’à la rencontre des nuages et du ciel
Il n’est pas question d’agir à notre fantaisie
Les marrons d’Inde les cochons d’Inde
Je pense à mes enfants
Les melons les pamplemousses
Je pense à mes enfants
Leur image m’interdit le sommeil profond
Elle voltige Je suis profond
Ni 13 Les feux follets
Courent les feux follets
Comme une enfant sans peur
Qui pleure son âme
Là voilà étendue gisante
Elle ne s’adresse plus
Aux rochers ni aux arbres
Sa silhouette serait encore présente
Dans les détours de la maison
Nous avions juré de vivre ensemble
Côte à côte
Ta cruauté est grande
Mon auguste femme chérie
Ni 12 La nuit noire
Je n’irai pas immédiatement au pays de l’éternité
Mon enfant est désormais chef de famille
Sous la nuit d’un noir d’encre
Je m’amaigris
Je ne peux plus rester dans notre vieille maison
Ses vêtements sont si légers
Que je souhaite ardemment
Qu’il ne s’envole pas
A cause de la montagne
La lune tarde à nous éclairer
Les nuages blancs passent
Passent chaque jour
Sur les monts empourprés
Ni 11 Le feu de serments
Mon homme me tenait des serments
Solides et épais comme les racines d’un grand arbre
Je lui ai donné mon coeur pur
Comme un miroir poli
Sans crainte je flottais comme une algue
Je m’abandonnais davantage
Il n’est plus venu
A l’heure où rouge le soleil se couche
Je me lamente
Même si je n’ai plus peur que mon chéri me mente
SG 10
La sagesse est éclatante et inaltérable
Sais-tu seulement qu’elle est assise à ta porte ?
Un jugement implacable attend ceux qui président
L’incorruptibilité seule fait qu’ils restent près des leurs
Une multitude de sages est le salut du monde
L’amour est le garde des lois
Je ne ferai pas route avec l’envie qui se ronge
Les injustes et les justes vivent pour recevoir leur salaire de la multitude
La fin des injustes est infiniment pénible
Pour nous tous gens de peu
SG 9
Nous tenions la vie pour folie
Nous la tournions en dérision
Nous en faisions un objet de blâme
La mort était misérable
L’espoir de l’impie était un fétu emporté par le vent
Le sage prend pour armure son zèle
Les grêlons seront pleins de fureur
Quand une flèche sera lancée
L’air divisé reviendra sur lui-même
La forfaiture renverse les trônes
SG 8
Les enfants nés de nuits coupables
Seront aimés comme les autres
C’est aussi ça la sagesse
Je suis sorti en hâte de la perversité
Sans connaître pour autant l’adversité
Les impies sont innombrables
Ils verront la mort du sage
Ils se croiront à la page
Mais les livres se vengeront d’eux
Les livres qu’on croyait si livresques