TTK 37

Le vertueux parait vide
Il est disert et parait bègue
Le mouvement triomphe du froid
La pureté tranquille devient un modèle
Aux origines de l’humanité le tao régnait
Le tao n’est pas triomphe des désirs
On se suffit si on ne désire pas trop
Je n’ai pas besoin de sortir de ma maison pour connaître l’univers
Sans agir on peut accomplir de grandes choses
Celui qui étudie peut augmenter ses connaissances

TTK 36

Les êtres fuient le calme pour le mouvement
La fuite est leur premier mouvement
Pour eux être en repos est déjà un mouvement
J’ai enseigné et je n’en suis pas peu fier
Le mou supplante le dur
La vie est molle
Le non-être traverse l’être D’où le non-agir
Sais-tu instruire sans parler ?
Qu’est-ce qui nous est le plus précieux, notre personne ou nos richesses ?
Celui qui se suffit ne périclite pas

TTK 35

Le retour au non-être permet le mouvement et la renaissance
Les lettrés peuvent pratiquer le tao ou le perdre
Si les simples en esprit ne se moquaient pas du tao, ce ne serait pas le tao
Qui a l’intelligence du tao est enveloppé de ténèbres
Qui a progressé dans le tao parait de plus en plus arriéré
Le tao se cache et personne ne le nomme
Le tao est une grande image dont on ne voit ni forme ni couleur
Le tao a produit un L’un a produit son contraire deux
Trois est le produit de l’union, de l’unité entre un et deux
Un, deux, trois forment l’harmonie

TTK 34

L’unité des esprits éclipse leur nature
L’unité de la terre la soutient dans les airs dépourvus d’air
La roture est l’origine des aristocrates et donc des monarques
Sans peuple pas de roi
Un char ne tient que par une multitude d’éléments
Un humain vertueux n’est ni jade ni pierre
Recourir au non-être n’épuise pas le tao, mais retrouve le mouvement
Faiblesse et justesse sont des fonctions du tao
Toutes les choses sont nées du tao, de l’être
L’être est né du non-être

TTK 33

Un humain de quelque vertu cherche le solide et délaisse le superficiel
Il se précipite sur le fruit et laisse la fleur
L’unité, c’est le tao
La nature de chaque être a pour origine le tao
Voir les êtres, ce n’est pas voir le tao
Vous regardez l’unité et vous ne la voyez pas
Vous voulez la toucher et vous ne la touchez pas
Le tao est sans nom, tous peuvent s’en servir
Le ciel est pur et bleu parce qu’il a obtenu l’unité
Sans unité il se fendrait

TTK 32 La vertu

La vertu supérieure s’ignore comme vertu
Les humains d’une vertu inférieure n’ont pas de vertu
Ils en parlent pourtant sans cesse
On peut avoir de la vertu après avoir perdu le tao
Elle est alors colérique
On a de l’humanité après avoir perdu la vertu
On a de l’équité après avoir perdu l’humanité
Finalement on obtient l’urbanité, écorce de la droiture et de la sincérité, source du désordre
Ce faux savoir n’est que fleur de tao et principe d’ignorance

TTK 31

On regarde le tao et on ne peut pas le voir
Le tao est la grande image
La « connaissance » du tao est cachée et éclatante
Dans le tao le mou est dur
Certains poissons ne peuvent pas quitter les abîmes
Le tao est action et non-action
A l’aide du tao on peut contenir le mouvement
L’être simple est sans nom ( le tao )
Il ne faut pas désirer l’être simple ( le tao ! )
L’absence de désirs est quiétude

TTK 30

Le tao crée tout, tout retourne au tao
Connaître les humains rend prudent
Dompter les humains est puissant un moment
Qui se suffit est riche
Celui qui respecte sa nature propre subsiste
Le tao voile sa nature et cache son nom
Le tao nourrit les êtres et ne se considère pas comme leur maître
Musique et mets exquis séduisent le voyageur qui passe
Si le tao sort de notre bouche il est fade
On ne peut épuiser le tao

TTK 29

Toute arme est un instrument de malheur
Se réjouir d’un succès militaire, c’est aimer tuer des hommes
Le vainqueur pleure
Rites funèbres !
La tao est éternel et il n’a pas de nom
Le monde entier ne peut rien contre lui
Le tao divisé a un nom
Face au tao l’humain doit se retenir
Ainsi il ne périclite pas
Le tao est répandu dans l’univers

TTK 28

Qui connait sa force et garde sa faiblesse est au milieu
La vertu peut ramener à l’état d’enfant
Peut-on gouverner sans blesser ?
On ne gouverne pas parfaitement
Si l’humain saisit le vase divin, il le détruit
Parmi les humains les uns réchauffent, les autres refroidissent
Là où sont les forces armées sont les épines et les ronces
Le vertueux ne combat que par intense nécessité
Il ne veut pas paraître fort
La plénitude précède le vieillissement