Tout humain, s’il est brave, résiste
La mélancolie n’est pas un vêtement religieux
Il ne faut pas hésiter pour sauver une vie
Il ne faut pas attendre un ciel nouveau
Laisse chanter les oiseaux
A chacun sa mélodie
Le ciel et la terre sont terminés
Eh ! vous ! ça vous arrive de rêver ?
A chaque objet son lieu
Interdis nous de prendre la place de l’autre
RH 2
A chacun sa lanterne
La montagne vide est fumante
Sois un enfant devant les grandes personnes
Les miracles sont faits pour les gens de peu de foi
Chacun parle pour soi, toi tu parles pour tous
Pourtant personne ne te reconnait dans la rue
L’homme a disparu qui ne t’aimait pas
Plaide d’abord coupable
La douleur s’entasse sur la douleur signe de résistance
Face au mur attention à ce qu’il n’y ait personne derrière toi
RH 1
La journée au jardin la nuit dans ma chambre
La grande traduction transmise par bégaiement
Une poule avait adopté des canetons
Se promenant les enfants se jetèrent à la mare
La poule affolée courait sur la rive en poussant les hauts-cris
Les canetons crièrent : « Mais maman, nous savons nager ! ! »
On est sur terre pour s’amuser et servir
Même les personnes les plus illustres ont une famille
Un enseignement sort de toi que tu ne connais pas
Quand tu glisses d’un côté, redresse-toi de l’autre
KZ 69
Dix grains le jour dix grains le jour c’est kif-kif
Le vide n’a ni dedans ni dehors
Comment y entrer ?
Personne n’entre dans le vide on fait semblant
Ne marche pas sur le fil de l’épée
Patine sur la glace devant tout le monde
L’abrupt le plus escarpé a des prises
Le sol le plus plat cache des pièges à tigre
Aucun esprit ne flotte au dessus de toi
Même pas le plus frelaté
KZ 68
Les voyelles vont plus vite que les consonnes
Les vagues se brisent sous les cieux
Le monde est dans mon oreille
Quelqu’un a volé la montagne
La lumière dorée rend aveugle
La voie est comme un miroir Elle reflète ce qui vient
La roue tourne sur elle-même
Un sage même apprenti écoute les femmes
Le dernier des pins pousse sur un roc enneigé
Le cerisier florissant annonce le printemps
KZ 67
N’élève pas un lionceau comme s’il était humain
Le lion est devenu un âne
Un excès est toujours excessif
Tu vaincras le dragon en jouant de la harpe
Abstiens-toi quand tu n’es pas chez toi
Il y a le désir il y a la matière
Et la non-matière ? Je ne sais pas
Une goutte de rosée est un gemme
On ne la voit que sur une feuille de lotus
Personne ne sait pourquoi
KZ 66
Garde précieusement ton grain de sel
Un ensemble n’est pas un détail le détail n’est pas l’ensemble
Un étudiant ne fait pas semblant d’étudier
Il laisse ses livres sur un banc après avoir raté
Tiens ou laisse Prends un peu Les bons rapports sont contradictoires
L’enseignement ne doit jamais être une coquille vide
Ne suivez pas le chemin de l’esprit des oiseaux
Ne vous habillez pas si vous n’êtes pas nés
L’instant présent est éternel Pour vous il est déjà passé
Fais du bruit pour rien
KZ 65
Un idéogramme ne peut désaltérer
Jamais le chou peint ne sera mangeable
J’ai brisé un grand bâton
Le cordonnier vante les chaussures
Le fil de la vie n’est pas visible pour les vivants
Pourquoi ne pas construire une route imaginaire vers le ciel ?
La vie a un goût d’inachevé
Nous sommes verts dans la forêt de bambous
Les coquilles oui les coquilles vides non
Le vent prend le parfum des fleurs
KZ 64
Les gemmes ne cachent rien à qui sait voir
Les vêtements ne cachent pas la laideur
Tu n’as pas la parole et tu n’as rien à dire
Un nuage ne cache pas la route
Une fleur éclôt Cent la suivent
Pince ton nez le pire approche
Chaque branche a la couleur du printemps
Il est temps de prendre la mer
Elle te couve
Tu n’as pas ta barque en fer
KZ 63
Les miroirs ne m’aiment plus
A cette heure en ce lieu
Je ne connais ni l’heure ni le lieu
Tu ressembles à une pivoine On te l’a déjà dit ?
Tout ce que je dis doit être pris avec un grain de sable
Tu le savais dis-moi que tu le savais
Une vraie pivoine ou une pivoine peinte ?
Ne te soucie pas du ridicule
Tous les mots ont plusieurs sens
L’ombre dans le verre n’empoisonne pas le vin