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Compter le temps qui passe
Un est tous et tous sont un
Un est deux et deux sont un
Mon bâton est rond C’est un bon bâton
La bonté d’une grand-mère
Tu vois une cruche tu ne penses plus à toi
Tu la remplis d’eau à ras-bord
Tu lui donnes un coup de pied
Elle ne se casse pas l’eau se répand
KZ 61
Mes mille dernières années ont duré une minute
Je suis néanmoins bien fatigué
La vieille lampe brûle toujours
J’ai fait du cheval pendant quelques dizaines d’années
Aujourd’hui je tomberais d’un âne
J’aimerais bien que ma pensée soit veloutée comme une pêche
Je préférerais habiter dans un temple
Que de voler dans le ciel comme un nuage
Je me sers de plus en plus de mon bâton
Et uniquement pour marcher
KZ 60
Mon jardin est le monde
Ma mélodie appartient aux oiseaux
Ce n’est pas mes affaires
Je souffle comme le vent
Jadis je dansais comme un chevreau
Ma liberté s’est perdue dans la mer
En compagnie des poissons virevoltant
La lune se reflète sur l’eau de notre étang
Nulle ombre ne reste Les fleurs sont le printemps
Vive la transmigration des saisons !
KZ 59
Y a-t-il une condition normale de l’esprit ?
Où est le lieu de mon déséquilibre ?
J’aimerais sombrer dans l’esprit animal
Arrière démon affamé ! Arrière démon souffrant !
Aux démons je préfère les dragons
Dont l’arrière-train se gonfle d’une énorme queue
Je vis dans un monde d’illusions
Que j’ai façonnées avec le temps
Maintenant le temps me manque
Il est peut-être temps que je me repose
KZ 58
La grande mer !
Elle est sans frontières
Elle brille à l’occident comme à l’orient
Tu descends dans la mer profonde
Il n’y a plus d’eau
Au delà du grand et du petit
Au delà de la surface et de la profondeur
Tu as fini par te noyer maître ingrat
Ton grand coeur n’a pas été récompensé
Tu étais doté d’esprit
KZ 57
Ton nom t’identifie
Aucun humain n’est anonyme
Je suis assis sur le sommet d’une montagne
Ma vie parfois n’est qu’un mauvais rêve
Le néophyte choisit l’agitation, l’ignorant préfère l’inaction,
l’éveillé ne choisit rien
Je crois voir des fleurs à la place des nuages
Je n’ai plus rien à vous apprendre
Méfie-toi de l’eau profonde
Nage dans la belle la profonde mer
KZ 56
Les jeunes gens commencent à enseigner
Les vieux se retirent
La plus belle philosophie est un cheveu flottant
Dans le néant des mondes
Un doigt suffit pour désigner la lune
Un million de livres sont comme
La flamme d’une bougie à côté du soleil
Je suis tu es une goutte d’eau dans une cataracte
La cloche appelle les enseignants
Le vieillard se retire dignement
KZ 55
Ce gentil garçon vivait dans une cabane
A flanc de montagne
Il travaillait dans les champs
Pendant son absence un inconnu
Brisa méthodiquement les ustensiles de cuisine
Le jeune homme hurla se fit inviter par un voisin
Racheta les instruments qui ne valaient pas cher
Les cacha repartit travailler dans les champs
L’inconnu ne revint pas
La moisson n’attend pas
KZ 54
Y a-t-il un mot plus beau que le mot « beauté » ?
Souhaites-tu un oreiller de bois ?
Connais-tu la chapelle des arbres sacrés ?
Tes paroles sont tièdes
L’arbre sacré est sans racines
L’arbre sacré porte des fruits sacrés
Immangeables des boules d’acier
Certains y ont perdu leurs dents
Parce que sont sacrés les fruits de l’arbre sacré
Sacré signifie que certains autrefois utilisaient ce terme
KZ 53
Ton désir de médiocrité est aussi puissant qu’une passion
Ne te plains pas de choix profonds
Tu n’es pas obligé d’obéir de t’obéir
Sages et médiocres ne tirez pas vers le bas
Soyez bons à l’ombre d’un cheveu
Soyez bons vivez une vie à la fois
Méfiez-vous des dualités
Qui ne deviennent pas des contradictions
Mouvantes et motrices
Qui restent inertes