KZ 52

Ton lieu est l’espace de ta manifestation
Mile miroirs mille lacs reflètent des milliers et des milliers d’images
S’il n’y a pas de nuages le lac s’étend
Celui qui se couvre les yeux ne te verra pas
C’est peut-être un étranger qui sait sculpter
La statue est immobile
Peut-être ouvre-t-elle les yeux ?
Si tu désires être médiocre ce sera peut-être difficile de te satisfaire
Non par la faiblesse mais par la force de ton désir
Tu ne risques pas de tomber dans le royaume animal

KZ 51

Tu es dans le visuel l’auditif l’olfactif
La saveur le tangible
Bagatelles que tout ça !
Mais qui suffit à t’égarer
Tu es humain sans qualités
Cela doit te suffire pour tenter
Ta lampe continue à brûler
Les statues peuvent bouger
Un incident peut dissimuler un accident
Pas de camouflage pour toi zozo !

KZ 50

Existe-t-il un enseignement sans couleur et sans bruit ?
Mange au moins deux repas par jour
Ta pensée est sans voix et ta voix est sans pensée
Seul le silence est grand
S’asseoir face à un mur n’est pas bien vu
Regarde une feuille morte pour admirer le travail de la nature
Fais exister le temps
Le temps propre à ce lieu lointain
Ce pont glissant couvert de mousse
Personne n’atteint les sommets il faut essayer

KZ 49

Si tu te contentes de la façade tu n’apprends pas grand-chose
Le monde est changement en profondeur
Une personne bien réveillée part à la recherche de l’illusion
Un miroir brisé ne réfléchit plus
Les fleurs tombées ne regagnent pas leur branche
La réflection n’est pas réflexion
La réflexion survit
La fleur de lotus survit dans l’eau boueuse
Le rougeoiement du soir relève la pierre
La volute d’un nuage avale le village

KZ 48

Tu aimes les feuilles blanches
Es-tu gâteux es-tu génial ?
L’illettré sait ce que le lettré a oublié
Il peut être bon d’abandonner le bâton
Les nuages du matin visitent une grotte sur la montagne
La pluie du soir crépite sur la fenêtre de la hutte
Le sucre est doux mais le poivre est piquant
Sois pertinent en urgence
Hurle si tu veux l’audience reste silencieuse
Tu es la réalité si tu te connais en société

KZ 47

Autrefois tu disais « ceci est vrai cela est faux »
Aujourd’hui tu dirais « ceci est peut-être vrai cela est peut-être faux  »
La vérité est dans le peut-être
Tu doutes et tu as bien raison de douter La vérité est dans le doute
Il y a doute et doute
Le doute peut être subjectif irrationnel
Il faut douter du doute
Dites-moi ce qu’est un esprit ce qu’est l’esprit
Au moins ce qu’est votre esprit
Peut-on penser ce qui n’a pas de forme ?

KZ 46

On cueille le courant comme un fruit
Un bâton mesure l’eau
Celui qui entre dans le courant adhère à la croyance banale et normale au moi, à l’être animé, à la vie, à l’individu
Les sages sont incolores
Si tu fermes les yeux tu ne verras pas le mal
Si tu fermes ton esprit tu n’auras pas de mauvaises idées
Le sage s’il en existe ouvre les yeux et ne voit pas le mal
Ouvre son esprit pour avoir des idées nouvelles
Dont certaines seront fécondes

KZ 45

Un brave homme emménagea dans une petite maison
Il afficha « porte » sur la porte « mur » sur le mur
« Fenêtre » sur la fenêtre
Un étudiant en sagesse passait par là
Il demanda au vieil homme d’écrire
« Fenêtre » sur la porte « porte » sur le mur
« Mur » sur la fenêtre
Que penser de cette contradiction ?
Il suffit de regarder par la fenêtre de passer par la porte
De s’appuyer au mur

KZ 44

Qu’est la sagesse suprême ? – Rien
Ne cherche pas de poisson en haut d’un arbre
La sagesse est un arbre – Quel arbre ?
N’importe quel arbre !
Le pire des sots a réponse à tout
Ne cherche pas tu as déjà trouvé
Il n’y a rien à dire
C’est peut-être le pire Être sage et ne pas pouvoir le dire
Voila bien le hic !
Se taire !

KZ 43

Un type me visite les mains jointes sur la poitrine
Je n’ai pas besoin d’honneurs n’étant pas honorable
Les iconoclastes ne sont pas libres ni libéraux
Une personne libre n’exhibe pas sa liberté
La véritable émancipation est invisible
Un humain qui n’a rien dans les mains est peut-être libre
Il se contente de réagir à autrui
L’essentiel est simple comme l’amour et l’amitié
Tu ne te libères pas en crachant
Le temps n’appartient à personne