KZ 2

La lune flotte au dessus des pins
Ta flute est en fer un tube de fer très simple
Ne nous laissons pas aller à l’émotion
Je ne vois que le portail Pourquoi entrer pourquoi sortir ?
As-tu déjà conduit un éléphant ?
Maintenant passe le portail
Respecte l’orateur qui se tait
Ne lui donne aucune récompense autre que quelques graines
Respecte les tours d’ivoire N’y entre pas
Mieux vaut une croissance lente

KZ 1

Pas de réponse
Pas de médiation
Y a-t-il un au delà de la raison ?
Pour moi il n’y a qu’un en-deça
Le réel est ici, la réalité est là
Que se passe-t-il ici et maintenant ?
L’identité est ultime
Le tout a des parties
Le détachement n’est pas le non-attachement
Le détachement rejette des objets réels
L’esprit de sérieux n’est pas la sériosité

RF 17

Le néant ou rien !
Il n’y a pas de divinité du bonheur
Mange du cercle
Le génie immobile est le vainqueur des maux
La calebasse ne pense pas Elle danse
Le coeur du peuple est honnête et honorable
La vertu ne civilise pas les barbares
Tu connais les boeufs bleus ?
Eau feu et terre ? Qu’est-ce qui manque ?
Poissons et tortues vivent à côté

RF 16

La vie et l’éveil sont un rêve
Je vogue à bout de bras La grotte n’est pas ouverte
Je suis seul assis sur une pierre
Ailleurs ils sont nombreux à crier en choeur
Je ne vénère pas le roi des éléphants
L’esprit en lui-même est peu mais pur
Lorsque je ne te vois pas en rêve je me sens faible
Ne dis jamais « néant » C’est le plus gros des gros mots
Si tu veux cette lune-là prends la et va-t-en
Si la lune tombe ramasse-la

RF 15

Le monde est si vite que la foudre l’évite
Fais très attention tantôt tu es joyeux tantôt mélancolique
L’oiseau voyou te prend ton temps
Le bambou se tranche d’un seul coup
Tu ignores la portée de tes pensées
Tu as les « bleus »
L’esprit du ciel descend L’esprit de la terre monte
Le suprême ignore le « moi »
En conséquence rien n’est suprême
Rien ne prétend être moi que moi
A la vie à la mort !

RF 14 Tu ne sais rien

L’ordre est un désordre Le désordre n’est pas un ordre
Tu es de retour Quelqu’un t’a suivi C’est toi
Tout ici est tardif
Rien ici n’est en retard
La seule chose que tu dois savoir est que tu ne sais rien
Quels sont les paysages de ton désespoir ?
Tes enfants ne sont pas à toi
Les morts ne sortent pas des tombeaux
LA SEULE CHOSE QUE TU DOIS SAVOIR EST QUE TU NE SAIS RIEN
Le prix est modeste ta profondeur aussi

RF 13 L’ordre-désordre

C’est en plaisantant que tu parles sérieusement
Dis toujours « merci » dis toujours « pardon »
La politesse est mécanique
Le vieux cheval ne passe plus le delta
Quel âge as-tu ? L’âge de tes artères ou l’âge de raison ?
On va aller au théâtre ce soir
Ton sentiment-colère chagrin honte joie- est multiple, plus que d’habitude
La chanson traverse la mer
La montagne ne répond pas elle ne répond jamais
Tu t’assieds pensif devant le foyer Où es-tu ?

RF 12

Un bon vieillard offre beaucoup d’alcool à ses hôtes
Ton monde est lamentable et en plus tu te plains
Tu n’es pas capable de quitter la capitale
Le vieillard ne voit plus l’extérieur
La fille de l’île te demande le passage
Même en ramant le sourire est rare
Ne vas pas à l’église Je t’apporte un rameau
Ne sois pas pire que d’habitude
Dans ton monde de rêve on ne pleure pas
Tu me sembles normal parce que tu es banal

RF 11

Parle à ton reflet dans la glace
Les ruisseaux sont transparents les fleuves sont jaunes
Attention à la gorge entre les montagnes !
Evite les conversations inutiles elles le sont ( presque ) toutes
Les autres n’ont pas tort Mais toi tu as raison
Quand tu parles tu rajeunis
D’abord les yeux ivres puis les yeux hagards
Est haïssable celui qui ne sait que manger
Un peu de tout doit te suffire
Rien de pire que le coeur faible l’esprit sot l’âme revêche

RF 10

Les fleurs ignorent le jour où elles sont nées
Il n’y a rien d’autre à faire que de s’asseoir face la montagne
Quelle manie ont les amis de nous quitter !
Fais face à ton ombre ! ( bis )
Il y a une mélancolie des fleurs
Plus tu en dis, plus tu ….
Moins tu en dis, plus tu ….
Les morts ne nous envoient pas de nouvelles
Ni bonnes ni mauvaises
On n’enfourche pas les nuages