Sois toi même et tais toi
Le blanc = haute montagne
Le vert = vallée
Le bleu = l’âme
Les associations d’idées sont traîtresses
Ne sois jamais étonné de croiser un fantôme
Un spectre n’a pas de bec
Sauf si c’est un spectre oiseau
Ne chasse pas le chagrin par la porte sans avoir fermé la fenêtre
L’orgueil, croire qu’on ne vieillira pas
RF 8
Combien d’oiseaux dans une nuée ?
La colère peut brûler les bienfaits La fausse colère aussi
La droiture est un sport d’endurance
Les vents sont souvent contrariants Tout comme vous
Les pauvres recherchent l’abondance de biens
La spéculation est une mauvaise drogue quand elle est financière
Tu es obligé ( e ) de persévérer dans l’erreur
Même les plus belles roses ne supportent pas le froid
La musique suscite des vagues de passions
Prêche le faux pour savoir le faux
RF 7
Quelle est l’origine de l’ombre ? La lumière
Mon style ne trouve pas ses laudateurs Peut-être tant mieux
Je n’ai accompli aucune action d’éclat-ça, c’est bien vrai !
Je suis un vieillard donc mes mains tremblent
La mort est une rumeur
Il est des femmes-bijoux
La vie s’écoule à faire comme à ne rien faire
Belle puis laide elle se finit en os ou en cendre
J’abandonne les sages aux sots et inversement
La ténèbre est inaccessible à qui n’aime pas la lumière
RF 6 Le ( non ) sens est fort très fort
Mes articles récents sont de la poésie peut-être
Tâche urgente réceptionner mon corps au réveil
Que préfères-tu ? La montagne froide ou la montagne vide ?
La montagne froide fait des poèmes qu’un humain met par écrit
Ce n’est pas ton balai qui supprime la poussière
Je vis bien sous une roche pesante
Les nuages embrassent les pierres
Quand les torrents s’épousent les rivières se ferment ( « non-sens « )
La rosée est un pleur le vent murmure
Tu es forme Tu perdras ta forme
RF 5 Il vaut parfois mieux ne pas lire
Il ne t’arrivera rien si tu ne lis pas
Tous deux nous sommes entrés dans la montagne en feu
On entre dans une forêt par un bout ou un autre
On ne revient pas du néant
Il n’est pas convenable d’ajouter de la boue à la fange
Nous n’avons pas de rapport avec les recueils fussent-ils de poésie
Certains maîtres sont maladroits
L’alliance du bon sens avec le sens commun permet parfois de débusquer le non-sens ( « non-sense )
Ne vous en déplaise, le non-sens a du sens
RF 4
Sans contraire pas de contradiction
Le contraire est contrariété
La neige est essence et silence
Que dis-tu, Jules ?-Je ne dis rien et je ne m’appelle pas Jules
Sans talent spécial, tu n’es pas au dessus du commun
Avec un talent spécial, je suis en dessous du commun
Pour se mêler aux herbes il faut se baisser
Tu as bien du loisir pour te promener
Il n’y a aucune honte à ne pas travailler comme un dingue
Les règles ont un niveau bas et un niveau haut
RF 3 Seul le contraire est vrai
On ne peut emprunter la joie d’autrui
Ce qui est rond n’est point carré ou Poincaré
L’écriture est maladroite
Pour indiquer l’esprit il suffit d’un mot N’importe lequel
Qui ne s’intéresse pas à l’être n’a rien à faire du néant
Ni saint ni sage vaque à tes occupations
Ce vieux gars dit de drôles de choses
Un laïc est bruni par le soleil
Ta bouche parle comme celle d’un muet
Où est le contraire ?
RF 2 Ne rien prendre au pied de la lettre
Certains morts ne veulent pas revivre
La poussière est partout
Quelle est la voie ? Elle est partout
Il n’y a pas de sens propre
Ni discrimination ni différenciation pendant un court instant
Si tu n’es pas content, va voir ailleurs si j’y suis
La boue n’enjambe pas l’eau
L’or sourit et rit dans le feu qui terrifie le bois
La seule signification est insignifiante
Le moi est inépuisable
Seul le contraire est vrai
RF 1*
Les éléments ne sont pas mon être
Ma tête fait face et se détourne
Je ne distingue pas vraiment le lion du dragon
Je supporte difficilement les petits chefs
Certaines questions sont lourdes comme des montagnes
Ce qui est grand est grand ce qui est petit est petit
L’eau est en rumeur
Un humain a caressé la barbe du tigre
Le tigre n’a pas de barbe
Personne ne voit les ponts *
* Les textes codés RF sont énigmatiques. Ils sont interdits aux personnes fragiles. La première source est : » le recueil de la falaise verte », M. et M. Shibata, Albin Michel, Paris, 2000. Sa présentation complète les précédentes.
PZ 177
Ainsi se termine la série PZ, fondée sur la lecture du beau livre de Evelyne de Smedt et Catherine Mollet ( « Les patriarches du Zen », éditions le Relié poche, Paris, 2012 ).
Mon livre n’est pas d’introduction au bouddhisme, mais à une vérité peut-être universelle, inspirée par les maîtres chinois et japonais du bouddhisme.
Pour ce faire, j’ai gommé les éléments historiques, les noms propres et surtout les aspects dogmatiques.
Nous avons affaire à des propositions diverses qu’on peut refuser, qui subsistent comme propositions.
La vision du monde en cause pourrait être un pessimisme critique, conjoncturel, un sens du mouvement qui peut être joyeux, un monde sans fin….
On peut comparer cet éloge des éléments laïcs du bouddhisme avec celui du Tao, exhumé d’une tradition chinoise, plus sagesse que religion ( un exemple : TSC août 2017 )