Si je n’aime je ne suis rien
Je vois tant de vertus qui te suivent à la trace
Charité douceur patience
J’aime surtout que tu chasses d’un coup d’oeil
L’envie jaune et fripée aux humains si fatale
Mais la troupe infernale des vices te poursuit
Parce qu’elle est fille de ton orgueil
Tu te crois plus forte qu’eux
Tu t’efforces de couvrir les faiblesses d’autrui d’un voile favorable
L’amour peut tout vaincre tout croire tout espérer tout souffrir
Son seul défaut est d’être périssable
Autant tu hais l’injustice autant la vérité te plait !
RAC 12
Ta foi transporte les montagnes
Rien ne t’est étranger
Parce que tu es un humain parmi d’autres
Les campagnes ne sont plus arides
Les ruisseaux naissent sous tes pas
Un jour peut-être tu ranimeras la poussière
Ne livre pas ton corps aux amoureuses flammes
La charité est trop souvent faiblesse
Ne pousse pas trop loin
Le souci de ton propre intérêt
RAC 11
Les mauvais les méchants échangent leurs mensonges frivoles
Mais moi un feu divin m’inspire
Je ne parlerai jamais le langage des anges
Mais je remplirai l’univers de tes louanges
Même si un vain bruit frappe l’air
Que sert-il à l’esprit de percer les abîmes ?
De creuser les mystères sublimes ?
Sans amour la science est vaine
Comme le songe dont subsiste à peine
Un léger souvenir
RAC 10
Le joug de nos vices ne nous accable pas
Notre orgueil téméraire
Ne nous conduit pas à d’affreux précipices
Il modifie le temps et la durée
Fait naître les animaux
De la terre de la mer et du ciel
Nul excès honteux nulle idée impure
Ne chasse leur pudeur
Goûtons les doux appas d’une paix profonde
L’inconstante durée ne change jamais
Pour nous changer un peu plus chaque jour
RAC 9
Un jour les siècles eux-mêmes auront fini leur cours
La matière elle-même notre matrice disparaitra
En attendant le ciel a ses plaines liquides
La terre a ses ruisseaux qui portent aux champs arides
Le secours de leur eaux
Arrachons leur voile à tous les artifices des enfers
La sagesse est incréée
Y as-tu pensé ?
L’inconstante durée ne change jamais
RAC 8
L’aurore brillante et vermeille
Eclaire l’horizon avec ses doigts de rose
Tout rit tout se réveille
Se retirent les démons qui volent dans la nuit
Que s’enfuie la troupe menteuse des songes !
Ces ennemis dangereux par la nuit enfantés
Exploitent la mémoire honteuse
Des démons et des diablesses
Midi sera sans soir et sans matin
Un présent éternel est infernal
RAC 7
De toutes les couleurs la nuit n’en fait qu’une
Elle est obscure et maligne
Mais ton feu divin répandu dans nos coeurs
Est prompt à guérir nos blessures mortelles
Il consomme pour jamais les passions pures
Efface les vertus dont le poids nous accable
Il cherche à laver dans le sang la bonté secourable
A dissiper l’ombre noire qui tient enveloppés
Les secrets monstrueux des frères de la rue
Qui veulent régner sans fin et sans principe
RAC 6
La nuit est sombre les ténèbres sont aveugles
Fuyez : le jour est proche
Rentrez démons dans vos prisons funèbres
Votre empire est affreux
Seul le soleil perce l’ombre obscure
Trop obscure pour ne pas favoriser le pire
L’unique lumière se perd et se disperse
Les âmes criminelles s’endorment
Des malheureux assis dans l’ombre de la mort
Adorent depuis des siècles la lumière
RAC 5
Toute choses formées de rien
Se saturent aisément
Il faut tout d’abord rompre le fatal sommeil
Qui contraint l’âme charmée
A dormir au bord de l’enfer
Elle se traîne hors du lit
Notre troupe affligée inquiète lève les mains
Elle confesse ses fautes en espère rémission
Elle persiste à agir
RAC 4
Les chants redoublés de l’oiseau
Semblent chasser la nuit
L’oiseau vigilant nous réveille
Se fait entendre de l’âme qui sommeille
« Quittez »dit-il « cette couche oisive
Où vous ensevelit une molle langueur »
Ivres amoureux et purs le corps très réveillé
Nous pouvons sortir et affronter les sortilèges du jour
Veillez : je suis très proche et frappe à votre coeur
Ouvrons l’oeil à la lumière
Pleurons et gémissons parfois
L’ennemi ébranlé nous ouvre les portes
Une ardente prière écarte le sommeil et monte jusqu’au ciel
Le soleil de justice rompt le sommeil coupable
Dissipe l’ombre épaisse où subsiste le vice
La trinité du ciel de la terre et de l’humain nous fouaille
Tous les jours qui se font