C’est amusant ce nuage qui coiffe un îlot
Les herbes poussent la porte paresseuse
Saisir la couleur d’après la pluie
Tout est nuance
La montagne passée tout est source
Nous sommes ensemble dans l’oubli des mots
Je me perds dans la subtilité N’oublions jamais la simplicité
Tous les humains femmes et hommes confondus
Ne connaissent pas la langue des torrents
Le salut est dans la quête le questionnement
PCE 92
Qui peut le plus ne peut pas nécessairement le moins
Moins la virginité stérile que l’ignorance exubérante
Je te dévisage sans te reconnaître
Pourquoi l’obscurité est-elle nécessaire ?
L’innocence se construit-elle aux dépens de la culpabilité ?
Je ne suis pas la grande muraille de rien
Rien ne sert à rien et y revient
Le coeur battant je n’ose pas parler
J’aimerais être voyageur en tous lieux
A quoi bon user ses sandales ?
PCE 91
Qu’y-a-t-il dans la montagne ?
Je ne peux que vivre et vous le dire
Le déclin de la lumière laisse un rayon pur
J’aime les choses de l’eau
J’ose dévisager la beauté
J’accoste le rivage qui la cache
Je ne te reconnais plus
Je n’ose pas parler aux personnes que je ne connais pas
Je reste bouche bée en me hissant sur cette fameuse berge
Le coeur battant je n’ose plus parler
Je n’ai rien à dire
PCE 90
Une ligne de pics répète ses abrupts
La profondeur sans fin de l’ombre bleue
Le givre rougit les érables
L’ennui m’enlève à moi je reviens à moi
Le vivant s’égare au désir
Comment se distancer se distancier se différencier ?
Il est vain d’aligner des mots creux
Il est mince l’écart entre l’éveil et l’émotion
Souvent la différence est mince entre gagner et perdre
Musique et poème répondent à mon secret
PCE 89
Le murmure du vent la pluie de lune
L’oiseau d’eau La surprise de rêve
Seul il s’ignore En compagnie il s’ignore aussi
Je joue avec mon ombre
La lune araignée joue avec sa toile
Le soudain de la vie s’étiole en mélancolie
Rares sont les instants qui s’offrent au regard !
Ils s’évanouissent vite
Au chant du coq au son du gong
Les oiseaux se dispersent
Légende ou réalité ?
PCE 88
Frais parfums parfums sauvages
Chez nous le clair de lune est sauvage Oui !
Là-bas le monde est en guerre
J’écoute seul sur mon lit je médite
Sur un beau visage pleure la rosée
Les lucioles sont engourdies
Ces pierres ont des veines L’eau y coule comme du sang
A l’horizon le jour se courbe
Un dragon fulmine Il en a assez
Mystique poète héros il voit tout et chante
PCE 87
Tout résonne tout est en échos
Rien n’est étranger à rien
Coups du sort failles fêlures affrontements
Rien n’est étanche pas de protection ultime
Imprégnations transparences coalitions coagulations
Qui traverse le miroir des humains et des choses
Le transperce et disparaît
Le silence est magnifique Le silence danse Le silence est un océan
Attention tout compte Il faut bien compter
L’éveil apprivoise les dragons
PCE 86
Tu te réveilles au clair de lune Tu es entre deux âges
Tu ries des folies de ta chambre vide
L’éveil procède par éclats
Un rien tel un rire bruit à l’échelle des galaxies
Voilà tout ce qui reste de la catastrophe initiale
L’intellect chef construit des modèles des formes de réalité
Pas la réalité elle-même
Un maître marche sans marcher
L’univers est le lieu d’un gigantesque conflit
Il est sans confins
PCE 85
La flute effilée pleure dans les tentures
Prend garde Nul ne vit de la couleur des arbres
Malheureusement mon ressentiment frise les cimes
Mort et lubricité Ton parfum attire et repousse les amants
Les racines des lotus engendrent des poissons
Ta bouche pleine d’eau asperge les crinières noires
Les bâtonnets d’encens fument dans le grand chaudron de bronze
Le sage n’a que faire des drogues et des formules
Il ne respecte que quelques symboles de la vanité humaine
Découvrir ce que l’on cherchait est frustrant
Le but est le chemin pas sa fin
PCE 84
Ma femme amante des nuits d’espoir
Au fond du sac à poèmes mes premières poésies sont les dernières
Lie de la lumière Le plus pur des phénomènes a sa lie
Comment être le poète du chaos ?
La mélancolie nous brise en vain
La rosée de ta voix perle à l’herbe de printemps
Le fleuve est un écran constellé d’algues rouges
Ta chevelure est si lourde qu’elle devient brouillard
L’arc-en-ciel s’éteint pour te rejoindre au delà des monts
Mon esprit s’acharne sur la montagne vide