PCE 73

Les rapaces ont bien le droit d’exister
Dans la nature on mange et on est mangé
Saine dualité sincère duplicité
Rivalités profondes
La nature est douce et cruelle
La nature qui nous donne naissance
Qui est amour et haine
Qui est vie et mort
Mais c’est la vie qui nous importe
Pour accueillir le printemps

PCE 72

Les blancs chevaux te précèdent
Sur le sentier aux mille parfums
Sur le fleuve l’air est si pur
Qu’il semble de la gaze
Que pourrait te rendre visite
Sur une barque aussi fragile ?
Dans la montagne aux mille monts
Un arbre est mort pour toi
Au coeur des fleurs ta robe de nuées
Discrètement rougit

PCE 71

Le vent tourbillonne autour du cheval qui piétine les nuages
Dans ta robe à volants tu foules la poussière d’automne
La déesse de la pluie enfourche un dragon peint
Les dimensions se chevauchent
Dimensions de l’être dimensions de l’existence
Quand tout te parait clair à un niveau tout est obscur aux autres
Les effraies sont des esprits Elles n’ont pas peur
Bien au contraire elle rient
La jeune fille disparait derrière les nuages
La brise de printemps descend de la montagne

PCE 70

Tout être humain dispose de deux principes
Qu’il le veuille ou pas
Qu’il le sache ou non
Il faut dire que chaque principe se croit unique
Tout univers est fondé sur deux principes
Dont l’un exclue l’autre
La déesse est-elle là ou pas ?
Même refoulé le principe féminin est toujours là
La déesse grimace qu’elle s’irrite ou se réjouisse
Les cavaliers la raccompagnent jusqu’aux montagnes bleutées

PCE 69

Splendeur terreur
Ici le ciel a fondu
En baissant les yeux je vois la terre
En levant les yeux je ne vois plus rien
La négation est glorieuse
Le coureur d’abîmes meurt jeune
Certains dragons sont rouges
Y a-t-il vraiment un empereur céleste ?
Certains regrets sont éternels
La déesse n’est pas là

PCE 68

La mer est pourpre ce matin
Je balaie les rayons du couchant
Je pénètre l’infini tournoyant
Pourquoi retourner au pays ?
Je m’abandonne au souffle du bon vent
Je ne suis pas de ces êtres trépignants
Qui se rendent utiles en passant le temps qui fuit à des combinaisons
Selon moi maintenant les immortels logent dans une bibliothèque
Une beauté à chignon de brouillard attend la réponse
Le dragon a mille anneaux

PCE 67

La pureté m’inspire je l’espère
Le principe espérance est peut-être le seul
Herboriser pour certains est un rêve
Beauté mémoire culte
Le miroir d’eau n’effraie pas le dragon couché
Je n’ai pas d’or Je ne suis pas en or
Je ne pénètre pas l’infini tournoyant
Ainsi je ne me prosterne devant aucun maître
Pourquoi retourner au pays ?
Je préfère être un souffle de bon vent

PCE 66

Ma parole est le silence de l’immortel
C’est malgré moi que je fuis la foule la multitude
Ami des solitaires je visite la montagne
Nul ne peut dompter le dragon ni son esprit
J’entre dans le bois fleuri Je n’y cherche personne
La source est mystérieuse J’ignore à quelle profondeur vivent les intellectuels
Cette question est oiseuse
Il faut être pur pour sortir de la poussière
Je connais des migrants qui sont devenus immortels
Ma pensée n’en finit pas Mon esquif est de retour

PCE 65

Deux issu de l’un est addition et multiplication
Il est aussi division
Après l’un le deux est notre créateur
En commençant par trois
L’enfance de la fécondation
Un et deux …
Le deux en un est une merveille
Percevoir, percevoir quoi ?, percevoir comment ?
Les ballades siéent aux immortels les balades aux mortels
Qui se nourrit librement de brumes roses ?

PCE 64

Ne triture pas les faits par amour de tes théories
Autour de moi ne se rassemblent pas les immortels
L’au-delà des apparences ne m’a jamais été enseigné
Forme et vide se dissolvent
La forme n’est-elle qu’une forme du vide ??
Je constate une fois de plus que je n’arrache pas son secret au présent
Les deux vieillards constatent une fois de plus qu’un et un font deux
Des deux un seul porte des vêtements aux couleurs criardes
L’esprit n’agit jamais seul
Il subsiste toujours une question au delà de la solution