Je n’apprécie guère les banquets littéraires
La tempête approche l’océan-mer est là
Le maître et les disciples s’en donnent à coeur joie
Je flâne à la fraîcheur
Quand le principe apparaît les valeurs se dispersent
Si les formes s’oublient l’essence est réelle
Vous n’écoutez pas mon sermon vous ne l’entendez même pas
Je suis sensible car j’ai du sens
Appréciez ces légumes et ces fruits !
L’esprit monte au vent pour planer
PCE 52
Ce n’est que par soi qu’on peut atteindre l’au-delà de soi
Nous pratiquons tous une forme ou une autre d’auto-censure
Le vin efface l’amertume des mauvais rêves
Un saut mystique un bond étrange vous redonne le ciel qui est en vous
Commment il vit lui !
Le riz inconscient peut-il me faire revenir au principe ?
La vieillesse a des mérites et peu de ravissements
La lune est une perle Je ne saurais m’en faire une chemise
Le seigneur inique est heureusement unique !
Il n’est pas mauvais de puiser son eau à l’abîme transparent
PCE 53
De parfum en parfum je me suis laissé surprendre
Je m’éveille au fond de la nuit
( Je ne suis pas un fonds de commerce )
Je suis ivre sous les fleurs
Je ménage le fer et le feu
Nul n’ordonne à la terre d’être bleue
Une barque de pluie fait tanguer la lune
Moi vieillard je tolère l’enfant qui reste en moi
L’émerveillement est le déclic suprême
Affaire de goût et de jugeote
Comme la pensée va vite si elle le désire !
PCE 52
As-tu un sac à poèmes ?
Je ne chevaucherai jamais de tigre pour parcourir les bords du monde
Hier retrouve aujourd’hui
Le dragon a une bonne tête un peu compliquée cependant
Il est des chants d’une atroce beauté
Il est des chants à hurler C’est un moindre mal
Le frais printemps se nuance de brume
Le sang me pétrifie l’esprit Qui étais-je ?
Les héros rencontrent leurs maîtres
Que masquent tes vingt ans ?
Je ne sais trop pour les miens
PCE 51
Débordons de printemps
Je danse avec la lune complice
Le double jeu de la nature
Nous buvons aux fleurs écloses
Je suis ivre à la merci du sommeil
Les fleurs tombées couvrent ta robe
En une seule nuit les cheveux des nymphes ont blanchi
On me dit que c’est la neige je pense plutôt au grésil
Une barque de rêves descend le fleuve des étoiles
Notre rivière est parait-il un fleuve
PCE 50
Nous descendons des hauteurs bleues
Des enfants nous ouvrent le portail
Nous devisons dans la joie et la paix
Au prix de menues disputes
Nous chantons les femmes et la belle saison
Les étoiles pâlissent de bonheur parait-il
Le courant de la rivière porte jusqu’au ciel parait-il
Le vieillard distille son vieux printemps
Nous sommes trois la lune mon ombre et moi
La lune hélas ne sait pas boire
PCE 49
Au pavillon sur l’eau ma rame est oisive
Ombres et parfums
Ruisseaux et étangs
L’oiseau accompagne le chanteur
Que faire d’un rayon de soie dans la brume ?
L’ombre des vagues secoue les cheveux
La lumière du sable aiguise notre regard
L’eau et le poisson s’enivrent côte à côte
Les bonnes rencontres ne sont pas si fréquentes
Le jour disparait la journée n’est pas finie
PCE 48
Combien de jours flotte la vie ?
Je n’aime pas trop les pêcheurs de noms vides
Je déteste les prêcheurs en mots creux
Nous nous risquons à la mousse des roches
Au chant de la nuit nous rentrons à la lune
Tel un vent pur qui trône au bosquet ?
Le couchant s’est noyé à notre insu
Mon esprit vaque aux monts et aux rivières
J’entends l’accord de nos vieux coeurs
Il est d’hier et d’aujourd’hui
PCE 47
Je confie mon coeur à qui ne me connait pas
Qui est trop humain
Je me réfugie dans la sphère humaine
Où tous les lieux sont proches
Dans la montagne j’éprouve le lointain
Réel et vrai
Comment dire le réel dans l’oubli des mots ?
Je m’enterre au sein du peuple
Vos poèmes sortent de l’auberge
Je bois longtemps en secret
Je fais long feu
PCE 46
Ciel et terre ne durent qu’un matin
L’éternité ne dure qu’un instant
Lune et soleil sont nos fenêtres
Qui ouvrent sur le monde qui n’existe pas
Nulle part il ne demeure
Plafond de ciel tapis de terre
Il ne sait rien faire
Tout est un
Le monde est ma demeure
Je partage tout avec tous