PCE 45

Le vin permet les sacrements éternels
Je te sens pétiller
L’homme de silence ne te quitte pas
Je laisse la vie aller de soi
Nous nous unissons ravis de l’ivresse
Nous savourons l’oubli des principes
Pour en retrouver d’autres
Le monde est flottant
Nous savourons mille riens
Plus on boit du vin de sapience
Plus on dessoûle

PCE 44

Je puise de l’eau je taquine les fleurs
La joie efface les différences
Oublions le retour
La lune se love à la main
Les senteurs inondent
Le lointain est proche
Je le vois d’un bleu subtil
Un disciple raconte :
Le maître est expert dans les simples
Il les trouve dans les montagnes
Où les nuages sont profonds

PCE 43

Il n’y a pas de montagne parfaite
Fleur des métamorphoses
La montagne est ancienne et toujours nouvelle
Notre coeur exalte les nuages
Trop de monts dans la montagne ?
Un regard les autres cimes s’évanouissent
La montagne remplit ma fenêtre
Le royaume de la vie
Côtoie l’empire des mystères de la mort
La montagne déborde d’instants parfaits ou plus-que-parfaits

PCE 42

Les compagnons chercheurs sont nombreux dans la montagne
Des lointaines cités vous ne voyez que des nuages
La pluie vide la montagne
Des éclats de lune passent entre les pins
La nature bruisse au passage des lavandières
La noblesse d’âme prolonge les essences parfumées
Le soleil au couchant éloigne la montagne
Le refuge est blanc contre le froid du ciel
A la porte le chien aboie
Quelqu’un rentre de nuit dans la neige et le vent

PCE 41

Les anciens connaissaient leur incapacité
A exprimer complètement leurs sentiments
Rien ne vaut les sentiments d’un vieil ami
Si possible raffiné érudit et militant ! ?
La nature est en elle-même pureté
Même si elle est criminelle et carnassière
Nous sommes prisonniers de nos pratiques
Le savoir partiel est dépassé par la connaissance
Il n’y a de connaissance que de l’essentiel
L’identité est connaissance des contradictions
Qui exige concentration

PCE 40

Mon corps va nu par la verte forêt
Ce n’est pas mon habitude
Le vent des pins coule sur mon crâne
L’artiste résonne aux mille vallées
L’esprit se lave à l’eau des rivières
Vous est-il arrivé de caresser de la main les étoiles ?
Je vous en prie N’élevez pas la voix
Vous réveilleriez les dragons du ciel
Je vais comme un père errant
je suis le père prodigue
Toujours prêt

PCE 39

J’ai quitté le monde comme il m’a quitté
Monte plus haut pour voir quelque chose
Les pétales glissent au long de l’eau
Univers au delà des mondes
Tu as construit ton nid dans les pins et les nues
Les terrasses du ciel
J’ignore tout de la montagne
Je sais seulement que j’y suis
Je ne connais pas votre visage
Qui pourtant a tant d’importance
Les lointains de la connaissance

PCE 38

Ce matin les montagnes sont bleutées
Je n’ai pas le sens du vertige
Je me heurte à un massif mur rouge
Le ciel est plein de la beauté
La montagne est un temple ouvert à la nature
Et au poète
Es-tu bouche d’or dont on m’a parlé ?
Au soleil qui descend s’achève notre voyage
J’entends sonner la cloche au bout de la vallée
L’ermite ressent sa vie comme une vraie retraite
Qui lui donne la montagne

PCE 37

Le destin a fait de moi une barque sans amarres
Ma mère croyait au destin pas moi
Rien n’est écrit avant la date
Après coup on dessine des destinées
Notre liberté est énorme même si elle est contrariée
Ma barque sans lien c’est ma destinée
Les pays d’eau s’étirent
Les va-et-vient sont fréquents
Au devant des marées et des vents
On me demande où je me rends
Je me rends à l’amour ce n’est pas banal

PCE 36

Il parait que le crapaud et le lapin se sont mis d’accord
Les anciens n’ont pas laissé de traces sur ces rocs millénaires
Vivre en ermite c’est vieillir mille fois et rajeunir d’autant
Solitaire je suis mon seul maître
Mais je me sens obligé de penser monde
Nul ne vient dans ces hautes montagnes
Que les nuées blanches embaument sans fin
Pour édredon je préfère le ciel clair
Je laisse le soin des révolutions à d’autres
Je me refuse aux pensées tordues qui s’accrochent à vous
Comme de mauvaises herbes