PCE 5

Nous suivons tous la route pour arriver à l’auberge
L’auberge du sang rouge et de la tête vide
Mon chien est turbulent
Le monde est lent et rapide c’est selon
La montagne est inachevée
Le singulier est universel
La lune est claire dans le bleu des brumes
Elle parle sans mots
Elle appartient à notre rivage extrême
Le sens de mes poèmes est dans les arbres et ailleurs
L’esprit du chemin nait au dessous des toits
Dans le même mouvement nous sommes physiques et métaphysiques

PCE 4 La triste fin de la vie

La mort n’est que la triste fin de la vie
Elle n’est rien que la vie
Errer est gai sauf pour ceux qui y sont condamnés
On cherche d’abord à savoir puis à ne pas savoir
Ma tête dépasse les nuages
Le ciel est bleu uniment
Le ciel noir et étoilé plus tard
On aborde toujours seul le chemin de l’essentiel
Savoir ce que je sais être ce que je suis
Et puis basta tout s’en va…
Chanter chanter la fin du moi
La fin du moi égoïste et vaniteux

PCE 3

L’émoi suspend tout
Pour l’esprit libéré de lui-même tout est lointain
Nous oublions les principes sauf l’ivresse
Le soir me surprend toujours
Les fleurs tombées sont tombées
A jamais !
Un jour ou l’autre tout arrive pour de bon
Ivre je poursuis le rêve où je veux
Je crois
Des oiseaux s’éloignent des humains se dispersent
Un poème suffit-il au bonheur ?
Les dragons du discours ne sont pas d’une grande aide

PCE 2

La poésie est l’exercice de l’éveil avant le rêve
La plus belle poésie est inférieure à une autre poésie
Cette phrase aujourd’hui me parait stupide
Le réel et la réalité ne sont jamais contraires à la logique
Simplement il faut trouver la bonne logique
La logique du vrai et du véritable
Une vérité ultime : un chant qui s’éloigne

L’esprit se lave l’esprit se love
L’eau quotidienne
L’eau de tout le monde
L’eau pure impure est celle de l’esprit
La mort en écho
Les cloches ont gelé cet hiver
La montagne est vide
Ne nous faisons pas une montagne du vide
Le réel est là
Un chant s’éloigne

PCE 1

Pour lire un poème il faut les bons yeux
Les mysticismes sont divers la mystique est une
L’anarchie autrefois vaille que vaille !
Les vases les vases ! Mais je ne préfère pas la vase !
L’oeuvre est fondamentale pas le chef d’oeuvre
L’oeuvre est le tuf !
Certaines banalités sont inimitables
Il y a trop de spiritualités mortes qui se croient vivantes
C’est déjà bien quand un éditeur publie des oeuvres
Un opéra commence par une ouverture
Pourquoi pas ce petit poème en prose ?

TWR 186

Cette nouvelle série TWR touche à sa fin. Je rappelle qu’elle désigne des poèmes singulièrement proches de moi.
Je reviens à mes amours chinoises sous le code PCE. Cette nouvelle série est rendue possible par la lecture du beau livre de Patrick Carré et Zéno Bianu, Poésie chinoise de l’éveil , Albin Michel, Paris, 2017. Nous avons déjà utilisé ces auteurs pour l’art de vieillir ( voir le 15 / 9 / 2017 )
Je garde un bon souvenir de mes autres tentatives dont récemment la poésie de la Grèce antique sous le code TT.
Mais n’oublions pas d’abord le Japonais Ryôkan , série RY commencée le 10 / 3 / 2018 et terminée le 22 / 3 / 2018
Revenons à notre TT qui a débuté le 28 / 1 / 2018 et s’est terminée le 8 / 3 / 2018. Elle est entrelacée avec la série RG ( Rosemonde Gérard, autrefois publiée sous le code RAG ). RG a débuté le 3 / 2 / 2018.
Notons qu’une mini-série Texte, en hommage à Jung, a commencé le 10 / 3 / 2018. Notons surtout que j’ai interrogé le Faust de Goethe sous le code AP à partir du 29 / 1 /2018.
A ces séries se sont mêlés quelques haïkus.
Le 26 / 1/ 2018 c’était la fin de quelques interrogations bibliques, code DL, et le 19 / 1 / 2018 de la formidable série : l’intégrale des « sonnets » de Shakespeare, code WS.

TWR 185

Les ténèbres s’éclairent peu à peu
Je suis un laid ténébreux
Que certaines ont trouvé beau
Les peuples ne disent pas ce qu’ils désirent vraiment
L’être humain n’existe pas sans verbe
Varier bouger changer danser
Personne ne reste immobile
Tout serait fruit de mon imagination
J’ai vérifié ça n’est pas possible
Ou je serais d’une rare imbécillité
Je goûte la simplicité
A condition qu’elle soit complexe
Pas compliquée complexe

TWR 184

L’incertitude n’est ni ma mère ni mon épouse
Elles est les deux et mon père de surcroit
Le néant n’existe pas au sens fort
C’est un déni de l’esprit
Vous n’écoutez que ce que vous entendez
Formation des formes mystère de l’univers
Qui dira la beauté des schématiques schémas ?
Les hommes sont des animaux qui cherchent à ne pas être bêtes
Les hommes sont des animaux qui mettent beaucoup d’intelligence à être bêtes
L’esprit est méchant l’humour est tendre
Je n’ai ni esprit ni humour je le crains
Au mieux j’en ai un peu très peu
Tout chez moi est à dose homéopathique
Mes défauts comme mes qualités
Je crains d’être insuffisant

TWR 183

La terre tremble l’eau est refoulée
Une voute s’élève
J’ai l’espoir au bout de la lèvre
La cariatide est colossale
J’ai fait tout ça tout seul
Fruit de mon imagination
La forêt buissonnnante ne peut être un refuge
Je n’ai pas d’excuse je sais tout ça
On devient vieux mais qui devient sage ?
Doit-on craindre les métamorphoses ?
Une montagne ne nait pas en une nuit
Je flotte de lieu en lieu

TWR 182

Es-tu pénétré de l’esprit nouveau ?
Veux-tu rester immobile pendant les millénaires ?
Nous sommes les peuples
Nous ne changeons guère de visage
Les vagues babillent la brise est un badinage
Double plaisir : Les jeunes femmes et l’image de leur beauté
Il n’y a d’idéal que pour les idéalistes
La femme mythologique est une créature à part
Les dieux s’approchent pour ne pas exister
Quel sort atroce ! La mort des dieux !
Les dieux meurent ! les dieux sont morts !