TWR 181

Les ténèbres s’éclairent
Le monde entier suffit à peine au naturel
Un espace fermé est indispensable à l’artificiel
Les peuples ne veulent pas grand-chose
Juste un point sur l’i
Explorons avec soin les labyrinthes de flammes
Une jeune fille de l’or…
Tout s’évanouit sous des rochers dans des cavernes
Quel est le sens de ces paroles mystérieuses ?
Dans le bas la bête me fait horreur
Nous arriverons en foule
Pour chanter et danser

TWR 180

Tous les hommes sont idiots
Ils érigent des murs qui les séparent les uns des autres
L’esprit lutte avec les esprits
Les esprits se dissipent en vapeurs
Le savant continue d’étudier car il ne sait rien faire d’autre
Il n’y a pas de grand’oeuvre
Le vivant ne doit pas s’enterrer dans la boue et la poussière
Les jeunes sont vieux les vieux ne sont pas si jeunes
Les mots sont au moins à double sens
La lumière des villes nous empêche de voir
La splendeur innombrable des étoiles

TWR 179

Transformation et formation, formation des formes
Nous ne voyons pas sans schémas
Nous ne voyons pas avec les seuls schémas
Nous voyons nous ne voyons pas
Schéma un autre nom pour schème
Si tu tends vers le haut tends aussi vers le bas
Pour beaucoup le haut est un bas Arrêtons-là

Pas de héros sans héroïne
Pas de héros sans sa part féminine
Toutes les héroïnes ne sont pas belles
il est des lieux où les esprits se rendent d’eux-mêmes
Avec ou sans musique
Toutes les bergères ne sont pas jolies
Toutes elles protègent les agneaux
Par le souffle passe l’âme
Pas d’adolescent sans mal de croissance
Les formes se transforment
Les schèmes ne sont pas schématiques

TWR 178

Avec moi on s’enfonce toujours dans l’incertain
L’incertitude n’est pas souvent bonne maîtresse
Les déesses inconnues sont les mères
Trop et mal connues
Elles résident dans les abîmes obscurs
Elles ne sont ni désert ni solitude
Ni lointain perpétuellement vide
Bien au contraire
Dans ce que vous appelez néant j’aime trouver le tout
Ne pouvez-vous entendre
Que ce que vous avez déjà entendu ?
Dans l’infini monter ou descendre c’est tout un
Ne fuyons pas vers les espaces indéfinis des formes possibles !
Chaque jour est à construire

TWR 177

Donner et danser sans peine
Tout trésor dans tes mains profite au monde
L’empereur ne vaut rien sans ses fidèles
Un incendie général nous menace
Ce qui se fait se défait
Le dragon diapré aux écailles d’or
Attend seul l’orage *
Je vous tiens quitte des espaces éthérés
Vous ne pouvez pas garder prisonnier l’écrit
Il vole il est volage
Mais vous avez pour l’instant château
Avec forêt chasse et pêcherie

L’idéal des femmes sera celui des hommes
Il devient l’idéal humain

* Le dragon, les mères, autant d’images que je dois au « deuxième Faust » de Goethe…

TWR 176 Nul trésor mais le monde

Ce qui est incompréhensible je ne saurais l’expliquer
Faites place je frémis
La joie de donner dépasse tout
Toutes les joies de jouir de posséder
Tu es la poésie Elle est prodige et prodigue
La poésie est autre
La poésie est l’autre
Le donateur est débordé
Les charlatans crient au secours
Seul le dragon entend le dragon
Il se tient éveillé sous la voute étoilée
Personne ne sait où donner de la tête
Dans vos mains nul trésor
Nul trésor mais le monde

TWR 175

Horreur ! les amis sont des ennemis
La mort est partout
Nul ne lui échappe
Les déguisements ne servent à rien
L’espoir sort de nulle part
Il emporte tout sur son passage
Attention ! l’espoir est fou
Il est casse-cou
Il vit libre de tout souci
La crainte et l’espoir sont enchaînés
Enchaînés l’un à l’autre
Engeance de fantômes
Atrophie de la chair

TWR 174

Si tu aimes tu es perdu
Tu deviens écume et bile
La mal est commis tu l’expies
L’humain versatile ne doit pas vivre
Chanson que tout ça
Pessimisme de mode
Pardonnons même si nul ne célèbre le pardon
Les rochers livrés à eux-mêmes ne forment pas de tribunal
Deux femmes : l’une désire la liberté l’autre se sent libre
Les rieurs seraient-ils ridicules ?

TWR 173

Les chattes sont caressantes
Sauf quand elles griffent
Les caprices empoisonnent l’existence
On se réconcilie, il subsiste quelque chose
En profondeur
Ce n’est qu’un jeu
On ne serre dans ses bras que des fantômes
Où se cache le bonheur ?
Le bonheur réchauffe la glace
L’humain inégal aux heures inégales

TWR 172

Je suis raisonnable en étant déraisonnable
Le temps s’accélère
J’aurais aimé montrer son chemin à chacun
J’ai tourné en rond
J’aurais aimé être versé dans les écrits anciens
Elles sont jeunes et aimables
Celles qui te charment
Fais gaffe elles sont sournoises
Un fou se vante de ses défauts
Tu tombes sous le charme