TWR 161

Beaucoup de traités, de manuels sont vides
Ils multiplient les significations
Le sens n’est pas vide de sens
Le présent supplante le passé
Penser a sa saveur
Il faut avoir de l’appétit
Avoir de l’esprit ou disparaître
Esprit ou humour ?
L’éveil peut être subit
L’éveil est rare
La terre tremble
Entre source et source
la source du Tao est l’Être lui-même
Le Tao est incompréhensible
Sa douce source est connue et méconnue
Le vent a des formes
Il n’a pas de manières
La quiétude est un art
La sieste en témoigne
Vivre c’est mourir un peu

TWR 160

Le 8 / 3 / 2018 était publié le précédent TWR

Fils interrompus
Pain à rompre
La voie se cherche et ne se trouve pas Telle est la voie
La voie sans vertu
La seule vertu est la vérité
La vertu mène à tout
On peut parler par aphorismes paraboles ETC …
Par adages et proverbes par allégations aussi
Par mots très simples comme le bol le bâton ETC …
Comme constitution réglementation Etc …
L’enfant est parfois de pierre
Le coeur est dans la pierre
Nous n’avons pas accès au vide parfait
Nous n’avons accès à rien de parfait
Le Tao nous parle si nous voulons qu’il parle
La Tao est un beau parleur
Le Tao est tout et rien
La Tao est quelque chose
L’esprit de paix
Pas de préparatifs de guerre ?
Les papillons rêvent
Leur éveil est soudain

Ry Fin

Ainsi se termine pour moi l’histoire de Ryôkan, de son vrai nom Yamamoto Eizô, né en 1758 au Japon. Il fut moine bouddhiste et étudia la poésie classique, chinoise et japonaise. Il pratiqua entre autres l’art du Haïku. Mendier ( avec son bol ) fut pour lui nécessité et joie.
Comme d’habitude je pratique l’art de la translation, de la traduction-adaptation, avec une certaine fantaisie, je le reconnais.
Je le rappelle, il m’est déjà arrivé de pratiquer l’art du haïku, surtout en 2015, à partir de la fin mars 2015.
Parmi les inventaires partiels de mes publications sur ce blog, citons le 7 / 9 / 2016, le 20 / 4 / 2017, le 16 / 2 / 2018.

Ry 105 H.

Sur la clôture en branchages
De petits oiseaux se rassemblent
La matinée est à la neige

Il est imperturbable
Il ignore allègrement la fin des temps
Sinon pan pan cucul

Le vent m’a apporté
Assez de feuilles mortes
Pour faire du feu

Je suis un mortel banni sur terre
Je bois seul sous la lune
Je pratique l’art de la sieste

Les haïkus sont des instants d’éternité pour les uns
Ils sont des moments pour d’autres
A leur façon ils sont éternels

Ry 104 H.

Ce qu’il y a de meilleur en moi
Est solaire mais solitaire
Cette solitude est sociale

Je l’avais prévu une fuite dans le toit
Et mon lit est glacial
J’attends l’été

Je m’installe dans le confort
La table est petite et basse
Je n’ai pas besoin d’elle

Il fait froid je crois
Engoncé dans mes vêtements
Je fredonne bêtement

Un vieux
Transi de froid
Les bambous sous la neige

Ry 103 H.

Les oies sauvages sont nocturnes
Ca ne me plait pas
Je ne les vois pas

Couchées l’air bête
Sans remède couchées
Les herbes du jardin

La rivière en hiver
Des cimes un aigle
Admire un canard

Sauvage le canard
L’aigle fonce
Le canard s’envole

La bise est mordante
Sur son cheval
L’homme est figé

Ry 102 H.

Si je contemple assez longtemps les fleurs
La rosée s’y dépose
J’adore

L’automne s’en va
Ma mélancolie
La confier à qui ?

Ma nostalgie appartient à l’automne
Tout se termine
Un jour ou l’autre

Ravivant le souvenir
Un panier tressé
La mémoire est tout ce que j’ai

Dans mon ermitage de montagne
Au milieu de la nuit
Je suis endormi

Au milieu de la nuit
Les oies sauvages crient
Elles ne sont pas mes amies

Les oies sauvages passent
Elles n’apportent pas de nouvelles
Je ne les aime pas

Ry 101 H.

Cueillant des fruits
Je tressaille de froid
L’hiver en automne

Je grimpe jusqu’à la cime
Du grand pin embaumé
Attention à ne pas tomber !

Seul libre je grimpe si je veux
Où je veux
Ne vous déplaise je grimpe

Là-haut dans le vent
Une silhouette solitaire
Elle se tait

Les fleurs sont nombreuses et diverses
Elles vous sont familières
Je l’espère

Ry 100 H.

Première pluie d’automne
Une montagne anonyme
Ravissement !

Averse en montagne
Dans la taverne
Hautes vagues !

Jour après jour dans ma maison
Ma pauvre hutte
Je vieillis

Je traverse le pont
Enfin j’emprunte du feu
L’averse du soir

Je monte sur le toit
Troué de partout
Je m’accroche à l’espoir

Ry 99 H.

Combien de lignes de hérons
Traverseront le ciel
Au crépuscule ?

Devant la maison fermée
Je suis seul mélancolique
Fermé

Des aiguilles de pin
Jonchent le sol
Je suis en repos cette fois

Magnifiques les feuilles rouges des érables
Donnent sa couleur favorite à l’automne
Comme une robe ancienne venue de Chine

Si tu viens ici jusqu’ici
Ne pleure pas en me voyant
J’ai l’air d’une châtaigne