Beaucoup de traités, de manuels sont vides
Ils multiplient les significations
Le sens n’est pas vide de sens
Le présent supplante le passé
Penser a sa saveur
Il faut avoir de l’appétit
Avoir de l’esprit ou disparaître
Esprit ou humour ?
L’éveil peut être subit
L’éveil est rare
La terre tremble
Entre source et source
la source du Tao est l’Être lui-même
Le Tao est incompréhensible
Sa douce source est connue et méconnue
Le vent a des formes
Il n’a pas de manières
La quiétude est un art
La sieste en témoigne
Vivre c’est mourir un peu
TWR 160
Le 8 / 3 / 2018 était publié le précédent TWR
Fils interrompus
Pain à rompre
La voie se cherche et ne se trouve pas Telle est la voie
La voie sans vertu
La seule vertu est la vérité
La vertu mène à tout
On peut parler par aphorismes paraboles ETC …
Par adages et proverbes par allégations aussi
Par mots très simples comme le bol le bâton ETC …
Comme constitution réglementation Etc …
L’enfant est parfois de pierre
Le coeur est dans la pierre
Nous n’avons pas accès au vide parfait
Nous n’avons accès à rien de parfait
Le Tao nous parle si nous voulons qu’il parle
La Tao est un beau parleur
Le Tao est tout et rien
La Tao est quelque chose
L’esprit de paix
Pas de préparatifs de guerre ?
Les papillons rêvent
Leur éveil est soudain
Ry Fin
Ainsi se termine pour moi l’histoire de Ryôkan, de son vrai nom Yamamoto Eizô, né en 1758 au Japon. Il fut moine bouddhiste et étudia la poésie classique, chinoise et japonaise. Il pratiqua entre autres l’art du Haïku. Mendier ( avec son bol ) fut pour lui nécessité et joie.
Comme d’habitude je pratique l’art de la translation, de la traduction-adaptation, avec une certaine fantaisie, je le reconnais.
Je le rappelle, il m’est déjà arrivé de pratiquer l’art du haïku, surtout en 2015, à partir de la fin mars 2015.
Parmi les inventaires partiels de mes publications sur ce blog, citons le 7 / 9 / 2016, le 20 / 4 / 2017, le 16 / 2 / 2018.
Ry 105 H.
Sur la clôture en branchages
De petits oiseaux se rassemblent
La matinée est à la neige
Il est imperturbable
Il ignore allègrement la fin des temps
Sinon pan pan cucul
Le vent m’a apporté
Assez de feuilles mortes
Pour faire du feu
Je suis un mortel banni sur terre
Je bois seul sous la lune
Je pratique l’art de la sieste
Les haïkus sont des instants d’éternité pour les uns
Ils sont des moments pour d’autres
A leur façon ils sont éternels
Ry 104 H.
Ce qu’il y a de meilleur en moi
Est solaire mais solitaire
Cette solitude est sociale
Je l’avais prévu une fuite dans le toit
Et mon lit est glacial
J’attends l’été
Je m’installe dans le confort
La table est petite et basse
Je n’ai pas besoin d’elle
Il fait froid je crois
Engoncé dans mes vêtements
Je fredonne bêtement
Un vieux
Transi de froid
Les bambous sous la neige
Ry 103 H.
Les oies sauvages sont nocturnes
Ca ne me plait pas
Je ne les vois pas
Couchées l’air bête
Sans remède couchées
Les herbes du jardin
La rivière en hiver
Des cimes un aigle
Admire un canard
Sauvage le canard
L’aigle fonce
Le canard s’envole
La bise est mordante
Sur son cheval
L’homme est figé
Ry 102 H.
Si je contemple assez longtemps les fleurs
La rosée s’y dépose
J’adore
L’automne s’en va
Ma mélancolie
La confier à qui ?
Ma nostalgie appartient à l’automne
Tout se termine
Un jour ou l’autre
Ravivant le souvenir
Un panier tressé
La mémoire est tout ce que j’ai
Dans mon ermitage de montagne
Au milieu de la nuit
Je suis endormi
Au milieu de la nuit
Les oies sauvages crient
Elles ne sont pas mes amies
Les oies sauvages passent
Elles n’apportent pas de nouvelles
Je ne les aime pas
Ry 101 H.
Cueillant des fruits
Je tressaille de froid
L’hiver en automne
Je grimpe jusqu’à la cime
Du grand pin embaumé
Attention à ne pas tomber !
Seul libre je grimpe si je veux
Où je veux
Ne vous déplaise je grimpe
Là-haut dans le vent
Une silhouette solitaire
Elle se tait
Les fleurs sont nombreuses et diverses
Elles vous sont familières
Je l’espère
Ry 100 H.
Première pluie d’automne
Une montagne anonyme
Ravissement !
Averse en montagne
Dans la taverne
Hautes vagues !
Jour après jour dans ma maison
Ma pauvre hutte
Je vieillis
Je traverse le pont
Enfin j’emprunte du feu
L’averse du soir
Je monte sur le toit
Troué de partout
Je m’accroche à l’espoir
Ry 99 H.
Combien de lignes de hérons
Traverseront le ciel
Au crépuscule ?
Devant la maison fermée
Je suis seul mélancolique
Fermé
Des aiguilles de pin
Jonchent le sol
Je suis en repos cette fois
Magnifiques les feuilles rouges des érables
Donnent sa couleur favorite à l’automne
Comme une robe ancienne venue de Chine
Si tu viens ici jusqu’ici
Ne pleure pas en me voyant
J’ai l’air d’une châtaigne