TT 115 Chérémon

A la clarté lunaire de la tunique ouverte
Jaillissait un petit sein blanc
La robe dégrafée sur la hanche de gauche
Révélait sa nudité et allumait sa chair blanche
Sa jambe dénudée où l’amour
Brillait comme un espoir en une chair fleurie
Elles étaient toutes ainsi
Dormant elles froissaient les violettes
Et le safran dont l’ombre jaune
Se reflète jusque dans les manteaux
La rosée gonfle la marjolaine
Dans les molles prairies
Pour les Bacchantes

AP 33 Forêt et caverne

Faust seul :
Sublime esprit tu m’as tout donné tout Tu m’as livré la nature et la force d’en jouir Dans la tempête tu me conduis dans l’asile d’une caverne Tu me révèles à moi-même et je découvre des merveilles Je vois errer les ombres du temps passé
O L’homme ne possédera jamais rien de parfait Le compagnon que tu m’as donné me rabaisse plonge dans le néant tous tes présents Aujourd’hui je passe du désir à la jouissance et dans la jouissance je regrette le désir
Méphistophélès entre :
Qu’as-tu à te nicher comme un hibou dans une fente de rocher ? Plaisir de crapaud ! Tu te mens à toi-même
F : Tu me déranges
M : Dépouiller tout ce qu’on a d’humain…
F : Fi !
M : Ta bien-aimée pleure, chante, pleure à nouveau… Le temps est désespérément long Elle est gaie, le plus souvent elle est triste Elle aime toujours !
F : Je suis le fugitif l’exilé Elle aurait passé sa vie dans son petit monde domestique Et moi j’anéantis la paix de son âme Démon ! Qu’elle tombe avec moi dans l’abîme
M : Comme cela bouillonne ! Pas d’issue devient pas de fin Vive celui qui garde son courage ! Tu es déjà endiablé je ne trouve rien de plus ridicule qu’un diable qui se désespère

AP 32

La cabane au fond du jardin
Marguerite un doigt sur ses lèvres : Je l’entends Il vient
Faust : Friponne ! Je te tiens ! ( il l’embrasse )
Marguerite : O le meilleur des hommes ! Je t’adore ( Elle l’embrasse )
Méphisto frappe et entre : Il est grand temps …
Marthe : Il est bien tard, monsieur
F : Marguerite, oserais-je vous reconduire ?
M : Non, ma mère… Adieu ! ( Faust et Méphistophélès sortent ) Un homme comme lui sait tout pense à tout J’ai honte face à lui Je dis oui, c’est tout ce que je peux faire… Je ne suis qu’une pauvre fille ignorante Je ne comprends pas ce qu’il me trouve

AP 31

Regardez au 15 / 2 / 2018

Marthe : Monsieur vous êtes bien agréable
Me trouvez-vous agréable aussi ?
Méphisto : Aussi agréable qu’une femme peut l’être …
Marguerite : Je fus consternée
Personne n’a dit du mal de moi
Ai-je montré quelque chose d’inconvenant ?
Je ne parais tout de même pas une fille de mauvaise vie
Pourtant je m’émouvais à votre avantage
F : Petite amie !
M : ( Elle cueille une marguerite et l’effeuille … ) Ce n’est qu’un jeu… ( A voix basse ) Il m’aime- Il ne m’aime pas-Il m’aime..
F : Douce figure du ciel, que cette fleur soit pour toi l’oracle des dieux !
M : Je frissonne jusqu’au fond de moi-même
F : Point de fin !
Marguerite s’enfuit, Faust la suit Marthe s’approche
M : Méfions-nous des médisances Votre ami parait l’affectionner…
Méphisto : C’est comma ça que va le monde

Haïku

Dans ce ravin
C’est peut-être divin
Les nuages s’attroupent

Long est le pont
Qui traverse la rivière
Au fil du jour

Nous au village
Sommes-nous les descendants
Des villageois ?

Haïku

Où va le vent ?
Le vent brumeux
Sur la mer trop loin

Sur la lande et la montagne
Rien ne bouge
Par les matins de neige

Les rafales sont si fortes
Que les pluies renforcent
Le sol sans y toucher

RG 86

Il fait nuit de bonne heure
Je rentre frissonnant un peu
J’ai hâte de retrouver dans ma demeure
La lampe le fauteuil le feu
Par peur de la sombre visite
Je regarde vite une bande dessinée
Les images- quand il y en a- sont dépaysantes
Peintes les chansonnettes valent de l’or
Des zigzags d’or irradient les pays de papier
Même les mendiants ont de l’or au bout du pied
Comme le soleil au bout du champ

RG 85

Un pays magique a interdit l’alphabet
Les maisons sont en sucre
Dans des forêts un peu folles
Les arbres adultes sont garnis de girandoles
L’oiseau bleu et la poule aux oeufs d’or
Ont réellement existé
Tout la pays est fidèle et tendre
Une jeune fille a un manteau de fleurs
Tout tremble au coeur du coeur tremblant

RG 84

Chaque année les enfants petits
Aux pieds nus
Sont au rendez-vous
Devant la cheminée
Ils tremblent dans leur longue chemise
Le père Noël
Habillé de la neige qui frise
Descend du ciel à minuit
Les petits enfants disciplinés
Ont rangé leurs pantoufles et leurs bottes
Ils mettent leurs petits souliers
Puis ils s’endorment en souriant
Ils firent de jolis rêves
Certains riaient en dormant

RG 83

Une ombre charmante
Mêle sourire et pleur
La rivière obéissante
Flirte avec la chaleur
Un fantôme chante
Il a sur l’oreille une fleur
Chaque étoile filante
Est elle une flèche pour un coeur ?
Dans le jardin qui va fleurir
On ne parle pas de mourir
Le monde entier s’est effacé
Ce n’est plus le marchand de sable
Mais une charmante dame