C’est l’été
Les fleurs souffrent avec la chaleur
Où est la mer ?
Pas à pas
Les toits sont recourbés
La mer ne dort jamais
La neige blanche nous parfume
Le temple est loin
L’eau fait surface
C’est l’été
Les fleurs souffrent avec la chaleur
Où est la mer ?
Pas à pas
Les toits sont recourbés
La mer ne dort jamais
La neige blanche nous parfume
Le temple est loin
L’eau fait surface
Le vent irrite les toits
L’automne est avancé
Les pins se redressent
Le jour se couche
Sur les eaux du printemps
Pas de pont
Il fait beau
La montagne se calme
Au mois de mai
Je ne suis pas un valet
Même si je respecte le métier
Personne n’est que poète
Le poète à ses moments perdus
Reconstruit l’univers
Les êtres divers semblent poursuivre
Les siècles commencés
Mais qui assujettit la matière au génie ?
Qui retrouve l’agneau qui se révolte et s’égare ?
Qui émeut les orages ?
Qui retrouve la matinée
Pour la sauver de son destin ?
Le long du sentier je suis à distance l’amante
Du printemps Elle cueille des fleurs
Qui lui ressemblent
Qui au mieux protège l’art ? *
* le premier TT a été publié hier
Le poulpe n’a pas d’os
Mais il orne sa demeure
Sa maison sans feu
Son foyer est lugubre
Le poulpe n’en a cure
Le soleil tourne
Il éclaire sauf qu’il n’est pas là
Les hôtes des bois et des taillis
S’en donnent à coeur joie
Mais parfois ils grincent des dents
Et s’enfuient
Il nous arrive d’avoir un seul souci
Où trouver l’abri la grotte profonde ?
A travers le monde
Des hommes à trois pattes
Le dos courbé Le front vers le sol
Errent semblablement ployés
Pour échapper à la neige
Le pire des tourments est de manquer à ses serments
Mais l’hiver n’est pas mal non plus
L’hiver tueur
Méfie-toi de lui et de son gel dévastateur
Surtout quand souffle le vent du nord
Qui soulève la mer
il renverse les chênes chevelus
Il descend des gorges de la montagne vers les plaines
La forêt immense toute entière pousse un seul cri
Toutes les bêtes frissonnent
Le vent glacé pénètre même celles qui ont le cuir épais
Il épargne la peau fine de la jeune fille
Qui se baigne et enduit de parfum
Le miracle de son corps
Ignorant d’Aphrodite encore
La nuit approuve ses petites-filles
Les Parques qui limitent à leur gré la vie
Lorsque les hommes accèdent à la lumière
Ils ont droit à des jours heureux
A des jours malheureux
Les Parques redoutables sont toujours en colère
La nuit se réveille de son sommeil funeste
Pour encourager la vengeance qui n’en finit pas
Et aussi le mensonge
Ce qu’on sait moins c’est que la descendance de la nuit
Est nombreuse
La vieillesse certes mais aussi la tendresse !
La haine violente odieuse
La peine la douleur la souffrance
Tout cela ruisselle de pleurs
Les meurtres et les massacres s’en viennent inexorables
N’oublions pas la tendresse nocturne
La nuit a des enfants
La mort terrifiante
La mort odieuse
Le noir destin
Conduit enfin à la mort
La longue lignée des songes
La nuit pour enfanter n’a besoin de personne
La nuit plus tard enfanta le sarcasme
Qui est sacrilège et la détresse
Qui est mauvaise
Au delà des océans les dernières filles de la nuit
Soignent les arbres qui portent les pommes d’or
Je vous salue filles divines
Chantez et dansez !
Glorifiez les mortels
Les dieux nous ont quittés
Vous valez cher Vous êtes nées
De la terre brune du ciel étoilé
De la nuit noire de la mer salée
Avec vous sont nées la terre profonde
Les fleuves qui descendent vers la mer
La mer sans limites
Plate ou gonflée de colère
Les étoiles qui étincellent
Le ciel si large au dessus de nous
Tous ceux qui sont nés de tout cela
Les bienfaiteurs les malfaiteurs
Comment ils partagent les richesses
Comment ils distribuent les honneurs
Pour un instant et pour toujours
Un instant
Gardez moi un instant
Je pars à la retraite
Ils sont verts
Les brins d’herbe J’en mâche un
Il fait du bien
Sous la mer
Le soleil ne se couche pas
Quelques animaux prospèrent
Pas à pas
Dans la montagne
Soudain je vois la mer
Pas de pont pas de port
Je crains mon sort
Dans les fleuves du printemps
Le vent souffle
Les pins frémissent sur la montagne
Il parait que l’automne est avancé