Un nombre minimal de jours tu ne feras rien, aucune besogne surtout, ni toi, ni tes enfants , ni tes collègues, ni tes prestateurs de services, ni tes hôtes, ni même ton bétail ou tes animaux de compagnie.
Moi dans mon esprit j’ai d’abord fait les cieux car je suis, non pas platonique, mais platonicien dans l’esprit.
Puis j’ai fait, non pas la terre, mais la mer. Sous le ciel je commence par la mer, mère des êtres vivants. Je fais ensuite la terre. A chaque élément j’ajoute tout ce qui est en eux.
A la fin je me suis reposé. On considère souvent que je me suis reposé le septième jour, c’est-à dire le premier dimanche. Dans tout ça notre liberté ne manque pas d’arbitraire.
Je ne suis pas éternel, je ne suis pas omniscient, je n’ai en principe rien à voir avec Jéhovah ( Yahvé… ) qui est pourtant oeuvre humaine.
C’est peut-être le seul Dieu qui s’exprime à travers moi. C’est possible, je n’y crois pas.
DL B 2
Tu ne te prosterneras pas.
Tu ne te prosterneras pas devant un autre toi-même, car j’existe, tu existes, nous existons.
Ardent est mon nom, ardent est ton nom.
Les habitants de la terre se prostituent au nom de leurs dieux, ils sacrifient à leur dieux.
Is peuvent avoir un, deux ou trois dieux principaux. Ils peuvent en avoir une multitude.
Ils crieront vers toi en partie et en tout, tu mangeras peut-être grâce à leur sacrifice.
Tu aimes que les filles aillent avec les fils pour que l’espèce se multiplie. Les filles potassent et putassent derrière leur ( s ) dieu ( x ).
Tu ne feras pas de dieu en fonte. Ni en pierre, ni en mousse, ni en rien, sauf pour se divertir avec des copains.
Pour les humains il est important de se divertir.
Se divertir signifie gagner du temps et non en perdre, même s’il existe des divertissements désastreux.
Tu garderas les fêtes traditionnelles et tu en rajouteras d’autres. Le nombre des fêtes fériées restera petit.
Tu mangeras ce que tu veux en accord avec les copains et les copines.
DL A 2
Tu feras beaucoup d’images tu en aimeras certaines sans jamais te prosterner devant elles
Tu aimeras certaines de tes images du ciel là-haut, de la terre en-bas, des eaux et de la terre par en-dessous
Tu ne te prosterneras jamais devant quelque image que ce soit. Tu n’en serviras aucune. Car moi quel que soit mon nom je suis un moi jaloux un nom jaloux, punissant les fautes des fils sur les pères; je punis ceux qui me haïssent, je remercie et je récompense ceux qui m’aiment bien et qui respectent mes commandements.
S’il te plait, ne prononce pas mon nom en vain. Ne perds pas ton innocence.
N’oublie jamais de travailler quand c’est utile et nécessaire pour toi, tes proches et la communauté humaine. De même n’oublie jamais de te reposer.
Actuellement il parait bon généralement de se reposer deux jours dans une semaine de sept jours et souhaitable de ne travailler que huit heures par journée
Le Sabbat, jour de repos prodigieux, sera fixé soit le vendredi, soit le samedi, soit le dimanche. Le petit sabbat ou sabbat des enfants sera fixé le mercredi ou le jeudi. Les autres jours tu feras toute ta besogne.
Les jours de sabbat, tu joueras, tu t’amuseras, tu célébreras la beauté et la bonté de la nature en général et de la tienne en particulier, éventuellement tu militeras pour les droits des humains et des animaux.
DL B
Je tranche de tout et d’un pacte contre le peuple
Je ferai des merveilles qui n’ont jamais existé
Le peuple au sein duquel nous sommes
Voit le fait du principe qui nous unit
Ce que je fais avec toi est à frémir
Mais n’est pas frémissant
Garde pour toi ce que je t’ordonne aujourd’hui
J’expulse en face de toi le Hitti et le Hihi
Garde-toi de conclure un pacte
Avec le peuple de la terre où tu vas
Qu’il ne demeure pas comme un serpent dans ton sein
Tu démantibuleras leurs autels tu briseras leurs stèles
Tu ne te prosterneras pas devant un autre toi-même *
* Au doxa-logue DL j’ajoute B pour désigner la Bible Chouraqui
DL A
Les plantes grasses ont déclaré avec la solennité requise :
Je suis ce que je suis, ni plus ni moins que ton principe
Je vous ai fait sortir de votre deux pièces cuisine et de votre immeuble bourgeois
Je vous ai enfin parlé : « Tu n’as pas et tu n’auras pas d’autres principes que celui que je suis à moins que tu y tiennes expressément »
« Tu ne te feras pas d’idole, du moins tu n’adoreras rien qui ait une forme physique. Tu n’adoreras avec précaution que ton principe qui radicalement relatif t’unit à l’absolu. »
« Tu n’adoreras surtout pas ce qui vole dans le ciel ou ce qui rampe et court sur la terre ou ce qu’on croit exister sous la terre »
« Tu pourras utiliser ce qui peut t’être utile à condition de respecter ses conditions d’existence. Tu pourras même le tuer si cela t’est utile pour ta subsistance. »
« Tu ne te prosterneras devant aucun principe, même pas le tien »
« Tu serviras ton principe avec discrétion, réflexion et tolérance » *
* Sous le sigle DL, je publie un Doxa-Logue, c’est à dire une logique de la Doxa, la Doxa signifiant l’ensemble des idées reçues, y compris savantes.
A DL j’ajoute A pour désigner la Bible dans la version de la Pléiade…
WS 154 ****
Ce cycle des « sonnets » shakespeariens se termine sur le mot « amour », son thème primordial.
L’amour n’est-il que du feu ? Comme pour son « brandon », le phallus ?
Les contraires s’attirent-ils ?
L’amour suscite-t-il la haine ?
Nos sentiments sont-ils vains ?
Chez le Shakespeare lyrique tout reste anonyme ? A l’opposé du Shakespeare, dramaturge ?
Pouvait-il donner un nom à ce qui est le plus anonyme ?
On peut débloquer l’imagination au profit d’un petit acteur spécialiste des rôles de femmes ? Shakespeare lui-même a joué des rôles de femmes ?
Pour lui tout est théâtre ?
Je m’intéresse au grand Will depuis soixante-dix ans il me dépasse toujours autant ?
Le sonnet 130 offrait il y a quelques années 22 traductions; pourtant ces « sonnets » sont rébarbatifs, pour ne pas dire rebutants, en français ?
Shakespeare propose songe et mensonge Est-il véridique dans ses « sonnets » ?
Un maître mot pour Shakespeare est la « beauté ». Qu’est-ce cela veut dire ?
WS 154 **
Le petit dieu de l’amour déposa à son côté
Afin de dormir sa torche aux coeurs cruelle
Mainte nymphe à l’entour vouée à la chasteté
Survint d’un pied léger La plus belle
Alla saisir ce feu de sa main virginale
il avait échauffé une armée de coeurs fidèles
Ainsi le général des désirs d’amour
Dormait désarmé par des mains de pucelle
Elle éteignit la torche en un froid puits voisin
Qui prit au feu d’amour une chaleur perpétuelle
Puis devint bain salubre et remède assuré
Pour les maux des humains Mais moi esclave de la belle
J’arrivai pour les soins et c’est ainsi que j’ai prouvé
Que l’amour chauffe l’eau et que l’eau ne rafraîchit pas l’amour
WS 153 **
Cupidon déposa sa torche et s’endormit
Une suivante de Diane découvrit cette aubaine
Et vivement éteignit le brandon d’amour
Dans l’eau d’une froide fontaine du val voisin
Laquelle au feu sacré de l’amour emprunta
Une vive chaleur dont l’effet dure encore
Et finit par devenir un bain bouillant
Où l’on trouva à d’étranges maux un remède souverain
Mais rallumant sa torche à l’oeil de ma maîtresse
Le garçon pour le jugement dut toucher ma poitrine
Malade de tout cela je désirai le secours d’un bain
Et je m’y hâtai hôte triste et malsain
Mais je n’ai pas guéri : le seul bain qui convient à mes maux
Est l’oeil où Cupidon ralluma son flambeau
WS 152 **
En t’aimant si tu sais que je suis un parjure
Tu l’es bien deux fois en jurant de m’aimer à ton tour
Tu peux trahir ton lit et forfaiture nouvelle
Vouer une haine neuve après l’amour tout neuf
Mais pourquoi t’accuser d’une double félonie
Quand moi le pire des félons j’ai trahi au moins vingt fois ?
Tous mes voeux ne sont que serments pour te tromper
Et j’ai perdu en toi toute ma bonne foi
Car j’ai fait de hauts serments de ta haute tendresse
De ton amour de ta foi de ta constance
Et pour t’illuminer j’ai donné mes yeux à l’aveuglement
En les faisant jurer contre la réalité qu’ils perçoivent
J’ai juré sur ta beauté par l’oeil le plus parjure
Capable de jurer contre la vérité un mensonge si pourri
WS 151 **
S’il est trop jeune l’amour ne sait pas ce qu’est la conscience
Pourtant qui ne sait qu’elle est fille de l’amour
Ne viens pas tendre fourbe accabler mon offense
Car un jour ou l’autre on t’imputera mes fautes
Je cède le meilleur de moi même aux traîtrises
De ma chair si grossière Mon âme raconte à mon corps
Qu’il peut triompher dans l’amour la chair n’attend pas d’autre raison
Mais se dresse à ton nom te montrant pour trophée
Fier de cette fierté il est content d’être ton humble serviteur
Debout à tes côtés ou tombant mollement
Pas de manque de conscience pour tenir ce que j’appelle
Son « amour » pour l’amour de qui je m’élève et je tombe