WS 126

O toi charmant garçon qui, dans ton pouvoir,
Détiens le sablier, l’heure, la faux du temps ;
Qui a grandi en déclinant et de là montre
Tes amants se fanant quand ton doux être grandit –
Si la nature, maîtresse souveraine de la ruine,
Quand tu procèdes peut un peu t’arrêter
Elle te maintient pour son objectif ; que son talent
Peut disgracier le temps et tuer les minutes condamnées.
Cependant crains-la, O toi le mignon de son plaisir !
Elle peut détenir son trésor, mais ne le conservera pas.
Son compte public, quoique renvoyé à plus tard, doit recevoir une réponse,
Et tu dois lui donner son quitus.

WS 125 **

Que me servirait de tenir le dais
Honorant d’apparences ce qui n’est que paraître
De vouloir fonder une assise éternelle
Quand la ruine dépasse son existence ?
Les vassaux de la forme et de la beauté
Pour un loyer trop cher perdent tout et plus encore
Abandonner les saveurs simples pour des goûts complexes
Riches piteusement d’un bien que l’oeil dévore
Non – je veux te servir en ton coeur
Prends la pauvre mais libre offrande
Qui ignore le mélange et ne connaît d’autre art
Que le don mutuel : mon âme pur ton âme
Arrière sycophante ! plus une âme fidèle
Est en butte à tes coups plus elle est rebelle

WS 125 ter

Tenir le dais ?
Avec mon apparence qui honore les apparences ?
J’ai fondé une éternité
Plus brève que la destruction et la ruine
Je n’ai pas vu les favoris de la forme
Tout perdre à cause d’un loyer trop élevé
En dépassant la simple saveur
En jouant aux jouisseurs piteux que l’oeil perd justement en les regardant
Contente-toi de mon offrande pauvre mais libre
Qui n’est pas mélangée avec d’autres
Ne connais pas d’autre art que l’entr’aide mutuelle de moi à toi
Toi l’informateur désinformé une âme vraie
En dépit de tes menées est de moins en moins sous ton contrôle

WS 125 bis

Pourquoi tenir le dais
Grâce à mon apparence dénonçant le paraître ?
Ai-je proposé de vastes fondements à l’éternité
Qui se révèle plus brève que la dévastation ou la ruine ?
Je n’ai pas vu les thuriféraires de la forme et de la faveur
Perdre tout et plus en payant un loyer trop élevé
Dépassant la saveur simple pour la complexe douceur
Jouisseurs piteux que l’oeil perd en les contemplant ?
Non – Laissez-moi être obséquieux dans ton coeur
Et te choisir pour mon offrande pauvre mais libre
Qui n’est pas mélangée avec des éléments seconds
Qui ne connait pas d’art autre que l’entr’aide mutuelle, de moi tout seul à toi
Informateur suborné ! une âme vraie
Très empêchée est de moins en moins sous ton contrôle

WS 125

Pourquoi devrais-je tenir le dais
Avec mon apparence externe honorant les semblants,
Ou bien ai-je posé de vastes bases à l’éternité
Qui se prouve plus courte que la dévastation ou la ruine ?
Je n’ai pas vu les habitants de la forme et de la faveur
Perdre tout et plus en payant un loyer trop élevé,
Pour la douceur complexe dépassant la simple saveur,
Jouisseurs piteux que l’oeil perd en les contemplant ?
Non, laissez-moi être obséquieux dans ton coeur
Et te prendre comme mon offrande, pauvre mais libre,
Qui n’est pas mélangée aves des seconds,
Ne connait pas d’autre art que l’entr’aide mutuelle, de moi seul à toi.
Ouais, toi l’informateur suborné ! Une âme vraie
La plus empêchée est moins sous ton contrôle

WS 96 ter

Voir le 19 / 11 / 2017

Je t’aime en dépit de ta jeunesse indigne
Ta grâce est jeunesse et le sport si intime
Grâce et vilénie sont aimées plus ou moins
Tu fais des défauts de tes grâces
Comme au doigt d’une reine qui court après son trône
Le plus moche des bijoux est admiré
Les erreurs qu’on te voit
Sont traduites comme si elles étaient vérités
Combien d’agneaux oseraient dire sa vérité au loup le plus sérieux
S’il était déguisé en agneau
Pourquoi ne pas utiliser toute ta force ?
Reste tranquille : je t’aime tant
Que tu es mien et que mien est ton succès

WS 124 **

Mon amour n’est que l’enfant des grandeurs
Bâtard que la fortune renie
Il sert ce qu’on veut y compris la haine
Herbe parmi les herbes rose parmi les roses
Mais je l’ai élevé sans accident
La splendeur ne l’affecte pas
Il évite de céder au mécontentement
Que le temps présent invite à sa mode
Il ne redoute pas l’intérêt hérétique
Qui voit finir ses brefs contrats
Mais se dresse seul hautement politique
Pluie ou chaleur ne peuvent ni noyer ni agrandir
Je n’en veux pour témoins que les jouets du temps
Dont la vie est un crime et qui meurent pour le bien

WS 124 ter

Mon amour est un bâtard
Il peut être renié
En tant qu’amour ou que haine
Mauvaise herbe ou rose
Il ne fut pas conçu par accident
Il ne souffre ni des sourires
Ni des mécontents
Le temps invite à la fascination
Il ne craint rien de politique
Comme l’hérétique transitoire
Qui se contente de contrats à faible durée
Et se tient seul politique
Ni chaleureux ni noyé
Quant à moi je témoigne pour l’époque et ses ridicules

WS 124 bis

Je témoigne des ridicules du temps
Qui meurent pour de bon, qui ont vécu pour le crime
Si mon cher amour n’était qu’un enfant de fortune,
Il pourrait être renié en tant que bâtard,
Amoureux du temps ou le haïssant,
Parmi les mauvaises herbes ou les roses
Non il fut conçu sans accident
Il ne souffre ni sourires pompeux
Ni mécontentements de la fascination
A laquelle invite le temps engageant
Il ne craint rien de politique
Comme l’hérétique à faible durée
Qui se tient debout seul immensément politique
Ni grandi par la chaleur ni noyé sous les averses
Je témoigne en faveur des ridicules de l’époque

WS 124

Si mon cher amour n’était que l’enfant d’un état,
Il pourrait en tant que bâtard de la fortune être renié,
Comme sujet de l’amour du temps ou de sa haine,
Cueilli avec les mauvaises herbes ou les roses.
Non, il fut conçu loin de tout accident ;
Il ne souffre pas en sourires pompeux, ni ne tombe
Sous les coups du mécontentement fasciné
Auquel la mode invite le temps engageant.
Il ne craint pas une politique, comme l’hérétique
Qui travaille sur des contrats de petite durée
Mais se tient tout seul immensément politique,
Pas grandi par la chaleur, ni noyé sous les averses.
Je témoigne pour les ridicules du temps,
Qui meurent pour le bien, qui ont vécu pour le crime.