WS 121 ter

Il vaut mieux être méchant chez les méchants
Quand le vil n’essuie aucun reproche
Quand le juste plaisir est perdu faute d’être estimé sur notre sentiment
Et non la vision de l’autre
Pourquoi les yeux faux et altérés de sang des autres
Salueraient-ils ma sportivité ?
Mes faiblesses qui sont des espoirs plus faibles
Voient mauvais ce que je juge bon
Non je suis ce que je suis il en est qui jugent mes défauts en fonction des leurs
je suis droit Eux ils sont obliques
Mes actions ne doivent pas être montrées au rang des leurs
A moins qu’ils ne maintiennent ce mal général :
Tous les hommes sont méchants et ne règnent que dans leur méchanceté

WS 121 bis

Ils estiment le mal général :
Tous les hommes sont méchants et règnent par leurs méchanceté
Il vaut mieux être vil quand le vil est estimé
Et n’endure pas le reproche d’exister
Le juste plaisir est perdu
Qui n’est fondé que sur la vision de l’autre
Pourquoi les yeux faux et altérés des autres
Rendraient-ils hommage à mon sang sportif ?
Ou les espions plus faibles que sont mes fragilités
Certains jugent mauvais ce que je pense bon
Non je suis ce que je suis et ils jugent leurs défauts au niveau des miens
Je peux être droit alors qu’ils sont de travers
A leurs pensées de rang mes actions ne doivent pas être montrées
A moins qu’ils ne maintiennent cette malédiction générale :
Tous les hommes sont méchants et règnent au royaume de la méchanceté.

WS 121

Il vaut mieux être vil quand le vil est estimé
Et ne reçoit pas le reproche d’exister,
Et le juste plaisir est perdu, qui est estimé
Non sur notre sentiment, mais sur la vision de l’autre.
Pourquoi les faux et altérés yeux des autres
Salueraient mon sang sportif ?
Ou sur mes faiblesses qui sont des espions plus faibles,
Qui dans leurs volontés comptent pour mauvais ce que je pense bon ?
Non je suis ce que je suis et il en est qui à mes défauts
Jugent les leurs.
Je peux être droit quoiqu’ils ne le soient pas ;
Au rang de leurs pensers mes actes ne doivent pas être montrés,
A moins qu’ils maintiennent ce mal général :
Tous les hommes sont mauvais et règnent dans leur méchanceté.

WS 120 **

Ta cruauté passée m’est aujourd’hui agréable
Pour le grand chagrin que jadis j’ai éprouvé
Sous le poids de mes torts ma culpabilité fléchit
Faute d’avoir des nerfs d’airain ou de fer forgé
Car si ma cruauté te fut une gêne durable
Comme la tienne tu as connu l’enfer
Pour tyran que je sois je n’ai pas pris la peine
De calculer combien j’ai souffert à cause de toi
Notre nuit de deuil vint à mon âme
Rappeler combien le vrai chagrin frappe dur
Et offrir comme toi jadis l’humble sagesse
Qui est un baume pour les coeurs blessés
Mais ta faute devient un gage
Ma faute est ton rachat et la tienne est le mien

WS 120 ter

Votre inimitié aujourd’hui m’est plaisante
Je me faisais alors du souci
J’ai besoin de fléchir sous les choses que je transgresse
Que mes nerfs soient d’un métal ou d’un autre
Si vous avez été secoué par mon manque d’attention
Comme moi par le vôtre
Vous avez connu l’enfer
Moi, tyran, je n’ai pas pris le loisir
De calculer la souffrance due à votre crime
O notre nuit de deuil pourrait rappeler
Que le vrai souci tape dur
Et bientôt pour vous comme de vous à moi vous attendrissez
Ma poitrine blessée
Après le trépas vient le temps des honoraires
Les miens rançonnent les vôtres et les vôtres les miens

WS 120 bis

Votre trépas devient des honoraires
Les miens rançonnent les vôtres et les vôtres doivent me rançonner
Ils m’est maintenant agréable que vous ayez été inamical
Et pour le chagrin qu’alors je ressentis
J’ai besoin de fléchir sous ma transgression
A moins que mes nerfs ne soient en cuivre ou en fer forgé
Si vous avez été secoué par mon manque d’attention
Comme moi par le vôtre Vous avez connu l’enfer
Et moi un tyran je n’ai pas pris le loisir
De peser combien j’ai souffert de votre crime
O notre nuit de deuil rappelle à quel point
Le vrai chagrin frappe dur
Bientôt vous avez atténué
L’humble salve qui convient aux poitrines blessées

WS 120

Que vous ayez été inamical m’est maintenant agréable
Et pour le souci qu’alors je ressentais
J’ai besoin de fléchir sous ma transgression,
Que mes nerfs soient en cuivre ou en acier forgé.
Mais si vous fûtes secoué par mon manque d’attention
Comme moi par le vôtre, vous avez connu l’enfer,
Et moi, un tyran, je n’ai pas pris de loisir
Pour soupeser combien j’ai souffert de votre crime.
O Que notre nuit de deuil pourrait rappeler
Mon sens le plus profond de ce que le vrai souci frappe dur,
Et bientôt pour vous comme vous à moi avez attendri
L’humble salve qui convient aux poitrines blessées !
Mais que votre trépas devient maintenant des honoraires ;
Les miens rançonnent les vôtres et les vôtres doivent me rançonner.

WS 119 **

Quel philtre ai-je bu fait des pleurs des sirènes
Distillés dans des alambics hideux comme l’enfer
Pour soigner l’espoir par la peur et inversement
Et perdre à tout coup en me voyant gagner
Mon pauvre coeur a commis de maudites erreurs
Alors qu’il se croyait heureux plus que jamais
Mon oeil sortit de son orbite
Dans l’égarement de mes sens enfiévrés
O le bienfait du mal ! J’ai la preuve
Que le mieux devient meilleur par le mal
L’amour ruiné sort plus beau de l’épreuve
Quand il est rebâti plus grand et plus fort
Je reviens vers mon bonheur bien châtié
Et gagne trois fois plus grâce à mes maux

WS 119 ter

J’ai bu bien des potions tirées des larmes de sirènes
Distillées dans des alambics laids à frémir
Attribuant des peurs aux espoirs et des espoirs aux peurs
Je perdais alors que je me voyais gagner
J’ai commis bien des bêtises
Alors que je me croyais béni
Mes yeux sont sortis de leur orbite
Alors que j’étais affolé par cette maudite fièvre
O le bénéfice du mal Le meilleur devient meilleur grâce au mal
L’amour ruiné rebâti
Est plus beau plus fort plus grand
Alors je m’en retourne tout retourné
Et je gagne trois fois plus grâce au mal

WS 119 bis

J’ai bu des potions tirées des larmes des sirènes
Distillées dans des alambics hideux comme l’enfer
Rendant la peur à l’espoir et l’espoir à la peur
Je perds encore quand je croyais gagner
Quelles erreurs j’ai commises alors que je me croyais béni par le sort
Mes yeux sont sortis de leur orbite
Sous le coup d’une fièvre affolante
O bienfait du mal ! je trouve vrai
Que le meilleur soit fait meilleur par le mal
Et que l’amour ruiné quand il est reconstruit
Grandit plus beau plus fort plus grand
Je retourne rebuté à mes travaux
Et je gagne trois fois plus grâce au mal