WS 119

Quelles potions ai-je bues à base de larmes de sirènes
Distillées d’alambics hideux comme l’enfer,
Appliquant des peurs aux espoirs et des espoirs aux peurs,
Perdant encore quand je me voyais gagner !
Quelles erreurs mon coeur a commises
Alors qu’il se voyait bien béni !
Comment mes yeux sont-ils sorti de leur orbite
Dans la distraction de cette maudite fièvre !
O le bénéfice du mal ! Maintenant je trouve vrai
Que le meilleur est fait par le mal meilleur encore,
Et que l’amour ruiné quand ll est bâti à nouveau
Devient plus beau, plus fort, plus grand de loin.
Ainsi je retourne rebuté à mon contenu
Et gagne grâce aux maux trois fois plus que ce que j’ai dépensé .

WS 118 **

Comme pour aiguiser une petite faim
On pressure le palais de condiments acides
Comme pour prévenir l’absence de maladie
On se rend malade en se purgeant
Plein de la douceur jamais fade
J’ai assaisonné mes mets de sauce amère
Repu de bien-être à m’en rendre malade
Sans vrai besoin mon amour est politique
Il m’impose des maux
Il cherche cure dans le mal
C’est ainsi que la leçon se confirme
Les drogues sont poison quand on souffre de toi

WS 118 ter

Pour avoir de l’appétit
Les condiments sont bienvenus
Pour soigner nos maladies invivables
Nous nous purgeons
Plein de votre douceur
Je m’adapte aux sauces amères
Je suis malade de bien-être
Je suis malade avant tout
J’anticipe la police de l’amour
Elle a grandi de maux inexistants jusqu’aux fautes assumées
Elle a transmis mon dossier à la médecine
Elle soigne par le mal
La leçon est vraie
Je suis malade de vous et les drogues m’empoisonnent

WS 118 bis

J’apprends une bonne leçon
Les drogues empoisonnent qui est malade de vous
Pour nous aiguiser l’appétit
Nous avons de bons condiments
Pour soigner nos maladies invisibles
Nous nous rendons malades en nous purgeant
Plein de votre douceur
Je me suis accoutumé aux sauces amères
Malade du bien-être
Je suis malade sans que cela soit nécessaire
J’anticipe la politique de l’amour
Des maux qui ne sont point
Elle a grandi jusqu’aux fautes assurées
J’ai transmis un état de santé à la médecine
Il sera soigné par le mal

WS 118

Comme, pour aiguiser nos appétits,
Nous sollicitons notre palais avec des condiments ardents ;
Pour prévenir nos maladies invisibles
Nous nous rendons malades en nous purgeant:
Plein de votre douceur jamais ennuyeuse,
j’ai adapté mon alimentation aux sauces amères,
Et malade du bien-être j’ai trouvé une sorte de rencontre
A être malade avant qu’il y soit besoin.
Ainsi la politique de l’amour, je l’anticipe,
Avec les maux qui n’étaient point, a grandi jusqu’aux fautes assumées,
Et transmis un état de santé à la médecine
Qui, haut rang de bonté, sera soigné par le mal.
De là j’apprends et trouve que la leçon est vraie :
Les drogues empoisonnent celui qui est malade de vous.

WS 117 **

Accusez-moi pour vous rembourser
De m’être montré parcimonieux
D’avoir oublié de servir votre amour
Auquel tous mes devoirs me lient
D’avoir livré au temps vos droits
Acquis si chèrement
J’ai trop fréquenté des âmes inconnues
J’ai hissé ma voile à tous les vents
Qui m’emportaient plus loin de votre vue
Retenez mon caprice avecque mes erreurs
Entassez les soupçons sur des preuves certaines
Je me tiens au niveau de votre sourcil vengeur
Mais ne tirez pas sur moi dans l’éveil de la haine
J’affirme ma défense face à votre amour
Je tâchai d’en éprouver la constance

WS 117 ter

Vous pouvez m’accuser
J’ai rabaissé mon dû face à votre mérite
Je n’en ai pas appelé à votre amour le plus cher
Qui me retient jour après jour
J’ai fréquenté des inconnus
j’ai abandonné vos droits les mieux acquis
J’ai hissé la voile
Qui doit me porter loin de votre vue
Réservez mon entêtement
Prouvez vos soupçons
Placez-moi an niveau de votre front
Epargnez-moi votre haine réveillée
J’ai assez peiné pour prouver
La constance vertueuse de votre amour

WS 117 bis

J’ai peiné pour établir
La vertu de votre amour
Vous pouvez m’accuser
J’ai oublié tout ce que je devais à vos mérites
J’ai omis de visiter votre amour
Où je suis retenu par tous les liens connus
J’ai fréquenté des esprits inconnus
J’ai abandonné au temps votre droit le plus cher
J’ai hissé la voile à tous les vents
Qui me transportent le plus loin de votre vue
Sacrifiez mon entêtement et mes erreurs
Accumulez les soupçons sur de bonnes preuves
Placez moi devant votre front
Mais ne tirez pas sur moi dans votre haine réveillée
J’en appelle à votre sens de l’effort qui est mien

WS 117

Accusez-moi : J’ai dispersé
Tout ce que je devais à vos grands mérites,
J’ai oublié de visiter votre plus cher amour
Là où tous les liens me retiennent jour après jour ;
J’ai été assidu auprès d’esprits inconnus,
Et laissé au temps votre droit chèrement acquis ;
J’ai hissé la voile à tous les vents
Qui devraient me transporter au plus loin de votre vue.
Réservez ma mauvaise volonté et mes erreurs,
Accumulez les soupçons sur de justes preuves ;
Mettez-moi au niveau de votre sourcil,
Mais ne tirez pas sur moi dans votre haine éveillée,
Puisque mon appel affirme que j’ai peiné pour prouver
La constance et la vertu de votre amour.