WS 116 **

A l’union sainte de deux âmes fidèles
Je n’admets pas d’obstacle
Amour n’est pas amour
S’il varie en voyant varier
S’il croit délaisser en voyant délaisser
Non c’est une marque bien établie
Témoin de la tempête il n’en est pas ébranlé
Il est l’astre auquel toutes les barques se rallient
Il en prend de la hauteur tout en ignorant le reste
Il est le fol du temps même si joue et lèvres rouges
Doivent tomber un jour dans l’aire de la faux
Heures et mois en cours ne l’ébranlent pas
Il demeure inchangé jusqu’au bord du trépas
Si l’on peut prouver que je me suis trompé
Je n’ai jamais écrit je n’ai jamais aimé
Nul n’a jamais écrit ni aimé

WS 116 ter

A tout mariage
N’acceptez pas d’obstacle
L’amour tue l’amour s’il le travaille
Il s’altère en découvrant l’altération
Ou bien il s’efface avec l’effaceur
Non c’est une marque bien fixée
Qui n’est pas secouée par les tempêtes qu’elle observe
Elle est l’étoile qui guide chaque barque
Sa valeur est inconnue même si on connait sa hauteur
L’amour n’est pas le fou du temps
Même si lèvres et joues rouges restent dans l’aire
De la faux du temps
ll ne change pas avec ses courtes heures
Au contraire il les porte jusqu’au bord de la catastrophe finale
Si l’on peut prouver mon erreur
Je n’écris jamais, ni aucun homme n’a aimé

WS 116 bis

Si l’on peut prouver que je me suis trompé
Je n’ai rien écrit Aucun homme n’a aimé
N’admettez pas les obstacles au mariage des vrais esprits
L’amour n’est pas l’amour s’il s’altère au contact de l’altération
Ou se force à déménager avec le déménageur
Non c’est une marque bien fixe qui surveille les tempêtes
Sans en être secouée
C’est l’étoile de chaque barque errante
On n’en connait pas la valeur si l’on tient la hauteur
L’amour n’est pas le clown du temps
Les lèvres et les joues roses
Tombent sous la faux du temps
L’amour ne s’altère pas au temps si bref des jours et des semaines
Mais reste égal à lui-même jusqu’au bord de la mort
Si cela est erreur prouvée par dessus moi
Je n’ai jamais écrit et nul homme n’a jamais aimé

WS 116

Au mariage des vrais esprits
N’admettez pas les obstacles. L’amour n’est pas l’amour
Qui s’altère quand il découvre l’altération,
Ou se plie avec le déménageur à déménager.
Ou non, c’est une marque à jamais fixée,
Qui surveille les tempêtes et n’en est jamais secouée ;
C’est l’étoile pour chaque barque errante,
Dont la valeur est inconnue quoiqu’on prenne sa hauteur.
L’amour n’est pas le bouffon du temps bien que les lèvres et les joues roses
Tombent sous le compas de la faux du temps ;
L’amour ne s’altère pas au fil des si brèves heures et semaines,
Mais reste égal jusqu’au début de la malédiction.
Si l’on peut prouver l’erreur et ma faute,
Je n’ai jamais écrit, et nul homme n’a jamais aimé.

WS 115 **

Ils ont menti ces vers que j’écrivais
Même ceux qui chantaient le faîte de mon amour
Ma raison ignorait que ma flamme parfaite
Devait brûler plus claire
Le temps multiplie les incidents
Modifie les édits des rois s’oppose aux voeux les plus chers
Enlaidit la beauté contrecarre les desseins les plus fermes
Contraint les esprits forts au cours changeant des phénomènes
Je crains la servitude du temps
Je vous aime le plus
Je suis certain de l’incertain
Le présent fait bloc pas l’inconnu
L’amour est un enfant Je laisse grandir ce qui grandit

WS 115 ter

Mes vers mentaient
Même ceux qui pensaient n’en pouvoir davantage
Je ne voyais pas de raison pour vous aimer
Pourquoi le coeur de ma flamme brûlerait-il plus clair ?
Les millions d’accidents du temps tentaculaire
Rampent comme des serpents changent les plaisirs des rois
Avilissent la beauté la plus sacrée nuisent aux projets les plus déterminés
Divertissent les esprits forts du cours courant des choses –
La tyrannie du temps ne m’effraie pas
Je suis prêt à vous aimer toujours plus
Je suis certain de l’incertain
Je ne doute pas du présent mais du reste
L’amour est un bébé

WS 115 bis

L’amour est un petit enfant
Je ne pourrais donner sa croissance à ce qui croît encore
Mes vers jadis mentaient même ceux
Qui prétendaient que je ne pouvais mieux vous aimer
Je ne savais pas pourquoi
Ma flamme devait brûler plus clair
Le temps calculateur dont la multitude d’accidents
Rampent comme des serpents changent les décrets des rois
Abîment la beauté la plus sacrée
Bousculent les volontés les plus fermes
Distraient les esprits forts des choses les plus diverses –
Par peur de la tyrannie du temps
Dois-je dire : « Aujourd’hui je vous préfère »
Je suis certain de l’incertitude
Cautionnant le présent doutant du reste ?
Donnerais-je pleine croissance à ce qui croît encore ?

WS 115

Ces vers que j’ai écrits auparavant mentent
Même ceux qui prétendaient que je ne pouvais vous aimer davantage ;
Puis mon jugement ne connaissait pas la raison pour laquelle
Le coeur de ma flamme devrait brûler plus clair.
Mais le temps calculateur, dont les accidents millionnaires
Rampent selon leurs voeux tordus et changent les décrets des rois,
Tannent la beauté sacrée, bousculent les intentions les plus aigües,
Divertissent les esprits forts du cours des choses de toutes sortes –
Hélas pourquoi, par peur de la tyrannie du temps,
Ne pourrais-je dire : « Maintenant je vous aime mieux »,
Quand je fus certain de l’incertitude,
Couronnant le présent, doutant du reste ?
L’amour est un petit enfant ; je ne pourrais en dire autant
Pour donner sa pleine croissance à ce qui croît encore.

WS 114 **

Mon esprit couronné de vous
A-t-il bu le poison des rois la flatterie ?
Mes yeux disent vrai
Ils tiennent l’alchimie qui transforme les monstres
En chérubins à votre visage
Et fait de la laideur une beauté parfaite
A leur noble vision se présente une image
C’est flatterie hélas
Mon noble esprit la boit royalement
Mes yeux connaissent ce qui convient
ils préparent le breuvage
La coupe est empoisonnée moindre est leur tort
Que mes yeux en raffolent et qu’ils boivent les premiers

WS 114 ter

Mon esprit a bu le mal des rois la flatterie
Mon oeil parle vrai
Votre amour lui a enseigné l’alchimie
Qui métamorphose les monstres en chérubins
Créant à partir du minable une perfection
Aussi vite que tout s’assemble aux rayons du soleil
O je distingue pour la première fois la flatterie
Mon grand esprit la boit royalement
Mon oeil sait ce qui est à son goût
Il prépare la coupe
C’est pour elle un moindre péché
D’empoisonner d’être aimée d’être bue en premier