Votre amour et votre pitié obturent l’impression
Qu’un scandale vulgaire imprima à mon front ;
Pour quel soin qui me traite mal ou bien,
Vous verdissez le mal, vous permettez le bien ?
Vous êtes tout mon monde et je dois m’efforcer
De connaître mes hontes et mes louanges dans votre langue –
Rien d’autre pour moi ni moi pour aucun je ne vis,
Pour que mon sens bien trempé ou mes changements, justes ou faux,
Dans un abysse si profond je me lance en soins
Pour les voix d’autres que ce sens de vipère
Car la critique et la flatterie sont stoppées.
Marquez comment je me dispense de ma négligence :
Vous êtres si élevé dans mes prévisions
Que le monde à côté me semble mort.
WS 111 **
Pour l’amour la fortune est critique
Coupable déité de mes forfaits
J’en suis réduit aux ressources publiques
Qui engendrent des goûts publics
Mon nom porte désormais une flétrissure
Ma nature est imprégnée
Comme des mains d’un teinturier
Que votre pitié me renouvelle !
Je deviens un docile patient qui boit
Des potions au vinaigre contre l’infection
Nulle amertume m’est amère
Ni le double châtiment trop dur
Ta pitié, cher ami, je t’assure
Qu’elle m’est suffisante cure
WS 111 ter
Pour mon salut
La déesse coupable
N’a rien trouvé de mieux
Que les moyens publics
Qui nourrissent des goûts publics
Mon nom est devenu une appellation
Ma nature est soumise à un teinturier
Prenez-moi en pitié
Je boirai vos potions contre l’infection
Je ne trouverai pas amère leur amertume
Ni la double correction
Prenez-moi en pitié
C’est assez pour me soigner
WS 111 bis
Prenez en pitié votre pauvre ami
Elle suffit pour le guérir
La fortune gourmande
La déesse coupable
Qui pourvoit à ma vie
Avec des moyens publics
Mon nom est mal jugé
Ma nature en est subjuguée
Travaillée à la façon d’un teinturier
Priez-moi de me renouveler
Je boirai comme un patient
Vos potions vinaigrées
Sans amertume
Sans double punition
Cher ami je vous assure
Que votre pitié est suffisante
WS 111
O, pour mon salut la fortune chipote,
La déesse coupable de mes actions nocives,
Qui n’a rien fait de mieux pour pourvoir à ma vie
Que des moyens publics qui nourrissent des goûts publics.
De là vient que mon nom reçoit une appellation,
Et presque de là que ma nature est subjuguée
Par ce qui la travaille à la façon d’un teinturier.
Prenez-moi en pitié et souhaitez que je me renouvelle,
Tandis que, comme un patient volontaire, je boirai
Des potions vinaigrées contre l’infection;
Pas d’amertume que je trouverais amère
Ni double punition pour corriger la correction.
Prenez-moi en pitié, cher ami, et je vous assure
Que votre pitié est suffisante pour me soigner.
WS 110 **
De tous côtés c’est vrai j’ai erré
Je me suis fait bouffon sur une pauvre scène
J’ai livré mon coeur à tous
Par de neuves amours j’ai blessé les anciennes
Il est vrai que j’ai de la fidélité
J’ai détourné mes regards étranges
Mes égarements ont mon coeur rénové
Mes vains essais m’ont rendu plus sûr
Maintenant tout est fini tout est fin Je suis tien
Ma faim ne sera plus aiguisée
Pour éprouver à nouveau un vieil ami
Petit dieu d’amour où ma flamme est abritée
Puisque, hors le ciel, tu es mon bien
Reçois-moi en ton coeur ô combien tendre et pur
WS 110 ter
Souhaite-moi la bienvenue
Sur le mode de ton amour
J’ai erré J’ai fait de moi un bouffon
J’ai détruit ou vendu mes pensées
J’ai tout mélangé
Vieilles offenses et nouvelles affections
Je suis la vérité sans raison étrangement
Mes égarements m’ont donné une jeunesse nouvelle
Mes tentatives t’ont prouvé mon amour
Tout est fini mais toi tu as obtenu ce qui n’a pas de fin
On ne teste pas un vieil ami
Parmi mes amis un dieu de l’amour
Je lui suis attaché
Comme lui je suis proche de mon ciel
Ta poitrine est aimante
WS 110 bis
Souhaite-moi la bienvenue, toi si proche du ciel qui est le mien,
Sur le mode de ta pure et aimante poitrine
Il est vrai que je suis allé de ci de là
Que j’ai fait de moi un bouffon pour la scène
J’ai détruit mes pensées, vendu pour rien ce qui m’est si cher,
J’ai mélangé vieilles offenses et nouvelles affections,
Je suis attaché à la vérité
Sans raison étrangement
Par dessus tout ces égarements me donnèrent une nouvelle jeunesse
Mes pires essais te prouvèrent mon amour.
Tout est fini tu as ce qui n’a pas de fin
Je n’entretiens plus mon appétit
Je ne teste pas un vieil ami avec de nouvelles preuves
Un dieu de l’amour près duquel je suis un ermite
Souhaite moi la bienvenue toi si proche du meilleur de mon ciel
Pareil à ta pure et très très aimante poitrine
WS 110
Hélas, il est vrai, je suis allé ici et là,
Et j’ai fait de moi-même un bouffon pour le spectacle,
J’ai galvaudé mes propres pensées, vendu pour presque rien ce qui m’est le plus cher,
J’ai fait de vieilles offenses à partir de nouvelles affections.
Il est bien vrai que je suis bloqué sur la vérité
Hors de propos et étrangement. Mais, au dessus de tout,
Ces égarements donnèrent à mon coeur une nouvelle jeunesse,
Et les pires tentatives te prouvèrent le meilleur de mon amour.
Maintenant tout est fait, ayez ce qui ne doit pas avoir de fin ;
Je ne veux plus moudre mon appétit
Pour tester à nouveau un vieil ami,
Un dieu d’amour, près de quel je suis confiné.
Souhaite moi la bienvenue, toi si proche de mon ciel,
Egal à ta pure et très aimante poitrine.
WS 109 **
Ah ! n’accuse pas mon coeur de fausseté
Même si l’absence paraissait diminuer ma flamme
Je pourrais me quitter moi-même
Plutôt que de laisser en ton sein mon âme
C’est mon foyer d’amour
J’ai vagabondé mais je suis de retour
Quand le temps est venu sans échange
Je porte moi-même l’eau qui lave l’outrage
N’aie foi qu’en ma nature quoiqu’y aient régné
Les défauts qui assiègent tout être humain
Ma nature aurait pu se souiller absurdement
Pour échanger contre rien ton trésor
Le vaste univers n’est rien à mon goût
Sauf toi-même ma rose : en elle tu es mon tout