Tu m’as abandonné
Je confirme l’offense
Dis que je suis boiteux et je boite
Je n’oppose aucune défense
Pour donner bonne forme à ton changeant désir
Tu ne peux m’avilir mieux que je sache faire
Etranglant l’amitié tu n’es que froideur étrangère
Ton doux nom bien-aimé ne se trouve plus sur ma langue
Je suis peut-être trop profane
En venant à trahir que j’ai pu te connaître ?
Pour toi contre moi il me faut disputer
Car je ne dois aimer un homme que tu hais.
WS 89 ter
Tu m’as abandonné
Je commente
Dis ce je suis et je le suis
Tes raisons me disgracient
Je ne mets pas de forme
Je me disgracie moi-même
Je te fais rencontrer avec toi-même
Je suis absent de tes promenades
Ton nom l’est de ma langue
Ton nom est doux
Je suis trop profane
Je nous trahis
Toi contre moi voilà le débat !
Je n’aimerai jamais celui que tu hais
WS 89 bis
Je souhaite débattre pour toi contre moi
Car je ne dois pas aimer celui que tu hais
Dis que tu m’as abandonné pour quelque faute
Et je commenterai cette offense
Dis que je suis paralytique et je suis paralysé
Je ne t’oppose aucune défense
Tu me disgracie
Du changement désiré
En sachant ta volonté
Etrange apparence
Dans ma langue
Tu n’habiteras plus
J’agirai mal
Vieille relation
Dont je souhaite débattre
WS 89
Dis que tu m’as abandonné pour quelque faute
Et je commenterai cette offense ;
Dis que je suis un paralytique et je suis paralysé,
A tes raisons n’opposant nulle défense.
Tu ne peux pas, amour, me disgracier, à moitié malade,
Pour mettre une forme sur le changement désiré,
Comme je me disgracie moi-même, en sachant ta volonté.
Je ferai se rencontrer étranglement et étrange apparence,
Être absent de tes promenades et dans ma langue
Ton doux nom aimé n’habitera plus
De sorte que, moi, trop profane, j’agirai mal
Et trahirai notre vieille relation.
Pour toi contre moi je souhaite débattre
Car je ne dois jamais aimer celui que tu hais.
WS 88 **
Quand tu sera d’humeur à me mépriser
Que tu verras mon mérite dans l’oeil du dédain
Je prendrai ton parti
Pour prouver ta vertu
Au courant de ma faiblesse
Je peux bâtir une histoire
A partir de mes vices cachés
En faveur de ta gloire
Et aussi de mon profit
Les coups de ma main
En s’inclinant vers toi
Prestigieux pour toi
Tel est mon amour
Je veux supporter pour ton droit
WS 88 ter
Quand tu seras disposé
A mépriser mon mérite
Contre moi-même
Je te prouverai ta vertu
Faible je le sais
Je peux bâtir une histoire
Tu me perdras
Tu seras tout glorieux
Je serai gagnant également
En pliant pour toi mon amoureux sentiment
Blessures qu’à moi-même j’inflige
Poursuivant leur avantage
Mon amour t’appartient
Je supporte pour ton droit
WS 88 bis
C’est ainsi que dans mon amour pour toi
Je supporterai le mal dans l’amour de ton bien
Quand tu me mettras en pleine lumière
Mon mérite dans l’oeil de ton mépris
Contre moi je combattrai
Quoique tu sois parjure
Ma propre faiblesse
Installera une histoire
Là où je suis attaché
Tu perdras beaucoup de gloire
Je serai gagnant de mon côté
Mes amoureuses pensées
Sont blessures que je m’inflige
Me donnant l’avantage
Je t’appartiens
Je supporte le mal
WS 88
Quand tu seras disposé à me mettre dans la lumière
Et placer mon mérite dans l’oeil du mépris,
De ton côté contre moi-même je combattrai
Et je te prouverai ta vertu quoique tu sois parjure.
Etant mieux au fait de ma propre faiblesse
De ton côté je peux installer une histoire
De fautes cachées là où je suis attaché,
De sorte que tu gagneras, en me perdant, beaucoup de gloire ;
Et moi de mon côté je serai un gagnant aussi ;
En pliant toutes mes amoureuses pensées sur toi,
Les blessures qu’à moi-même j’inflige,
Poursuivant leur avantage sur toi, me procurent un double avantage.
Ainsi est fait mon amour qu’à toi ainsi j’appartiens,
Que pour ton droit je supporterai tout le mal.
WS 87 **
Adieu ! tu es possession trop chère
Tu connais ton juste prix
Ta charte te libère
Tous mes droits sur toi sont abolis
Je te tiens par ta grâce
Comment ai-je mérité ton trésor ?
Ton don n’a chez moi pas de place
J’en fais une concession
Toi, ignorant ta valeur,
Tu t’es donné toi-même
Tu as commis une autre erreur, moi, ton bénéficiaire,
Ton grand cadeau fondé sur une erreur
Revient à mieux juger, à retourner à la source première
Comme dans un rêve flatteur, tu fus mien dans mon sommeil ;
je dormais comme un roi, illusion nécessaire
Qui disparait au réveil
WS 87 ter
Adieu – tu m’es trop chère
Tu connais la charte de ta valeur
Mes liens avec toi me rassurent
Où sont mes mérites
Pour ce trésor ?
Je ne te tiens pas
La cause est manquante
Je fais un écart
Tu ne connaissais pas ta valeur
Tu t’es donné à moi par erreur
Je suis une autre erreur
Ton grand don revient à la maisons per erreur
Je t’ai eu comme un rêve flatteur
Mon réveil ne pose pas problème