WS 84 **

Quel talent dans ton éloge !
Rien qu’en disant que vous êtes vous !
Ce trésor se loge entre les murs
Comme votre égal devant nous
La maigre pénurie
Offre quelque gloire
Qui parle de toi
Il lui suffit de t’imiter
Pour rendre à ses vers leur dignité
La gloire ne s’imite pas
En toi on peut lire
L’art naturel est parfait
Le renom de cette contrefaçon attire
En tous lieux tu es admiré
La beauté a son revers
Si vous aimez trop la louange
Votre éloge en pâtira

WS 84 ter

Qu’est-ce qui dit plus
Que ta riche louange ?
Confiné emmuré
Qui peut t’identifier ?
Une mesquine pénurie
Te prête une certaine gloire
Et plus que cela
Dire que tu es toi
C’est déjà te copier
Ne rend pas pire
La contre-partie
TON STYLE EST ADMIRÉ DE PARTOUT
La malédiction aime la louange

WS 84 bis

Vous ajoutez à la bénédiction une malédiction
Vous aimez l’art de la louange la vôtre en est pire
Qui dit plus que ce qui est dit ?
Vous êtes seul à être vous
Emmuré confiné où êtes-vous ?
Là où votre égal grandissait ?
Là où votre plume habite
Ne prêtant pas peu de gloire à votre sujet ?
Si l’on peut raconter que vous êtes vous
Bonjour la dignité !
Ce qui est écrit est en vous
Conforme à la nature
Son esprit fameux
Sera admiré de partout

WS 84

Qui est ce qui dit plus que ce qui est dit,
Cette riche louange : que vous êtes seul à être vous-même,
Que confiné emmuré est le magasin
Qui devrait identifier là où votre égal grandissait ?
Une mesquine pénurie dedans cette plume habite
De sorte qu’elle ne prête pas peu de gloire à son sujet :
Mais lui qui écrit sur vous, s’il peut raconter
Que vous êtes vous, il donne de la dignité à son histoire.
Laissez le copier ce qui est écrit en vous,
Ne rendant pas pire ce que la nature a fait si clair,
Et une telle contrepartie rendra fameux son esprit,
Son style en sera admiré de partout.
Vous ajoutez à vos belles bénédictions une malédiction,
Amoureuse de la louange, ce qui rend la vôtre pire.

WS 83 **

** Fuzier toujours !

Je n’ai jamais pensé qu’il te fallût de la peinture
Ta beauté ne nécessite aucun fard
J’ai vu ou j’ai crû voir que, grâce à ta nature,
Tu te souciais peu de mon art
Tes gestes sont à l’abandon
Je laisse dormir mon art
Ta seule présence montre
Qu’une plume banale est bien insuffisante
Tu dissertes du mérite
En proclamant le tien
Tu m’imputes mon silence à péché
Quand ma suprême gloire est d’avoir su me taire
Je me tais sans nuire à ta beauté
Je suis même muet
Je suis une tombe Je suis aussi la vie
Tu vis davantage de vie
Tes poètes sont deux

WS 83 TER

Je n’ai jamais vu vos besoins
J’ai pensé avoir découvert
Une offrande stérile
J’ai dormi
Vous-même montriez
Combien un coup moderne est insuffisant
La valeur est dans le silence
Elle grandit en vous
Le silence m’est dû
Je suis muet
Jamais je ne ferai tort à la beauté
Je suis atteint de mutisme
Mais je fournis la vie et la tombe
Vos beaux yeux
Font plus que deux poètes réputés

WS 83 bis

Plein de vie dans vos yeux,
Plus que ce que vos poètes peuvent fournir
Vous n’avez pas besoin de peinture
Et donc pas d’attirail de peintre.
J’ai découvert – j’ai pensé avoir découvert –
Que vous dépassiez la dette d’un poète
J’ai dormi dans votre discours
Etendu répandu vous montrez
Qu’être moderne est insuffisant
La valeur grandit en vous
Pour mes péchés je suis muet
Je ne fais pas tort à la beauté
Certains donnent la vie et une tombe
Dans un seul de vos yeux
Il y a plus de poésie et de vie

WS 83

Je n’ai jamais vu que vous ayez besoin de peinture
Ni par conséquent d’attirail de peintre.
J’ai découvert – ou j’ai pensé avoir découvert – que vous excédiez
La stérile offrande qu’est la dette d’un poète ;
Et donc j’ai dormi dans votre narration :
Que vous vous-même, encore existant, pourriez montrer
Comment une plume moderne se révèle insuffisante,
Parlant de valeur, quelle valeur grandit en vous.
Le silence que vous imputiez à mes péchés,
Qui devraient être ma gloire, je suis muet ;
Car je ne fais pas tort à la beauté, je suis atteint de mutisme,
Quand d’autres donneraient la vie et fourniraient une tombe.
Ici vit plus de vie dans l’un de vos beaux yeux
Que vos deux poètes pourraient en fournir.

WS 82 **

Tu n’es point le mari de ma muse
Tu peux lire les dédicaces
Que des auteurs adressent
Pour bénéficier d’une grâce
Ton esprit égale ta beauté
Tu dépasses ma louange
Tu dois la chercher ailleurs
Là où les traces du passé sont fraiches
Ils bavardent
Leur rhétorique est excessive
Mais ta beauté trouvera un véritable écho
Rien ne vaut un ami véridique
Dont les mots sont simples et vrais
La peinture grossière
Va aux joues qui manquent de sang
Sur toi c’est une injure

WS 82 ter

Je te garantis
D’avoir du plaisir à lire les dédicaces
Le sujet est sympathique
Tu es sympathique
Ta valeur te force
C’est une trace fraiche
Fais ainsi amour
Les discours sont dépassés
Véridique et sympathique
Avec des mots simples et vrais
Tu n’as besoin de nulle peinture
Pour tes joues rouges