RAG34

Ce RAG avait disparu :

Les arbres sont noirs On y voit de la clarté
Les oiseaux nagent sur l’air Le vent divague
Les sirènes laissent les vagues errantes
A leur front brille doucement un vitrail
La rivière nous cause Personne n’écoute son refrain
Un morceau de rêve attend que je le cueille
Devant mes lunettes salies le monde disparait
J’ai voulu être professeur de complexité
A condition que cette complexité
Soit celle de la simplicité
J’aurais voulu penser la petite cuillère
Le morceau de sucre
La tasse de café brûlant

RAG79

Je fais mes adieux aujourd’hui
A la noble partenaire
Poétesse émérite
Qui m’a permis d’écrire
La série RAG
Je suis comme un mur couvert de fleurs
Peu de gens connaissent la poterne cachée
Qui donne accès à mon jardin secret
Des séries comme KYR ou RAG
Sont la poterne et le jardin
A bientôt les amis

RAG78

Polysémie ton nom est divin
Tu es l’âme de la poésie
Tu permets des associations d’idées
Inattendues et fines
Et même mystérieuses
Tu favorises la musique

Nous parlions de partage
De quel partage s’agit-il ?
Dans des temps anciens
Les chasseurs étaient des hommes
Les cueilleurs des femmes
Les femmes ont inventé l’agriculture
D’autres partages ont suivi
Cette histoire est inouïe

La polysémie doit passer du divin au sacré
C’est à dire être institutionnalisée
A partir de définitions précises
Dans une langue bien faite
Il n’y a pas de synonymes
Le futur n’est pas l’avenir

RAG77

Je ne sais rien de rien
Je ne sais rien sur rien
J’en suis content
Je ne sais rien du plancher ni des oies
Cele ne me convient pas
Rien c’est rien un néant
Ou bien rien c’est quelque chose
Le néant soit qui mal y pense
Le néanderthal est tout à fait humain
Quelque chose n’est rien à côté de l’immensité des choses
Ce vieux monde est notre héritage
Son partage sera-t-il à l’avenir fraternel ?

RAG76

Le cadran solaire a besoin du soleil pour dire l’heure
Je ne déteste pas monsieur de la Palisse monsieur de l’heure lisse
j’aime les refrains que poussent mille gosiers pour me réveiller
C’est après l’aube que mon cadran s’anime
L’air a perdu sa pureté de lys
Les nuages blancs accompagnent l’azur
Après les nuages d’apothéose volés à l’aube rose
J’aime aussi que dans son sempiternel retour
Le cadran ne marque pas les années qui vieillissent
Mais les quatre saisons qui rajeunissent

RAG75

Le beau temps c’est aussi la pluie
Sur un air de mélancolie
L’herbe court et se courbe dans la prairie
Les bois ne s’endorment pas
Les fleurs se penchent sur les buissons
L’averse va plus vite que l’instant
Rares sont ceux qui disent qu’il fait beau
Sauf les grenouilles
La pluie fortifie la nature
Quand le soleil est de retour

RAG74

Aujourd’hui le ciel rit l’orage s’est enfui
Les rayons dorés restent droits glissant entre les arbres
Créant une clairière argentée
Les buissons frissonnent Un arbre git brisé
Un écureuil pleure son logis
L’eau de pluie a fécondé son monde
La mort se fait oublier

RAG73

Sans couleur vive
Les nuances sont exquises
Du mauve le ciel glisse au rose
Irisé le mur murmure
On ne sait quoi
L’âme au loin se gargarise
D’un rêve enfin réalisé
Même nos plaintes nous grisent
A l’heure de velours
Mais l’angoisse gagne les plantes
L’eau qui dansait s’alanguit
Le rêve d’or s’est enfui
L’ombre un temps reste brûlante

RAG72

La lueur lunaire veloute les troncs
Des chênes et des aulnes
Le banc de pierre est toujours là
Le printemps lance un parfum d’espoir
Qu’elles sont jolies les feuilles nouvelles !
Que fait là cette couleur d’émeraude ?
Tout se ride d’un frisson
La couleur est devenue d’horizon
Les fleurs penchent
Une immense lune envahit le ciel
Et bouche l’horizon

RAG71

Les roseaux sont frileux
Ils tremblent
Le ver luisant sert de veilleuse
L’heure est silencieuse
Sauf pour le hibou
Seul à voir dans le noir
La lune est nouvelle
Il n’y a plus de couleur
Une odeur fraiche
Monte du gazon