BLL116

Nul être humain ne peut prétendre être le centre de l’univers
Tout être humain dot être le centre de son univers
Cette contradiction est indépassable
La bêtise humaine est infinie et elle seule donne à l’humain une image de l’infini
Le corps humain est un microcosme
Les lèvres bleues les côtes changeantes
Ses contemplations sont lugubres
Des monstres hideux surgissent
Ils pondent des oeufs contre-nature
L’énorme serpent cornu écailleux venimeux
Se rue sur l’humain dont il est issu
Conflit de logiques conflit de légitimités
Combat d’envies de jalousies énorme
Sans fin
L’oiseau-roc s’envole sans férir
Pour porter au loin sa parole empoisonnée

BLL115

Devant l’avalanche de critiques provoquée par les propos du diable dans BLL114, nous tenons à répéter que nous ne sommes en rien responsables des déclarations de celui qui se fait le porte-parole, l’avocat du diable qui pour nous n’existe pas.
Cependant, pour des raisons légales, nous donnons la parole une dernière fois au « diable » :
« L’être humain est une illusion prise dans des illusions qu’il rend illusoires. Rien ne lui résiste, ni la matière la plus solide, ni ses sentiments les plus fermes.
Il y a des illusions nécessaires, indépassables au niveau de l’expérience commune, c’est le temps et l’espace ou mieux l’espace-temps. L’hindouisme classique parle de l’Illusion, Maya. L’être humain truque les illusions qu’il ne cesse de créer, les rendant illusoires.
L’être humain est inconséquent, ce qui ne va pas sans conséquences. il est ignorant et prend l’ignorance pour un savoir.
Incapable d’unité, il prend la dualité uniquement pour un conflit, par exemple dans le rapport Femme/Homme. Il arrive à faire de la source de la vie, le sexe, une fontaine des horreurs.
J’aurais encore beaucoup de choses à dire, mais je ne veux pas abuser de la patience d’êtres humains qui en manquent tant. »
Au nom de BLL rappelons que selon nous le diable au mieux a en partie raison, mais qu’il est exclusivement négatif, ne dispose que de vérités partielles qui sont autant d’erreurs.
Là où nous sommes d’accord, c’est que les apparences sont trompeuses, mais qu’elles seules sont vraies. Quand nous regardons une oeuvre d’art et qu’elle nous émeut, nous avons rapport avec l’essentiel sans que nous quittions les apparences et sans savoir ce qu’est l’essentiel.

BLL114

Le diable s’exprime en exclusivité sur B.L.L.. L’événement est suffisamment rare pour être salué :
« L’être humain ne connait et respecte que la mauvaise volonté sous le couvert de la bonne
Ce qu’il appelle bonne volonté est hypocrisie pure
Tout être humain joue la comédie, se ment à lui-même, est égoïste
Tout être humain est envieux
Penser ne lui est pas naturel
Penser est un artifice de plus, une comédie
L’être humain n’est pas fait pour comprendre, pour connaître
L’être humain adore condamner ce qu’il ne connait pas, ne veut ni ne peut connaître
L’être humain est condamné au désespoir, y compris par ses fausses espérances
L’être humain est trop animal pour ne pas être bête
L’être humain ne se connait pas lui-même
Médiocre et limité, il n’aime que l’excès
L’être humain n’est que vanité
L’être humain vit un enfer sur terre »
Bien évidemment le diable est le seul responsable de ses propos

BLL112

La vie fait de la vie son délice
La femme délivre un message
Rien ne sort de l’abîme désolé
Les enfants sont des géants
Les géants sont des enfants
Les trolls refusent du monde
Soyons subtils comme serpent au paradis
Sans sensation sans désir sans émotion
La raison n’a pas d’idées
La raison voit souvent par trois
Laissant place à l’inconnu
Aux limites du connu
La danse de la pensée
Allume les feux
Qui ne sont pas encore la lumière
Eternité sur éternité
Les éternités différentes
La vie divise et rassemble

BLL111

Certains d’entre nous
Sont des cerfs-volants
Qui tutoient le ciel
En toute modestie
Ils sont reliés au sol
Par un fil ténu
Il faut bien que quelqu’un
Tienne celui-ci
Nous avons tous
Notre tâche à accomplir
Les plus modestes
Peuvent être les plus importantes
Par exemple celles des parents
Vis-à-vis des enfants petits
Qui ont tout à apprendre

BLL110

Rien ne se juge a priori
Tout s’expérimente
Les humains s’entretuent
A coup de préjugés
Honte humaine
Trop humaine
Laissons à chacun sa chance
On a souvent de bonnes surprises
Ainsi la femme naguère humiliée
Qui couvre aujourd’hui un terrain extraordinaire
L’ordinaire est extraordinaire
Rendons-le heureux et fructueux
Tout choix est risqué
Nous aurons souvent l’embarras du choix
La première liberté est de choisir

BLL109

Ne tombons pas dans l’abîme
Fuyons la non-entité
Qui n’est absolument rien
Faisons face à l’éternité
Qui est tout
Apprivoisons le feu
Âme du temps qui maîtrise l’espace
Depuis des milliers d’années
Nous craignons l’espoir
Au prix du désespoir
Nous nous reposons au bord du gouffre
Nous sommes aveugles devant l’essentiel
Nous regardons sans voir
Un souffle qui passe nous fait tomber plus bas
Remontons la pente démentielle
L’espoir rationnel est toujours plus haut
Il n’est pas inaccessible

BLL108

L’infini s’est élargi
Pour annoncer l’avenir
L’esprit pénétrant la matière
Les effets sont plus nombreux
Quand les causes le sont
Le mal du monde ne vient pas des dieux
Dont la forme est humaine
Les faux prophètes créent la ténèbre
Avec de la lumière
Mettent des ombres des fantômes des leurres
En cachette de l’être
Dont nul n’est propriétaire
Place aux cieux qui fourmillent d’étoiles
Aux atomes qui se multiplient
Pour créer ce qui est
Au feu qui anime l’âme éternelle
Les maîtres du monde ne le sont pas d’eux-mêmes
La liberté humaine s’imposera d’elle-même
La lumière sera partout créatrice d’ombres saines
A chacun son génie dont beaucoup seront beaux
La moindre chose sera un chef d’oeuvre

BLL107

Tout se tait
Tout s’est tu depuis un long moment
L’éternité roule et tangue
La lumière disparait
Le premier homme cherchait
En vain son chemin
Les montagnes épouvantées
Regardaient tremblantes
L’humain se tromper
Commettre déjà des crimes
Les animaux sauvages le fuyaient
Une idée lui traversa le front
Il se mit à labourer
A semer à planter
Le premier paysan

BLL106

L’ombre ne cessait de grandir
Plus forte que les hurlements
Plus forte que les blasphèmes
Plus grande que les montagnes
L’espace entrait dans cette forme noire
Sur son front apparut un étrange levant
Des forêts grimaçaient ici ou là
Eau terre air feu rivalisaient
Pour la matérialiser
La foudre galopait alentour
Lions et vaches couraient
Le long de ses doigts difformes
On vit des migrants demander leur chemin
La forme s’effondra sur elle-même
Avant d’être tout à fait humaine
D’aucuns crurent l’entendre
Promettre son retour