BLL16

Sur les cendres du monde
Brillait la dernière source
Un homme qui se croyait immortel
Ne voulait pas être dépendant de l’eau
Il mura la source
Un convoi se mit en route
A la recherche du premier principe de la vie
Le faux immortel se mit à sa poursuite
Aidé des faux frères
Ils transmettaient de fausses nouvelles
Vint le moment où ils eurent soif
L’alcool ne suffisait plus
Ils commencèrent à s’entre-tuer
La Furieuse broya leur crâne
En garda un celui de l’immortel présumé
Elle prit plaisir à y boire un peu d’eau
Il n’est jamais mauvais
De boire un peu de principe

BLL15

Le prince dort sous sa tente
Les feux sinistres brillent alentour
Deux guerriers se lèvent
Se glissent silencieusement
Sous la tente décorée de trois lions
Le petit prince les attendait désarmé
Il leur aurait dit : « Un arc est bandé dans le ciel
Il menace mes assassins… »
Les guerriers le tuèrent à mains nues
Puis brandirent sa tête à l’entrée de la tente
Ils hurlèrent leur exploit
Et invitèrent l’armée
A se choisir un roi
Leur orgueilleuse voix dut se taire
Une terrible rafale balayait
La mer soulevée
De la plus forte vague surgit un dragon
Qui menaça l’armée
Celle-ci n’en eut cure
Mais décida de lever le camp
Immédiatement

BLL14

Le vieillard faisait face à sa maison superbe
Un noble pavillon à colonnade grecque
Il criait : « Ma garce de femme
Est partie avec le voisin !
Rien elle n’aura plus rien ! »
Son fils lui parlait doucement :
« Papa calme-toi
Maman reviendra
Elle est déjà partie… »
Du ciel tomba une voix de femme :
 » Vieillard répugnant vieux crouton
Vieux débile vieux débris
Je préfère la compagnie des anges
Fussent-ils cruels comme la mort
Ces enfants de l’abîme vorace
Qui ressemblent trop à notre fils »

BLL13

Le jardin de géants
Accueillait à l’habitude
De charmantes sorcières
Aujourd »hui comme hier
L’une d’elles buvait une bière
Au bar du jardin
Bien malgré elle une odeur de guerre
Monta de ses vêtements
Sa robe flamboyante
Terrorisa une petite foule d’enfants
Elle flana seule dans le ciel
Prisonnière de son rôle
Elle cria d’une voix étrangère
Qu’elle allait se vêtir
De la robe du ciel
Elle s’engloutit dans l’azur
Une seconde sorcière
Toute de noir vêtue
Vociféra : « Où allons-nous
Si les sorcières patentées
Ne savent plus se tenir
Par pure coquetterie ? »

BLL12

Un ancien roi est rapporté
Avoir construit un temple
En forme de serpent
Celui-ci fut détruit à sa mort
Certains le cherchent depuis lors

L’homme né de la terre
Veut y revenir
La porte de la terre
Est le temple serpent
La pensée a changé l’infini

Le temple est un piège
Pour gens intelligents
La flamme qui brûle perpétuellement
Au fond du temple serpent
Est nourrie par les forêts éternelles

La terre n’est plus la terre
Mais une planète parmi d’autres
Le ciel est un océan
Qui engloutit tout
Sauf la chair humaine
Qui refuse le temple

BLL11

L’enfant petit
Fut délaissé par sa mère
Qui lui préférait son chien
Et fouetté par son père
Qui n’aimait que la manière forte
Il prétendait qu’elle stimule les sens
Et renforce la raison
L’enfant avait du mal à marcher
A grandir
Il affectionnait la compagnie des insectes
Il en faisait collection
Il devint subtil comme serpent au paradis
Devenu grand dans des proportions raisonnables
Il décida de s’enfuir pour ne pas tuer ses parents

BLL10

Les géants se voyaient souvent
Dans leur jardin
Ils jouaient à la balle aux quilles
Glissaient sur un toboggan
Leurs désirs réprimés
Devenaient passifs
L’ombre du désir

Ils craignaient que leur messie ne soit Satan
Celui-ci aurait formé le ciel
A partir d’un abime
Leur raison approuvait la répression du désir

D’aucuns jugeaient que sans désir
La raison ne peut avoir d’idées
L’un d’eux était surnommé le borgne
Parce qu’il voyait des deux yeux
Tout et toute chose en trois
Le trois selon lui étant un néant créateur
Au minimum un résidu inassimilable
De ce qu’on croit connaître
Et qu’on ne connait pas

BLL9

L’envie la colère la lubricité
Règnent dans les fêtes
Principalement celles des riches

Les flammes du désir
Parcourent ciel mer terre
Elles s’organisent s’arment
Se déguisent joliment souvent

Les flammes s’élèvent à partir de la fureur
Elles ne sont refoulées que par le vide
Leurs pieds frappent les éternelles remontrances
Leur danse roule
En rivières d’incandescence
Leur danse tourne
Refoulant la Ténèbre
Ses fantômes ses ombres
Leur danse est feu
Entre feu et feu
L’indignation est ardente
De cette foule de feux
Ne nait aucune lumière

BLL8

A
L’homme n’a pas de religion
Il est un animal pourvu de langage
Il perçoit ce qu’il a déjà perçu
Il voit l’univers à son image
Ses perceptions sont organiques
Il en va de même de ses désirs
Conclusion :
Perceptions et désirs de l’homme sont sensoriels
Il en va de même pour ses concepts et ses idées les plus abstraites
B
Les perceptions humaines vont au delà des sens
La raison progresse
La raison humaine est le seul facteur de progrès
Les possibilités de la raison sont illimitées
La raison ne se suffit pas de son territoire borné
L’homme est limité son ambition n’a pas de limites
Son désespoir est naturel
Sa rationalisation est divine
C
Il n’y a de connaissance que des sens, donc de l’expérimentation
Le sens des sens s’appelle Poésie
La poésie réunit tous les hommes séparés par leur corps
La poésie s’égare dans les spéculations méta-physiques
L’esprit humain ne parcourt que les terrains qu’il connait déjà
Toutes les religions ont la même origine sensorielle
Le génie poétique est la source de toute pensée

Rappel : L’homme est pourvu de langage parce qu’il est un animal social, il ne vit qu’en société, les sociétés humaines sont de plus en plus complexes…

BLL7

1
Les affres de l’espoir
En ont tué plus d’un
Le troisième âge parfois
Se passe dans un état
De lugubre malheur
2
Les sphères jaillirent
Montèrent en spirales
Les étoiles frémirent
Certaines se révoltèrent
D’angoisse non maîtrisée
3
L’espace ne se divise plus
En de multiples existences
Il suscite l’horreur
Dans la dernière âme pensante
4
La pitié divise l’âme
Plus et mieux que l’angoisse
Eternité sur éternité
La vie divise et se divise
5
Le prophète invisible
A prévu le passé
La séparation est sombre
L’espace séparé
Se régénère et triomphe