Pot38

Je croule sous les codes
Je n’ai pas la moindre idée du nombre de codes dont je dépends
D’abord pour rentrer chez moi
Pour me faire soigner
Pour payer mes impôts
Pour avoir une identité tout simplement
Je comprends l’angoisse des migrants qui n’ont pas de code, qui ne connaissent pas les codes
Ses « papiers » sont pour un migrant sa nouvelle maison

P.S : Ce texte renvoie au blog de mon épouse Régine Dhoquois-Cohen. L’accès le plus certain en est : Google. Régine Dhoquois-Cohen. Blog

Pot37

Qui se souvient ?
Qui se souvient de Sylvain ?
Il n’était pas maréchal des logis
Il n’était pas maréchal putain
il était Maréchal
Sylvain Maréchal
Qui se souvient de Sylvain
Qui pensait si bien ?

Pot36

Il y a des bornes kilométriques
Qui sont des triques toutes seules dans le noir
Un homme qui se croit important
Prend ses mesures pour la postérité
Il rêve de costumes de pierre qui soient bien taillés
il n’a que faire des bornes Non qu’il ne soit borné
C’est le genre à peu manger à table Il se saoule tout seul
Il fait croire que sa famille est bonne
Selon lui les nénuphars sont instantanés
Ainsi que les bornes kilométriques
Il n’aime personne personne ne l’a aimé

Pot35

Une dame allongée sur une chaise longue
Montre allègrement ses seins ses jambes
Son visage est caché par un grand chapeau
Elle attire une petite foule
Ses garde-corps la refoulent
La dame se lève difficilement
Sous les applaudissements
Elle ôte son chapeau
C’est une vieille actrice
Liftée fardée perruquée
On l’applaudit encore
Avec beaucoup de coeur

Pot34

Je ne veux pas aller à la pêche à la sardine
Elles sont trop nombreuses
Elles grossissent trop
Pas plus tard que mardi
Elles étaient huit à boucher le port de Sète
Je ne veux pas aller à la pêche à la sardine
Je veux bien aller à la chasse au thon
Parce que je dispose du marteau à thon
Dont l’autre nom est la marteau de Thor
Je marche au fond de la mer
Je vois un gros thon je lui lance le marteau
Il le prend dans sa gueule et rit
Je prends le marteau par le manche
Le thon rit déjà moins il n’aime pas les humains
Je ne veux pas aller à la pêche à la sardine
Je veux bien aller à la chasse au thon
J’aime bien la danse des sardines en boite

Pot33

Le principal ennemi de l’amitié est la mort
Il y a toutes sortes de morts
Des petites des grandes
Plus la Camarde
L’universelle destructrice
Nous savons plus de choses
Que nous ne le pensons
Une seule solution : l’intuition
Là où le raisonnement au carré échoue
La finesse le supplée
Souvent avec succès
L’intuition est un raisonnement
Qui ne se connaît pas comme tel
Qui ne connait pas ses règles
Suis ton intuition
Si tu la crois conforme à la raison

Pot32

Une hirondelle ne fait pas le printemps
Mais d’un tremblement d’ailes
Elle suscite peut-être un raz-de-marée
A l’autre bout de la terre
Je ne tremble pas quand je vois
Un papillon battre des ailes
L’univers a des lois universelles
Dont certains effets
Sont singuliers

Pot31

Quel jour sommes-nous ?
Un jour comme tous les jours ?
Nous sommes tous les jours
Nous ne sommes rien ou si peu de choses
Nous nous aimons maladroitement
Comme toujours
Nous ne savons pas ce qu’est la vie
Nous ne savons pas ce qu’est le jour
Nous nous aimons comme tous les jours
Nous sommes tous les jours

Pot30

Rouge immense la lune
Fait semblant d’éclairer
Une fin du monde
Qu’est toujours la fin d’une journée
Une fille nue persiste
A se baigner dans la mer
Le soleil amer a disparu
Je ne vois qu’une chose à faire
Si je ne veux pas disparaitre
Te rejoindre dans la mer

Pot29

La folie de Nietzsche
Etait nécessaire dans sa philosophie
Au delà du Bien et du Mal
S’ouvre un nouvel univers
Un cataclysme
Des abimes pour lesquels
Nous n’avons pas de repère
Nietzsche a été dévoré par sa découverte
Cet hardi explorateur n’a pas eu la force
De revenir
En deçà du principe de plaisir
Et du respect de la loi morale