Pot28

Que sais-je ?
La formule de Montaigne
Devrait s’imposer à toutes les âmes pensantes
Elle signifie sans doute
Que quoique nous ayons vécu
Quoique nous ayons pensé
Nous nous trouvons
Face à un grand désordre
De la pensée et du vécu
Ce désordre exceptionnel
Est celui offert à tous les humains
S’ils ne remettent pas en cause
Leurs convictions les plus chères

Pot27

La seule chose que je sais
Est que je ne sais rien
Cet adage socratique
Peut être interprété
De bien des façons
L’une d’elles est que nous en savons trop
Qu’un grand désordre s’installe
Dans nos pauvres têtes
il est urgent de rebrousser chemin
Pour repartir à l’assaut
De la montagne du concept
A partir de ce rien
Qui n’est pas rien

Pot26

Salut l’oiseau !
Salut l’oiseau qui crie et celui qui chante
Salut l’oiseau noir l’oiseau blanc
Salut le petit salut le grand
Et peut-être surtout le moyen
Salut l’oiseau de mer l’oiseau des villes
Que sont mes pauvres moineaux devenus ?
Je préfère peut-être entre tous les oiseaux
Les deux petits que j’ai vus de très près
Celui qui cassait une noix sur le sol pierreux
Ou bien celui qui d’un air très sérieux
Me regardait à deux mêtres sans me voir

Pot25

Dans l’écriture se cachent
Bien des secrets et des lieux-communs
Bien des on-dit et des vérités premières
Des mystères oui des mystères
Où la raison se perd dans ses propres sables
Dans nos écrits on trouve
Ce qu’on veut dire et ce qui nous échappe
Ce qui est vrai et ce qui est faux
Mais l’écriture c’est surtout
Des mots des mots

Pot24

Idéal :
Je me réveille à six heures moins le quart
Je nourris le chat C’est son exigence
Je regarde deux trois clips musicaux
A six heures je passe à une émission européenne d’information
A six heures trente je zappe pour une chaine française
A sept heures pour une autre
Je me suis habillé avant sept heures
Entre sept heures et demie et huit heures et demie mon épouse bien-aimée réclame son petit déjeuner du café et des biscuits
C’est pour moi le meilleur moment de la journée
Entre sept heures et demie et huit heures et demie je zappe paisiblement sur mes chaines préférées en particulier de cinéma
Dès sept heures au plus tard j’ouvre mon ordinateur et Facebook
C’est normalement après sept heures et demie que je laisse place à mon blog

Pot23

Fille de fer et d’acier
Je n’aime pas les musées
J’adore les bois les prés
Mon cheval alezan
Tout ceci est plaisanterie
J’aime avoir une vie
Régulière et simple
Je ne connais que les bouts de zan
Je n’ai aucune envie de monter à cheval
Je vis avec un homme
Un tantinet abruti
Comme tous les mâles
Je suis la fille de fer et d’acier
Dont le mâle n’est pas peu fier

Pot22

Ecoutez bonnes gens
La complainte
Ecoutez braves personnes
Des deux sexes
De toutes conditions
De toutes vocations
De toutes convictions
De tout âge
La complainte qui n’est pas une plainte
La complainte de l’orphelin
Qui a eu des parents
De bons parents
La complainte de l’époux
Qui n’a pas grand-chose à reprocher
 son épouse
La complainte de l’homme
Qui a vécu
Qui a vécu une simple histoire d’homme

Pot21

Venez donc dans ma maison
Je vous accueillerais d’autant plus à l’aise
Que je n’ai jamais eu de maison
J’ai habité chez mes parents
Je les ai quittés pour mon épouse
Aujourd’hui je vis chez ma femme et son chat
J’ai droit à deux coins de table
A ma place dans le lit conjugal
Je suis bien où je suis
Là où on me met
Surtout si je vis avec un chat
Plein d’appétit de joie de vivre
Et la femme que j’aime
Même quand je suis déçu par l’amour
Pour un moment

Pot20

Il faut des geôliers à l’amour
Sinon il s’en va pour toujours
L’amour est une prison
Surtout pour ceux qui s’aiment
S’ils peuvent s’évader
Ils disparaissent pour toujours
L’amour est une folie
Elle n’est pas douce Elle est brutale
En dépit des serments
Echangés pour toujours
Qui sont ces geôliers méritants ?
Ils s’appellent tendresse amitié
Désir de bonheur respect de la joie divine
Celle de la raison
Qui respecte toujours l’amour

Pot19

Femmes et hommes
Se rencontrent
Imitant la mer les vagues
Puis se retirent comme la marée
Tu remues tu cries en rêvant
Tu t’imagines pataugeant
Au milieu des sables mouvants
Je te sauve en t »embrassant
En te parlant doucement
Dans tes yeux entr’ouverts
Je retrouve la mer
Rougie par le soleil couchant