K.Y.R.49

« Il fait beau… »
Expression qu’on répète
Quand la saison est jolie
L’enfant vit
Rit fort Crie encore plus fort
Qu’il règne sans partage
Au nom de son petit bonheur
Grâce à lui minuscule
Nous nageons dans une joie
Intense et imprécise
Souveraine impalpable
Devant elle nos mots
Paraissent chétifs et misérables
Pour supporter le bonheur
Il faut rester modeste au chaud
Ne nous découvrons pas
Avant l’heure dite
Qui change chaque année
Chaque minute

K.Y.R.48

Avez-vous déjà pensé que le printemps rit
Ainsi qu’un refrain de chanson douce ?
De chanson tendre ?
De ma fenêtre je regarde la rue
Elle ressemble au décor d’un film
Qui ne commencera jamais
Les figurants sont nombreux
Dont un jeune fille à vélo
Je vais sortir
je ne me verrai pas d’en-haut
Marcher dans la rue
Marcher d’un bon pas
Evitant les poissons
Je veux dire les passants

K.Y.R.47

Pourquoi vous présenter désormais un choix
De poèmes dépareillés ?
De petites aventures de ma vie ?
J’aurais peut-être du
Ëtre plus rigoureux
Sommeil et froid gèlent souvent
Les fleurs mouillées
Beaucoup de mes souvenirs
Sont désormais des étrangers
Je crains que les choses ne meurent
Non la vie va se réveiller avec des rires

K.Y.R.46

Tu rougissais de façon si maladroite
Et si exquise sous mes baisers
Ton chant d’amour et d’allégresse
Respirait notre jeunesse
Aujourd’hui tu ne rougis plus
Tu chantes moins
D’une voix atone
A vrai dire je te désire moins
Une autre forme d’amour
A remplacé la première
Plus douce plus tendre
Forte de la vie quotidienne
Forte de nos habitudes
Nous avons tant en commun
Tout un passé dont nous sommes fiers
Un présent qui le confirme
Pas seulement un chat un chien
Un appartement des occupations
Mais surtout une enfant

K.Y.R.45

Mon erreur ma folie
Ont été de te charger de toute ma vie
Mon existence si pesante
Que j’en étouffe
Comment ai-je pu penser un instant
Que je pouvais
Que je devais enfermer
Mon monde misérable
Derrière tes grands yeux ?
J’ai réagi à temps
Mon univers n’est qu’à moi
Je peux t’y faire participer
Il reste ma propriété

K.Y.R.44

Le bonheur n’est pas accessible
A toutes sortes de gens
Beaucoup sont pauvres sans espoir
Malades misérables
Certains comme nous n’ont pas d’excuse
Nous avons tout pour être heureux
Assez d’argent pour mener une vie confortable
Un statut pour mener une vie honorable
La santé pour goûter nos amours intermittentes
Si nos âmes restent célibataires
Nous ne sommes pas faits pour l’amour
Pour le bonheur

K.Y.R.43

Le passé a son charme
Je me souviens de ta timidité
De tes pudeurs
A présent devant moi tu te déshabilles
Comme si de rien n’était
Comme si tu n’avais rien à montrer
Tu craignais la lumière
Tu te montrais à l’ombre
Tes baisers étaient candides
Je ne te possédais jamais toute entière
Aujourd’hui où tu fais semblant
D’être toute à moi
Je te possède encore moins

K.Y.R.42

Tu me reproches d’avoir ce soir
Des yeux battus des yeux mauvais
Je pense à des choses très anciennes
Je pense même à des robes des coiffures
Les changements ne sont pas très notables
Il y a moins de fleurs sur la table
Je ne voudrais pas que tu deviennes
Une femme comme les autres femmes

K.Y.R.41

Je suis seul à mourir
Loin de toi
Au revoir ma tendresse
Adieu tendresse !
Pense tu encore à moi à nous ?
Je voudrais t’envoyer mon coeur
Malade et triste à pleurer
Je t’envoie aussi mon désir
Nos amours éternisées
Je t’envoie enfin un seul baiser
Un souffle sur ta bouche

K.Y.R.40

Tu as tort !
Tu as tort puisque je te dis que tu as tort
Tu ne sauras jamais à quel point tu as tort
Et tu sais que le tort tue
Tu ne ris pas tu pleures
Tu t’évertues à pleurer
Tu es en plus de mauvaise foi
Oui bois de l’eau
A cause de toi tout est à l’eau
Ne pleure plus
Prends mon mouchoir puisque tu n’en as plus
Je déteste les mouchoirs en papier
Tu veux un petit baiser ?
Tiens le voilà tu vois
C’est toujours moi qui cède