K.Y.R.39

Au bout d’un coup de fil décevant
Tu m’es apparue désespérément lointaine
Je me suis retrouvé
Le téléphone en main
Seul perdu avec ma peine
J’imaginais ta voix
Parcourant dans un souffle
Champs plaines collines villes
Tout cela pour rien
Je suis là paumé
Comme jamais
Je ne suis pas sûr de savoir
T’écouter

K.Y.R.38

Seul allongé dans l’ombre
je pensais délicieusement à toi
Que j’attendais d’un moment à l’autre
Ton appel tinta
Mon sang s’arrêta
Tu parlas je t’entendis
Tes pauvres mots semblaient venir du bout du monde
Ta voix semblait à peine la tienne
Tu finis par dire
Que tu aurais à peine une heure de retard
Tu raccrochas
Je n’avais pas eu le temps de rien te dire
Allongé à nouveau
Il me fallut peu de temps pour penser à toi
Comme avant ton coup de fil
Je t’offre ce petit poème
Pour rien pour pas grand chose
Car notre vie
C’est aussi peu de choses
Une petite chose

K.Y.R.37

Je te vois bien au milieu de ton groupe d’amies
On t’apporte une lettre
Tu vérifies d’un regard
« Ce n’est rien … Je la lirai plus-tard… »
Cette lettre c’est la mienne !
C’est ma lettre quotidienne !
Tu penses que je t’écris trop !
Souviens-toi de ce qui se passe quand tu penses
Que je ne t’écris pas assez
Tes cris tes pamoisons !
Je pense vois-tu que tu n’es pas assez rationnelle
Je ne me juge pas assez fort
Pour t’amener à la raison

K.Y.R.36

Tu m’as écrit deux pages
Je t’en ai écrit quatre
J’ai oublié un post-scriptum
Ne m’oublie pas
Surtout ne m’oublie pas
Ta robe nouvelle
Je préfère que tu la gardes pour nous
Je suis superficiel
Je suis superficiel à tout va
Je sais trop ce qui se cache derrière nos façades
Quel tas de gravats de cendres d’immondices !
Je préfère mener une vie tranquille
Avec toi dans notre île

K.Y.R.35

Quand tu n’es pas là
Depuis un certain temps
Les choses que je remue
Comme les armoires les portes
Font un bruit bizarre
Je ressens parfois un malaise
Comme la pluie autour d’un rendez-vous manqué
Un rire d’enfant devient lugubre
Je m’arrête pour t’écrire
Je n’ai rien à te dire
Ce que j’ai à te dire ne se dit pas
Comme les parfums d’un jardin après la pluie
Ce que j’ai à te dire ne se dit pas
Sans le timbre de voix le regard le sourire les gestes
Je n’arrive pas à mettre mon être mon essence
Dans ma rhétorique
Même pas un pan notable de mon existence
A mon bavardage
Il manque toujours ta réplique

K.Y.R.34

Je t’écris une lettre
Un mois Un mois sans toi
C’est long tu sais
Je me crois plein de courage
Ma peine se traîne
Elle me poursuit dans l’appartement
L’ennui Ah ! L’ennui !
La chambre est comme morte
Sans ton ordre et ton désordre
Sans tes baisers
Sans ton parfum
Mais la peine est plus forte que l’ennui

K.Y.R.33

On vit on aime
On prend plaisir on souffre
Ensemble tous les deux
Pourtant on se ressemble bien peu
il suffit d’une querelle infime
Pour qu’entre nous
S’ouvre un abîme
Au mieux on se comprend à demi
Si tu étais un homme
Serais-tu mon ami ?

K.Y.R.32

Je suis moins fier de ma mémoire
Qu’il ne m’est arrivé de l’être
Mon souvenir vivant c’est toi
Parfois je retrouve un trésor
Que je croyais perdu
Ainsi aujourd’hui une plage
Du vent de l’air presque tiède
Nos baisers sur les dunes
Tu peux montrer tes photographies
Tes cercueils tes sarcophages
A nos amis qui hypocrites
T’en diront grand bien
Je préfère la spontanéité de ma mémoire
A tous tes documents
Pourtant de nous deux c’est moi l’historien

K.Y.R.31

Cache ces photos ! S’il te plait !
Tu dis qu’il s’agit de notre mémoire
Mes souvenirs sont bien plus beaux
Sur ces clichés tout est étriqué
Le passé le plus charmant
Est dépouillé de sa musique
De ses parfums
Tandis qu’un petit détail bête
Le fait revivre en entier
Dans ma mémoire
Qui sait si bien oublier
Certes tout autour est brouillé
Il n’y a plus guère de décor
Mais l’instant rappelé
A gardé son goût d’amour

K.Y.R.30

Je suis né fatigué
C’est du moins ce que disait mon père
Je sais que parfois tu penses comme lui
Toi aussi tu n’es pas juste avec moi
Quand tu me fais du mal
J’aimerais bien te le rendre
Je souffrirais plus que toi
Je me souviens j’ai essayé une fois
Tu as supporté sans ciller
Ma longue bouderie
Mon silence obstiné
Mes regards durs comme du marbre
J’ai compris que tu es plus forte que moi
Ne profite pas trop de ma faiblesse