Tu dis que nous étions faits l’un pour l’autre
Je suis d’accord avec toi
Tu ajoutes dans ton langage si particulier
Que nous étions nés l’un pour l’autre
Tu ne penses pas à l’infinité de causes et d’effets
De circonstances de coïncidences
Qui ont été nécessaires
Pour que nous nous rencontrions
Souviens-toi que nous avons vécu seuls
Séparés sans le savoir
Egarés
Nous aurions pu ne jamais nous rencontrer
Et même quand nos regards
Pour la première fois
Se sont croisés
Ils auraient pu ne pas se comprendre
Tu aurais pu ne pas sourire
Tu parles de destin de chance
Là où il n’y a que hasard
Hasard heureux j’en conviens
Le bienheureux étant que je n’ai jamais
Rencontré quelqu’un comme toi
Avant toi
K.Y.R.8
Voici le grand moment du soir
Où tu te blottis contre moi
Le moment du calme avant la tempête
Eventuelle
J’ai besoin de caresses très douces
Très tendres
Pas de celles qui excitent à foison
Ce soir je t’aime trop pour te parler d’amour
Ce que je préfère c’est que tu me presses
Contre tes seins
Images de maternité présente
Avant qu’ils ne deviennent frémissement
De la chair
Ce n’est pas mon habitude de te demander
Quelque chose
Mais ce soir je dois avouer que j’aimerais bien
Que tu me serves un petit whisky
Avec des glaçons
K.Y.R.7
Je suis parfois à la marge
Quasiment borderline
Mais c’est mon secret
Mon monde secret
Je suis très religieux
Au sens où l’homme est un animal religieux
J’ai un rapport religieux
Avec la Nature
Avec la Femme
Avec le principe des principes
Le Temps la temporalité la durée
Selon Héraclite le Feu
Je suis religieux sans religion
J’ai horreur des dogmes
Je me veux libre
Religieux et libre
Je suis athée
Dans la pratique je suis matérialiste et athée
Je suis un historien
Modeste devant la diversité des histoires
K.Y.R.6
C’est à tes parents que tu dois ton premier voyage
J’aurais aimé diriger tes débuts
Ce n’était pas possible évidemment
Cette manie aussi de m’occuper de tout
C’est touchant cette photo de toi
Avec un grand chapeau
Ce chapeau a-t-il tant compté pour toi
Que tu me le montres avec attendrissement ?
Et cette autre photographie
Où tu n’es même pas belle ?
Oui j’aurais voulu te présenter les aubes
Les étés les villages
Notre Terre
Tu as commis l’irréparable
Naitre sans moi vivre sans moi
L’ennui avec ces petits poèmes
Que l’on croie que je parle de moi
Tandis que je parle de moi
Avec un autre dont je tairai le nom
Longtemps
K.Y.R.5
Je suis coupable
Je suis né coupable
Ma maîtrise si relative du doute
M’en a persuadé
Je suis né coupable
Je suis si limité
Je suis si maladroit
j’ai de mauvaises pensées
Contraires au bon ordre établi
J’étais mignon petit garçon
Méfiez-vous de l’eau qui dort
Je n’ai pas fait grand mal
J’ai plutôt voulu le bien
Grâce au doute j’ai bien réfléchi
Avant de faire quelque chose
Le problème est que je n’ai pas fait grand chose
A croire que je ne suis pas doué
En dehors de mes autres défauts
K.Y.R.4
« Connais-toi toi même »
Bel adage socratique
Qui signifie que nous ne nous connaissons pas nous-mêmes
Notre condition intime est faite
De tant de nerfs et de neurones
De tant de muscles et d’hormones
De tant de souvenirs et de rêves
Je ne me connais pas moi-même
Je ne te connais pas toi-même
Toi aussi tu as un passé
Plein d’évènements petits et grands
Les évènements les plus importants
Ne sont pas ce qu’on croit
Tu es jolie sur cette photo de ton enfance
Plus jolie qu’aujourd’hui
Ta vie ne fut pas toujours gaie
Tu me parles tu te confies
J’ai une totale confiance en ta sincérité
Tu ne te connais pas toi-même
K.Y.R.3
Ne t’en va pas ! Ne t’enfuis pas !
Je suis si maladroit
Mes mots brutaux ne te visaient pas
C’est moi que j’invective
C’est moi que je vitupère
J’ai tendance à m’ennuyer
Si je ne me gronde pas
Tu crois tout naturellement
Que je t’en veux
Mais de quoi mon dieu !
Tu as des défauts comme tout le monde
Tu as tant de qualités
Je t’en veux de tes insuffisances
Je m’en veux surtout des miennes
C’est elles c’est moi que j’incrimine
Quand je te dis ce que malheureusement je t’ai dit
Reste !
Reste donc pour notre vie à deux
Ris !
Ris donc pour que nous reprenions comme avant
Je suis l’unique fautif
Des reproches que je te fais
K.Y.R.2
Si tu m’aimais et que je t’aimais
Je t’aimerais vraiment beaucoup
Je t’aime Je t’aime
Je suis fou je suis fou
Je dis des mots toujours les mêmes
Je t’aime je t’aime
Tu ries ! Tu me dis que je suis un clown !
C’est fou ça comme je n’arrive pas
A me faire comprendre
Pourtant toi aussi tu vis
Au travers des mots
Moi j’en ai besoin
Il faut que je comprenne
Que j’analyse
En ce moment j’aimerais bien être poète
Même si ça se fait de moins en moins
Non les baisers les étreintes ne suffisent pas
Pour une brève rencontre oui
Mais pour nous non
On se connait depuis trois semaines
Si tu disais que je dirais :
« Non pas je t’aime je t’aime
Mais toi toi oh toi ! »
Ce ne serait pas mieux comme ça ?
C’est un peu mieux ?
Tant mieux
K.Y.R.1
Tu as lu un gros livre savant
La journée entière au jardin
Il faisait beau
Tu n’étais pas du tout physique
Pourtant tu étais belle
Le soir nue et seule dans un grand lit
Tu t’es endormie gentiment
Avec des rêves plein la tête
De concepts informels
Et de jupes en éveil
J’ai l’air de quoi moi
Loin de toi ?
J’ai l’air de toi
Seul et studieux
Pourquoi tu me fais ça à moi
Qui t’aimes tant ?
Sous prétexte d’agrégation ?
Tu sais pourtant que ça ne te réussit jamais
De t’éloigner de moi !
Interruption très momentanée
Ma série E.P.O. est terminée. Elle m’a bien intéressé.
Je n’avais jamais été aussi loin dans la confidence simple, directe sous le déguisement poétique.
Les séries O.K., F.A.N. et E.P.O. m’ont appris beaucoup sur les possibilités de l’imagination à partir d’un grand texte initial jusqu’à une complète réinvention.
Dans la série K.Y.R. qui va suivre, inspirée par un poète bien oublié aujourd’hui après avoir eu beaucoup de succès, j’espère retrouver le même plaisir. Je n’en suis pas sûr.
Mais mes inspirations historiques et politiques sont faiblardes en ce moment, moment qui risque de durer longtemps. Allons pour la poésie, à mes risques et périls.