Devant les flots sans fin
La mer des faux semblants
Je prends la pose
Du héros romantique
Fier de lui
Admiratif des éléments
S’ils sont tourmentés
Je ne suis pas sûr de moi
L’essentiel me fuit
Il glisse insensiblement
Je pleure oui je pleure
Moi je pleure
A gros sanglots
Ne puis-je sauver de tous mes rêves
Un seul ?
Tout ce que nous voyons
Tout ce que nous croyons être
N’est-il en définitive
Qu’un rêve ?
Qu’un rêve dans un rêve ?
Au mieux qu’un petit cauchemar
Dans le plus grand des songes ?
E.P.O.29
Tu n’as pas tort lorsque tu juges
Que je ne suis qu’un songe
Tu crains que l’espoir ne se soit enfui
Illusion retournée à l’illusion
Je réponds qu’illusion ou pas
L’espoir est chose passée
N’avons-nous affaire
Qu’à des rêves dans le rêve ?
Ne sommes-nous
Quand on y songe
Qu’un rêve dans le rêve
Qu’une illusion dans l’illusion ?
E.P.O.28
Qui se souvient d’Annabella
La belle actrice ?
Qui se souvient des Annabelle
Du passé ?
Une Annabelle t’a aimé
Toi l’insignifiant
Vous étiez des enfants
Au bord de l’océan
Elle voulait juste un peu vivre
Elle était en vacances
Toi tu étais vacuité
Tu étais vacance
Tu faisais semblant de vivre
L’amour d’Annabelle
Etait plus fort que celui
Des plus sages d’entre nous
Je ne sais comment elle a fait
Mais d’un jeune crétin
Elle a fait quelqu’un de presque bien
Annabelle est pour moi une héroïne
Une héroïne du genre humain
Il y en a beaucoup comme elles
Qui se souvient d’elles ?
E.P.O.27
Enfant je pensais que « maman »
Etait le plus beau mot du monde
Je le pense encore même si
Je lui ai ajouté amour et amitié
Ma maman est morte
Ma maman est morte
Je ne sais si je l’ai assez
Aimée et respectée
Toi aussi tu es maman
Mère d’une fille adorable
Pas assez aimée
Comme cela arrive
Tu es sa maman
Tu l’aimes et la protèges
Maman signifie amour
Le plus bel amour sans doute
Qui puisse exister
E.P.O.26
Je me suis habillé de couleurs gaies
Pour chercher mon Eldorado
Uniquement aujourd’hui
Parce que j’ai d’autres choses à faire
Au soleil comme à l’ombre
Je voyage lentement
En chantant des chansons
Je n’ai rien d’autre à faire
Il parait que je vieillis
Et que je n’ai aucune chance
De trouver mon Eldorado
J’ai beaucoup à faire
Je rencontre enfin mon ombre
Je lui demande avidement
Ce qu’est l’Eldorado
Je n’ai plus rien à faire
L’ombre me répond gentiment
Que l’Eldorado n’existe pas
Que c’est un rêve un fantasme
J’ai d’autres choses à faire
E.P.O.25
La crise est passée
La langueur disparait
La fièvre de vivre
A la longue a pris fin
Je suis plein d’espoir
Je vais mieux et tu es là
On pourrait encore me croire mort
En me voyant tout allongé
Incapable de bouger
Gémissements plaintes
Soupirs sanglots
Sont apaisés
Mais mon effroyable coeur bat
Bat bat
La fièvre de vivre brûle à nouveau mon cerveau
J’ai soif
Ma chambre est obscure mon lit est petit
Ton parfum envahit la chambrette
Mêlé à celui des fleurs que tu as apportées
Dont des roses rouges que tu aimes tant
Et des violettes Ah ! les violettes qui te ressemblent tant !
Je me baigne dans ta chevelure
Tu m’embrasses tendrement
Je m’endors sur ton sein
Tes petits seins mignons
Le paradis de ton sein
Maintenant c’est ma poitrine qui est le paradis
Mon coeur est plus brillant qu’une étoile
La lumière est une pensée
Pour toi une tendre pensée
Mon âme mon amie
Mon amour
E.P.O.24
Je suis l’esclave de tes yeux
Ils m’embrasent et m’illuminent
Mon devoir est d’être sauvé
Purifié par tes yeux
Ils n’ont rien d’extraordinaire
Sauf qu’ils sont vairons et ronds
Ils m’emplissent d’espoir et de beauté
Tels qu’ils sont
Tels qu’ils doivent être
C’est que l’amour me porte jusqu’à toi
Fragile symbole éternel
Jusqu’à tes yeux Vénus
Que le soleil allume et n’éteint jamais
Ils les éclaire jusqu’au bout de la nuit
je comprends qu’on regarde toujours
Les femmes dans les yeux
E.P.O.23
Le lustre perlé de la lune s’éteignit
La mousse des sentiers la senteur des parterres
Le murmure des arbres disparurent
Toute parure fut sacrifiée
Rien ne fut de la sorte pour toi
Et uniquement pour toi
Comments se fait-il que tu prétendes
Ne pas avoir été là ?
Je me souviens comme au premier jour
De ton ombre gracile
Au coeur du jardin obscurci
De tes yeux je me souviens de tes yeux
Comme au premier jour
Je ne vis plus qu’eux seuls
Sous leur cristal céleste
Que de malheur ! Que d’espérance !
Quel orgueil ! Quel amour !
Tu te glissas loin dans le bois
Tes yeux voulurent rester
Tes yeux sont restés en moi
Pour me guider
S’ils ne sont tes yeux ton regard ?
Ceux de ta soeur ?
Impossible !
E.P.O.22
Le temps est un perpétuel maintenant
Qui change tout le temps
Ce n’est pas le moindre paradoxe
De l’Espace-Temps
Mince en robe blanche inclinée à demi
Elle était là maintenant
Je ne la vis q’une fois pendant si peu de temps
C’est l’un de mes plus beaux maintenant
La pleine lune comme une âme
S’élevait cherchant sa route
Elle portait un voile soyeux de lumière d’argent
Je préférais la simple robe blanche
Les visages se lèvent vers l’amoureuse lumière
Toi tu goûtais une rose sommeillante
Je te contemplais
Nous étions seuls toi et moi
Comment osé-je unir ses deux mots
Toi et moi ?
Toi et moi ?
E.P.O.21
Elles cascadent les vertus
Emportant les corps nus
Au gré de leurs désirs
L’ivresse est puissante
Moins que le tiède crépuscule
Qui tintinnabule
Ma gorge est rouillée
Qu’ai-je fait ?
Qu’ai-je fait ?
Mon timbre est assourdi autant que monotone
Je ne me sens ni femme ni homme
Je me sens si bête
Que je ne suis presque plus humain
Que se passe-t-il ?
Que se passe-t-il ?
Le péan des cloches est devenu un glas
Les cloches ?
Les cloches ?
Mais il n’y a pas de cloches ici !