E.P.O.1

Je ne te donne pas tort lorsque tu juges
Que ma vie ne fut qu’un songe
L’espoir maintenant s’est enfui
Etait-il illusion ou non ?
On pourrait sans doute dire
Que nous ne sommes qu’un rêve dans un rêve
Je tiens dans les doigts du sable
Qui glisse entre mes doigts
Je voudrais le retenir
Je me réveille
Il est trop évident que dormir endormi
Ne ressemble guère à dormir éveillé
Rêver endormi à rêver réveillé
Rêve dans le rêve ou pas
J’avoue que j’aime rêver
Des rêves d’action surtout
Quand la partie tourne mal
Je me réveille
Le rêve dans le rêve me protège
A sa façon le songe dit vrai
A sa façon seulement il est vrai
Quelque chose que je dois avouer aussi
J’aime juste avant de m’endormir
Contempler des paysages des architectures
Derrière mes cils
J’admets volontiers que tout est rêve
Tout est illusion
Ce qui signifie que tout est nécessaire
Illusion nécessaire
Mes architectures sont flamboyantes et baroques
Mes paysages sont des rochers sur la mer
Mon dernier rêve : la recherche d’une copine
Que nous avons perdue

De la Droite et de la Gauche

Depuis le Révolution française le clivage Droite-Gauche apparait fondamental en France. A Gauche d’abord les tenants de la Révolution. Sous la Monarchie de Juillet d’un côté ceux de la « Résistance », de l’autre ceux du « Mouvement ».
Il n’y a guère que les tenants du Nationalisme qui ont contesté cette bi-partition à partir de la fin du XIX°siècle.
Les tourments économiques d’aujourd’hui invitent certains, dont Macron, à ne se situer ni à Droite ni à Gauche. Il est probable que situés d’abord au Centre, souvent introuvable, ils glisseront à Droite.
Valls aurait du représenter la Deuxième Gauche, plus réformiste, plus moderniste, plus libérale ( voir notre article du 26/O2/2016 ). Mais il est autoritaire, le menton trop souvent en avant, certains diraient à la façon de Mussolini. Son maitre est Clemenceau, le briseur de grèves, l’incarnation de la Première guerre mondiale, la guerre impérialiste par excellence, née des contradictions de l’impérialisme.
La Deuxième Gauche se meurt une nouvelle fois. Il est actuellement probable que la Droite en 2017 reviendra au pouvoir pour longtemps, peut-être pour trente ans.
Heureusement la Société civile reste active et participe en particulier à l’übérisation de notre monde.

Fin

Avec la 123° poésie s’est terminée la série F.A.N.
Je laisse les lecteurs trouver qui a inspiré cette longue collection de poèmes de même que le poète qui est à l’origine de la précédente intitulée O.K.
J’ai proposé il y a quelque temps déjà un procédé que j’ai appelé la translation, entre autres pour Florian, puis le fabuliste méconnu et le fabuliste inconnu.
La translation consiste pour moi en un ensemble consistant en traduction, adaptation, réduction, modification.
Les deux derniers poètes dont je suis parti m’ont inspiré davantage. Ils ont suscité chez moi poésie, imagination, nouvelle création au point parfois de les oublier.

F.A.N.123

Tu ne sais pas ce qu’est l’Amour
Il te faudrait être intrépide
Avoir le temps pour des tours et des détours
Les amours ne sont pas identiques
Il te faudrait un professeur de Vérité
L’Amour est le contraire du mensonge
De l’illusion
On ne transmute pas en or
L’élixir de l’amour
L’amour vaut infiniment plus que l’or
Ne te méprise pas
Ne méprise pas le manger et le boire
C’est ta nécessité naturelle
Qui peut s’exalter
Respecte les obligations de la nature
Tu es un humain tu es aussi un animal
L’Amour unit toutes les dimensions humaines
L’Amour est Union
Si tu vas au bout de l’Amour
Tu seras meilleur que le soleil dans un ciel bleu
Tu plongeras tel un éclair dans l’océan
Sans te mouiller les cheveux
Tu seras de la tête aux pieds
Baigné de divine lumière
Tout ce que tu vois est la face de Dieu
Même s’Il n’existe pas
Dieu étant le souhait extrême
L’Amour te donnera un regard
Profond et pieux
Si ta vie s’écroule
L’amour restera comme l’Esprit
L’oiseau qui vole au dessus des flots

F.A.N.122

Le rossignol chante et tu pleures
Tu récites ta leçon mystique
En toi le feu a éclaté comme une fleur qui s’ouvre
Petit garçon tu montais sur l’arbre
Pour entendre l’unité de ton monde
Les oiseaux connaissent la musique
Le Graal n’est qu’un mythe bon à prendre
Ne t’attache pas tant aux biens de ce monde
Prends ces vers pour de la pure vanité
Mais sache aussi que tu es vanité

F.A.N.121

Essaie de voir le meilleur des choses !
Ne sois pas obsédé par le pire
Tout en en connaissant l’existence
Ne sois pas dépravé
L’obsession du mal conduit souvent au mal
Tiens-toi prêt à prendre le chemin de l’amour
L’amour c’est le Bien
Tu ne veux pas prendre le chemin
Tu ne veux rien faire
Tu as le fier faucon au poing
Tu ne chasses pas
Tu ne cueilles plus les fleurs
De peur d’être piqué
Ton zéphyr n’est pas passé chez l’aimée
Il fallait persister
Ou s’amouracher d’une autre
Ne te sacrifie pas sur l’autel de l’amour
Aucun autel ne mérite une perte pareille
Ne brise pas la coupe
Bientôt tu auras soif
Ne sois pas flatteur
Ne te flatte pas toi-même

F.A.N.120

Connais-tu la valeur du temps ?
L’instant fugitif est le fruit de notre vie
Les désirs trop et trop tôt satisfaits
Réduisent l’existence
A une ombre quelconque
Si le hasard te favorise
Laisse-toi aller au plaisir
Laisse-moi planter quelques arbres
Mes bien-aimés
Le goût du vin tue ceux qui ne n’en boivent pas
Ne faisons rien qui puisse causer remords et chagrins
Occupons-nous des plaisirs qui donnent la joie
Un moment peut égaler une année
Notre monde est condamné à mourir
Profitons-en vite
Va vite mais pas trop
Pour ne pas fatiguer le coeur
Nos idées sont désordonnées
Que faire devant l’étendue du monde
Dont une partie est inconnue
Peut-être la plus féconde ?

F.A.N.119

Ne reste pas privé d’amour sevré d’ivresse
Tu t’es libéré de l’essence et du néant
Tu vis pleinement les aléas de l’existence
Fragile et impuissant tu es heureux
Comme le zéphyr aux ailes de papillon
Dans ta voie l’amour
Mieux vaut souffrir
Pendant un temps
A condition d’être un minimum
Agile et intelligent
Chasse l’égoïsme
Aime pour aimer
N’aime pas pour être aimé
La vie est un don
La vie est un don merveilleux et magique
Laisse sa place au mal
Personne ne l’a détruit
Trop d’intellectuels ne sont agnostiques
Que pour être permissifs et débiles
Il ne s’agit pas de monter au ciel
Ce serait pour retomber à terre
Si l’épine pique ta main
Glorifie la rose
Si la coupe est presque vide
Goûte le plein
Si le vin est amer
L’ivresse n’est pas morose

F.A.N.118

La brise porte nos espérances
En qui puis-je avoir confiance ?
Pour moi il n’y a pas de Dieu
Ni des dieux
Gémissements du soir
Soupirs de l’aube
Telles sont les clefs de mes désirs
Mais je suis le chemin qui conduit à l’amie
Ma plume n’est pas capable d’exprimer l’amour
En profondeur la passion est ineffable
Dans ce monde l’affection n’est pas naturelle
Il n’est fait que d’illusion
Pourquoi s’attacher ?
Pourquoi demander de l’amour ?
Sur notre monde indigne
Plane l’ombre majestueuse
De l’oiseau montagne
Pas de clémence divine
Pas de malédiction
Nous sommes libres
Autant que nous pouvons l’être
Faute d’amour soyons amis

F.A.N.117

Mon écriture est noire
Elle sent l’ambre musqué
Le temps joue le rôle de ma vie
Il nous sépare pour nous unir
Mon jardinier du monde
Sème ces drôles de graines
Dans ce paradis qui me sert de jardin
Ne soyons pas trop exigeants
Dans le lit de l’amour
Quand l’oreiller n’est pas une brique
La dive bouteille n’est plus mon fait
Mes lèvres ne sont pas douces
La beauté parfois s’éprend de la laideur
La pourriture ne nous fait pas peur
Il semble écrit que nous abandonnions
Nos possessions