F.A.N.66

L’être humain qui a créé le chien
N’est pas si méchant
Mais l’Envie est l’un de ses péchés
Si peu mortel que beaucoup en vivent
Il conviendrait d’admettre que les plus hauts placés
Dans la hiérarchie le méritent amplement
Ils le méritent selon les codes en vigueur
Contestons les codes pas les personnes
Plutôt que de pratiquer l’envie mesquine
Critiquons l’essentiel pas l’accessoire
L’essentiel est tragique
L’accessoire est comique
Si l’on est favorable à la hiérarchie
Ne soyons pas surpris qu’il y ait des hiérarques
Il est vain que le vizir envie le calife
Pourquoi n’envions-nous pas les chiens ?
La Vanité est le fonds commun des humains

F.A.N.65

Coeur brulé incendié
Ne revient plus
La vengeance est la pire des brulures
Essaie la justice
Elle rejoint le pacte originel
Ecoute la huppe messagère
Elle remplit son rôle
Regarde l’hirondelle
Elle ne rompt pas le pacte
Les fleurs et les papillons de couleur
Reviennent avec le jour

F.A.N.64

Tu as beaucoup perdu au jeu
Avec les femmes
Dans ton travail besogneux
Il est grand temps de triompher
Sois présent à ton époque
Elle te donne des atouts
Et pas d’autres
Tu t’es endurci
Tu as perdu les illusions de ta jeunesse
Ne t’abandonne pas au coeur de pierre
Cette idole est mortelle
Laisse revenir le parfum de ton âme
Ton pacte originel
La Générosité

F.A.N.63

Le Messager a apporté la bonne nouvelle
Nous avons le droit de nous amuser
S’amuser est certes un travail
Parfois pénible et fastidieux
Il n’empêche
L’amusement offre d’autres voies
Elles sont cependant dangereuses
Méfie toi du Bistro magique
Et de l’excès de vin mystique
Restaure patiemment ta maison en ruine
Pas trop de discours !
Imite le courage de la minuscule fourmi
Sais-tu que ses yeux sont charmeurs ?
Ils pourraient percer ta foi
Demande grâce à ton roi
Le Coeur

F.A.N.62

Que l’amour ne me sorte jamais de la tête
Et du corps !
L’amour n’est pas ce que beaucoup croient
Il ne consiste pas à être aimé
Mais à aimer
Il est difficile d’aimer sans être aimé
Nos soupirs n’atteignent pas leur cible le ciel
Je compatis
Aimer est le meilleur moyen d’être apprécié
Garde la mesure de ta musique personnelle
L’épée d’amour t’a blessé
Le sang d’amour est indélébile
La haine est le pendant exact de l’amour
Elle se nourrit de nos blessures
Qui sont nombreuses
Garde ta mesure !

F.A.N.61

Ménestrel
Ne nous chante ni le passé ni l’avenir
Le paradis est au présent
Dépêche-toi il va s’enfuir
Jamais l’amour ne sortira de ma tête
Il varie sans répit
Au coeur l’aimée pour la vie
A la périphérie les rencontres éphémères
Pour elles je me condamne au libertinage
Au vagabondage
Vivent le tambourin et la flute !
Je saute de joie
Je cultive en cachette mes diverses amours
Elles sont connues de tous
Il est temps que je m’arrête un moment
Mon aimée me verse un vin de rubis
Mon aimée me pardonne
Parce qu’elle aussi agit
Nous ne pourrions pas être plus heureux
Qu’aujourd’hui
Ni la religion ni la loi n’y peuvent
Quoi que ce soit

F.A.N.60

Je connais une dame
Qui pratique autant de langues
Qu’une fleur a de pétales
Devant elle je reste coi
Je m’inquiète moi-même
Je refuse les errances du coeur
Je me veux de marbre
L’arbre de Judée bruisse
Loin de la douleur de l’exil
Le temps est trop court
Ne remets pas à demain la joie d’aujourd’hui
Qui sera garant demain de ta vie ?
Le poète est roi au pays de l’existence
Je me sens un peu poète
Je me sens poétique comme nous tous

F.A.N.59

Si l’ami est le centre d’attraction
Je le trouve moins bon compagnon
Je n’aime pas brûler seul
Ma bague marquée au sceau de Salomon
N’est pas de bonne compagnie
Je ne suis pas un guetteur
L’Oiseau étend son ombre heureuse
Elle est fugace
Plus que celle du corbeau
Un coeur en feu est en péril
Salomon demande de le diviser en deux parties
La meilleure ira rejoindre
Le fredonnement de la vie
L’autre s’enfoncera dans l’enfer
Le Divin peut être maléfique

F.A.N.58

Détourne-toi du Bistro
Le monde ne mérite pas le moindre moment de chagrin
Je connais des flatteurs sincères
ils sont rares
Ta beauté n’est pas éternelle
Je l’ai remisée dans le magasin des antiquités
Au rayon de l’éternité
L’amour l’amant l’aimée
Ce triangle est éternel
Les parties prenantes changent à tout instant
Certains ne connaissent pas l’amour
L’un d’eux voulut voir le théâtre du mystère
Il reçut un coup violent dans la poitrine
Tels sont notre rôle et notre part sur terre

F.A.N.57

Le divin des véridiques
Est emprisonné dans les rites du sacré
Le divin qui rit et qui sourit
Ressemble aux nuances de la mer
Que le ciel concilie
Il ressemble à des boutons de rose
Au premier sourire d’un tout petit enfant
Le divin est partout
C’est une question de vision
Un simple bonnet de laine
N’est pas inférieur à une couronne royale
Une paire de godillots
Une coupole d’émail
Viens voir danser les jeunes filles
Ne me dis pas qu’elles ne sont pas divines