F.A.N.16

La rose l’amie le vin sont là
Avec moi
S’il existait le roi du monde
Serait mon esclave
Je ne pratique pas l’esclavage
La fleur et l’élixir ne sont licites
Que si tu es là
Ma bouche est sucrée
Au goût de tes lèvres
Mon infamie ferait mon renom
Si j’étais infâme
Nous sommes vagabonds ivrognes luxurieux voyeurs
Qui ne l’est pas s »il est sincère ?

F.A.N.15

Un verre de bon vin
La lecture d’un poème
Puis tu pars sans bagage
Etroite est la porte du salut
Mais rien ne vaut une vie
Ne t’attriste pas des échecs
Le plus grand des savants
Déplore sa pratique
La vie est plus complexe
Que n’en rêve notre raison
Elle est comme un puzzle
Sans image
Il nous manque toujours
Quelques pièces

F.A.N.14

Le jardin invite aux plaisirs de la saison
Des fleurs des brises odorantes
Des oiseaux gaffeurs
Le bonheur ne s’achète pas
Au bazar du monde
Il se trouve en toi
Avec ta bien-aimée
Grâce aux menus plaisirs
Que vous vous offrez
Grâce au renoncement
A la Vanité
Vous cultivez votre jardin

F.A.N.13

Fie toi aux apparences
Elles sont rarement trompeuses
Mais il faut apprendre à les décoder
Avec savoir et intuition
Si tu baisses la garde
Le tumulte te rend superstitieux
Tu crois manipuler
Tu n’es plus qu’un jouet
N’abuse pas de la liqueur divine
Le Temps est une carafe
Pleine de sang et non de vin
Ne cherche pas le bonheur
Dans la révolution des astres
Elle t’ignore

F.A.N.12

La brise dans tes cheveux
Tu n’as pas de masque
Ta mélancolie me divise
Je n’ai pas de masque
Tes yeux talismans
Sont déchiffrables
Tes cheveux frisés bouclés
Sont ceux le sais-tu d’un djinn
Ton chemin poussiéreux
Entre les mains du vent
Retarde ta marche hasardeuse
Mon corps lourdaud
A grand’peine se soulève
Retardé par le vent
Ton souffle m’époumonne
Le mien ranime les os morts
Le pacte est éternel
Entre toi et moi
Pour le moment qui vient

F.A.N.11

Rien ne peut rien contre la bêtise humaine
Elle seule donne une image de l’infini
Elle est plus diverse et profonde que l’intelligence
Là où pour un savant 0+0=0
Un point c’est tout
Pour des imbéciles O veut dire Un zéro donc Un
Cela ne rime à rien
Pour certains crétins trois zéros égalent Trois
C’est mieux que rien
Pour les prétentieux c’est ton impossible idiotie
A chacun sa bêtise
Les solitaires ont besoin de distractions
Ils n’éprouvent pas le besoin de se taire
Les besogneux se racontent des fables
Ils sont au premier degré
La bêtise est un océan
Maintenant que j’ai la perle
Je n’ai plus besoin de la mer

F.A.N.10

Un bon libertin fait un bon dévot
Il a l’habitude des tours et des astuces
S’il n’a pas la science infuse
Les chats témoignent du bon côté des humains
Même de ceux qui trahissent et qui trompent
Ne sondons pas le divin
Contentons de son breuvage
Le vin !

F.A.N.9

Décoiffé le front moite
Souriant et ivre
Un pote se pencha sur moi :
« Quand trouves-tu le temps de dormir ? »
Je répondis bêtement :
« Boire est la destinée des ivrognes »
Il se releva me regarda d’un air furieux :
« il n’y a pas de destin
Tu n’as que ta liberté
C’est elle qui te rend merdeux »
je brisai la coupe dans un rire
Et je partis dormir

F.A.N.8

Où est l’éclat de la jeunesse
Dans ses prairies et ses jardins ?
Souvent les vieilles femmes se vengent de leur époux
Pour les avanies qu’il leur a imposées
Réelles et imaginaires
Acariâtres et revêches
Elles vont jusqu’à ordonner
Ce qu’il fait dans un geste familier
Le monde est avare
Tout se termine par un massacre
Il n’y a pas de pardon

F.A.N.7

L’innocence du Sexe !
Le Sexe humain serait triste et sale
Pauvre en idées et en sentiments
Il ne donnerait que des toqués des fous à lier
Des vieillards libidineux
Seul l’amour le sauve de la perdition
Le plus simple et bref
Comme le plus complexe et durable
Ne refoulez pas le sexe
Il n’est pas coupable
Assumez le dans le culte de l’Amour
Les amours les plus brèves
Sont les plus délicieuses
les amours les plus longues
Sont les plus difficultueuses
Et les trop essentielles