Ton cadavre desséché ne sera pas un monstre
Qu’on montre dans les foires
Si tu bois à temps autant de vin
Qu’il est nécessaire pour être
A la fois fou et sage
La condition humaine brille
Par ses contradictions
O.K.129
Il est heureux que je ne contrôle pas l’univers
Je serais tenté d’en faire un paradis
Où tout serait à sa place immobile
Faisant juste semblant de bouger
A l’extase de départ succéderait vite
L’ennui le plus profond
O.K.128
Je voudrais bien un coin tranquille pour dormir
J’en ai assez de cette route
Qui ne veut pas finir
Je souhaiterais surtout plonger
Au centre de la terre
Pour en ressortir sous la forme d’une fleur
O.K.127
Le livre de la gloire juvénile
S’est refermé
La verdure printanière
Laisse place à la glace hivernale
L’oiseau volète pour partir
Je ne l’avais pas vu arriver
O.K.126
Je bois avec tant d’amour
Que le bouquet du vin
Embaume le lieu de mon repos
Un passant imprudent
Le reniflant
En tomberait raide mort
Jusqu’au lendemain
O.K.125
Choyez moi les amis
Multipliez les coupes
Qu’elles couvrent de rubis
Mes joues terreuses
Il sera toujours temps
De me tailler un cercueil
Dans les ceps de vigne
O.K.124
Si je tombe mort lavez mon pauvre cadavre
Dans mon vin préféré
Ne soyez pas étonné que je ressuscite
Je ne vous dis pas ce que ce vin chez moi suscite
Vous pourrez m’accompagner au Bistro
Je vous invite à une tournée exceptionnelle
O.K.123
Saluons le mois de la musique
Des chants et des danses
Jadis j’étais comme tu le fus
Une motte d’argile
Je suis encore une coupe
Pour la joyeuse troupe
O.K.122
Je revis bien allumé
Pourtant j’ai été foulé aux pieds
Par je ne sais quelle foule innommable
De l’argile qui est mienne
Je fais une coupe
Et je bois et je bois encore
O.K.121
Quand je serai éparpillé aux quatre vents
Tout sera indicible
Tout sera ineffable
J’aimerais être une coupe
Gorgée d’une boisson délicieuse
Laquelle ? Je ne sais pas encore