Je ne sais quoi faire en cette année nouvelle. Facebook ne saurait me satisfaire.
Je ne transcris pas mes rêves. Je les oublie en me promettant de les retenir. Je n’aurai jamais le talent de Robert Desnos.
Pas de rêverie. Je révasse peu. Bien sympathique pourtant est la rêverie qui se lie à vous comme le lierre au chêne.
Pas de collage de textes sauf de temps en temps pour s’amuser.
Peut-être un roman écrit par bribes. Il commencerait par : « J’étais assis à la terrasse du café « Aux bons amis » sur la placette du hameau dominé par la falaise rocheuse qui fait partie du massif de l’Ours… ». La suite plus tard.
Plus de poème, sauf exception.
Plus de gamme, ni de gemme, fait de phrases trop courtes et sans appel. Une maxime peut-être au hasard.
Surtout plus de fatrasie, l’équivalent à mon niveau du « Finnegan’s wake » de James Joyce, un supplice pour le lecteur.
Je ne produirai plus guère de fiches politiques ou historiques. Je privilégie mon tréfonds aux dépens de ma vie quotidienne.
Je souhaiterais des boules à facettes, comprenant au moins un dizaine de phrases complètes raccordées dans un raisonnement unique. La première serait sur le Doute considéré comme l’un des fondements de ma pensée…
Bric-à-brac de nouvel an
Le nouvel an à la carte la neige pour l’avenir une bonne action Des temps morts Le monde criminel Un grand trésor dans le sillage célébré en accéléré Un village enténébré
Je ne suis pas positiviste
En cette nuit de passage d’une année à l’autre j’ai fait un rêve épouvantable : j’étais positiviste, façon Auguste Comte. J’ai tenu tout un raisonnement pour reprendre mes esprits.
J’ai toujours détesté l’esprit dogmatique de Comte. Le mien se veut critique et toujours dubitatif. De ce fait je suis souvent positif de façon, je l’espère, scientifique.
Ma devise est « élan et discipline » et non « ordre et progrès ». Je n’aurais jamais soutenu Napoléon III. La création est première. Elle comporte son ordre propre.
L’humanité a-t-elle connu trois âges ? Elle est passée par un âge magique, puis un âge religieux qui subsistent. Le troisième âge serait selon moi scientifique.
La vue un peu simpliste de l’Histoire chez Comte, plate, conservatrice, oublie un phénomène fondamental, l’existence des classes sociales.
Je suis positif. L’année sera bonne !
Message de Noël
Je suis incapable de prévoir l’avenir. Un exemple : je n’ai pas prévu la chute de l’Union Soviétique. Un autre exemple : je n’ai pas prévu l’incroyable succès des portables que je réduisais du reste à de simples téléphones.
J’avais un vague projet pour 2016, écrire concrètement sur le concret de nos existences. J’abandonne. Ce projet ne peut être le mien que partiellement. En ce beau jour de Noël, fête de la naissance d’un enfant, j’avoue que je n’ai pas de projets pour 2016.
Mes projets attendront l’année nouvelle. « Il est difficile de faire des prévisions surtout quand elles concernent l’avenir »( Allais ). On peut toujours faire des projets.
Thèmes divers pour 2016
L’un des intérêts d’un blog est de ne pas l’immobiliser dans un seul thème. Mais il n’est pas mauvais qu’il y en ait un qui prédomine.
C’est ainsi que 2015 a été d’abord une année de fables avant d’être celle du Haïku, puis celle des fatrasies…
Que peut-on prévoir pour 2016 ? Je m’oriente vers un résumé de ma pensée d’aujourd’hui, elle-même résumé d’une vie d’expériences et de réflexions.
Je ne pense pas revenir à mes débuts dans la carrière. Amateur d’histoire universelle, j’ai commencé par l’abstraction la plus grande. Celle-ci est paradoxalement plus accessible à un débutant manquant de pratique, d’expérience. C’est ainsi que j’ai débuté par la théorie des modes de production, base selon moi de l’Histoire ( 1971 ). J’ai poursuivi par la théorie des formes politiques que je dois à Montesquieu (1983 ). Les deux sont si simples que je pourrais les résumer en un seul tableau. La plus novatrice est celle des modes de production que je dois à Marx.
J’ai abordé ensuite la théorie de l’idéologie, troisième instance de l’Histoire humaine. Elle est si complexe qu’elle m’a explosé au visage. J’ai bien avancé quelques propositions sur l’ontologie qui, par exemple, se comprend comme quête de l’Unité de l’Être, passant par le primat de l’Un chez les Sémites, les juifs et les musulmans, du Deux chez les anciens Perses, pourtant indo-européens, du Trois, chez les Indo-européens et dans le christianisme, du « Tout comme plein » dans l’hindouisme, du « Tout comme rien » dans le bouddhisme…
Ces formules ne sont pas fausses, mais elles sont très insuffisantes par rapport à la luxuriance des créations idéologiques, en particulier des Mythes et des Rites.
Je me suis résigné à me contenter de l’histoire de la pensée historique, c’est à dire de la réflexion sur l’Histoire ( 1991 ).
Je ne compte pas revenir particulièrement sur ces points. Ce qui me préoccupe aujourd’hui c’est la vie quotidienne.
Du plus abstrait je suis passé au plus concret.
Fin d’année
Nous avons offert, Régine et moi, particulièrement à ceux qui suivent nos blogs, un petit livre d’amour et d’amitié : « Un couple libre, Harmattan, 2015 ».
En 2015, sur mon blog, j’ai offert, comme d’habitude, des choses diverses, mais cette année est devenue pour moi celle du Haïku, genre que je n’avais jamais pratiqué et que je ne pense pas avoir poussé à son terme, la sérénité.
Mais, à partir du Haïku, j’ai atteint une limite, celle de mes fatrasies, genre médiéval que je pense avoir modernisé. J’ai récidivé plus modestement avec mes gammes et mes gemmes, voire, de façon éphémère, mes gages.
Mais maintenant que faire ?
Après mûre réflexion, je juge que 2016 pourrait être une année féconde, marquée par mon retour à la pensée réflexive, l’abandon des maximes moralistes d’une phrase.
Mais je continuerai à aborder des thèmes divers.
Notifications
L’humain est essentiel pour lui-même, mais n’est pas une essence
L’humain est une existence sans essence
Il y a une condition humaine, pas une nature humaine
L’humain n’est qu’histoire.
Selon une étude du NIET ( Nouvel institut d’études transcendantales ), l’espèce humaine « développée » aurait tendance à se diviser entre schizoïdes et paranoïdes.
Les schizoïdes douteraient d’eux-mêmes au point de se cacher, éventuellement derrière un masque. Les paranoïdes se priseraient hautement eux-même au point de douter de leur acceptation sociale.
Un cas fréquent chez les paranoïdes serait une triple personnalité :
A1: Un esprit subtil, léger, parfois féérique
A2 : Un esprit solide, pragmatique, serviable
A3 : Un esprit méchant, vindicatif, revanchard
Bien sûr, les schizoïdes ne sont pas schizophrènes et les paranoïdes ne sont pas paranoïaques.
Enfin l’étude du NIET conclut sur la vitesse supérieure à celle de la lumière des mouvements de pensée, ce qui contredit la loi d’Einstein sur la lumière disposant de la vitesse limite dans notre univers. Elle insiste cependant sur le concept de « vitesse apparente ».
Le dernier prophète ( à date )
Le dernier prophète à ce jour est le Français Michel Onfray, par ailleurs « philosophe ». Il prévoit le déclin du monde occidental pour lequel « personne n’est prêt à mourir ». Il annonce les succès à venir de « l’Umma », ( terme qu’il connait depuis peu et dont il se gargarise, qui signifie « communauté des croyants » musulmans ), succès, voire triomphe de « l’islam » dans le « conflit des civilisations », lesquelles se doivent d’être guerrières.
Rappelons que les civilisations, concept récent, ne sont pas des instances matérielles, mais idéelles, idéales, spirituelles.
Onfray interprète à la lettre quelques versets du Coran qu’il prétend avoir lu. Il est ainsi plus salafiste que bien des salafistes.
Il se dit athée avec éclat et judéo-chrétien du fait de notre « civilisation ». Il oublie les origines gréco-romaines, puis la Renaissance et les Lumières, enfin la laïcité contemporaine. Le fait « judéo-chrétien » est fondamental, mais je préfère parler de civilisation « occidentale ».
Selon moi, la philosophie est une activité critique. Elle n’est pas un anathème.
A nouveau l’ami finlandais
Le 26/09/2015 nous publiions une lettre de l’ami finlandais. Nous venons d’en recevoir une autre :
« Cher ami, mon désarroi s’accroit et confine à l’angoisse. J’ai réfléchi sur vos propositions, tirées en particulier de Marx, suivant lesquelles certains événements commencent en tragédie, se poursuivent en comédie, à quoi vous ajoutez qu’ils se terminent en farce.
1946 : Le meilleur d’une certaine pensée française se résume dans la séparation entre Sartre, compagnon de route du parti communiste français, Camus, libre à tout prix, et Aron, partisan d’une droite civilisée. Tragédie !
1976 : Le devant de la scène intellectuelle est occupé par les « nouveaux philosophes » qui condamnent radicalement le P.C.F.. et qui jettent allègrement l’enfant Marx avec l’eau du bain, mais qui gagnent l’adhésion à leurs anathèmes y compris la nôtre. Comédie !
2016 : Le philosophe-roi de la scène médiatique s’appelle Michel Onfray, mélange de clown et d’histrion. Farce !
Pour moi Onfray est un vulgarisateur à succès qui a oublié de ne pas être vulgaire. »
Un couple libre
Régine Dhoquois-Cohen & Guy Dhoquois
Un couple libre
Harmattan-Paris-100 pages-13 euros
Vient de sortir
Disponible à : diffusion.harmattan&wanadoo.fr