Fatrasie 8 : Phasmes spiritueux

Douter du doute lui-même
Le doute est un instrument et ne doit qu’obéir

Sortir c’est rentrer
Tout est plein de vide

Héros zéros
Panthère rose panthère noire

Nous subissons de nouvelles sophistiques
Chacun sa liberté

L’Italie est insubmersible
La vie est un suspense

L’adultère est un deuil
Il n’y a pas de bel adultère

Je ne vais pas à mon enterrement
La tolérance est un droit mais aussi un devoir

Il n’est pas besoin de briller pour vivre
L’obsession sexuelle petit crime universel

Rien ou n’importe quoi ?
Tout a le même principe

L’ogre corse
Le fond de l’air

Il chantait faux il était beau
Découvrir l’autre c’est découvrir aussi un autre soi

Que devient l’espoir de changer l’humain ?
Deux et deux font quatre

La vie c’est du sport
La raison est souvent sans raison

La boule noire
Le haïku français

Le Tatave est valeureux
Ne pas être seul à deux

Le jabadao
Le temps qu’il fait

La générosité vertu cardinale
Baise ou pas baise

Epitomé 4

Le doute, rien que le doute, mais tout le doute ( ? ) :
A dix-sept ans j’ai pris une décision décisive : le doute. J’ai décidé de douter, de douter le plus possible, le mieux possible. Non pas pour rester dans le doute comme ceux qu’on appelle les « douteurs » et qui restent dans une expectative perpétuelle. Pour penser et agir avec les meilleurs chances de succès.
Mon refus de Dieu à quatorze ans, à cause de l’existence du mal, défi au tout-puissant, m’a aidé dans la voie du doute sauf que je ne suis pas agnostique, mais bel et bien matérialiste et athée. Je doute et je décide. Dans le doute, agis.
A l’âge de dix-huit ans un camarade, que je salue, Henri, a attiré mon attention sur le pari de Pascal que je résume à ma façon : dans le doute, pourquoi ne pas parier sur le meilleur, Dieu ? Ma réponse est que je laisse sa chance à Dieu car je ne peux pas prouver qu’il n’existe pas. Mais qu’à titre personnel, dans ma vie propre, je n’en ai pas besoin. Le pari reste un doute.
Auparavant, à dix-sept ans, j’avais lu Descartes, son « Discours de la Méthode ». Son « cogito », son « je pense » m’a mis sur la voie de formules que je devais explorer ultérieurement :
« Dubito, ergo cogito, erge sum ». « Je doute, donc je pense, donc je suis ». Descartes commence par le doute pour l’abandonner ensuite au profit de son « cogito » : « cogito, ergo sum », « je pense, donc je suis ». Mais moi, je ne quitte pas le doute ou plutôt il ne m’abandonne pas.
Mais moi je ne peux me contenter d’une affirmation absolue de l’ordre de l’être. Je conclus par : « dubito, ergo ( non ) sum ». Je doute, donc je suis ( je ne suis pas ).
J’hésite et j’agis.
Enfin dois-je rappeler que toute pensée scientifique digne de ce nom est fondée sur le doute, l’esprit de libre examen ? Donc mon empirisme, sur lequel j’ai insisté dans l’épitomé précédent, s’accompagne du doute quand celui-ci ne le fonde pas.

N.B. : « Dubito, ergo ( non ) sum », exergue de mon premier livre, « Pour l’Histoire ».

Fatrasie 7 : Etats de faits

Sauvage la sincérité devient son contraire
La joie se tamise avec le temps

Beaucoup de gloires sont fausses
Où sont les moineaux de Paris ?

Cachotteries et mensonges
D’où la suspicion ?

On tue pour un éperon une corne
La mort s’écoule comme du sable

Ne pas abuser de sa longévité
Le haïku est une boule à facettes

La peur du gendarme est le commencement de la peur
Coupable puis innocent

L’amitié plus fondamentale que l’amour
Mais l’amour des parents pour leurs enfants

Balle de match
La vipérine pire qu’une vipère

Il fait chaud et beau
La Suisse coffre-fort démocratique

Liberté loi de nécessité
Responsable et irresponsable

Vertu républicaine
Etre ou ne pas être responsable

Résignation soumission
Soumission à la loi

Snobs ras-le-bol
Les petits bonheurs

Après les besoins les désirs
La liberté de nos désirs

Des personnes se sentent coupables pour les crimes qu’elles n’ont pas commis
Faire c’est bien élever c’est mieux

Le vrai et le cauchemar
Assumer les erreurs du vrai

Emotion sentiment idée
Sensitif Sensible Intelligible

La boule du maboul
Les petites jupes

L’estaminet de la gloire
Le sentimentalisme nie le sentiment

Sortir avec son bavoir
Sans nier le sensitif le sensible passe à l’intelligible

La môme aux moineaux
Hormonal et neuronal

Epitomé 3

Petite histoire de ma philosophie :
Après deux chapitres consacrés à l’historique des débuts de ma philosophie, j’arrive à sa phase classique qui dure encore.
Je suis fondamentalement historien même si je ne travaille pas sur des archives nouvelles. Les archives sur lesquelles je travaille sont anciennes et même classiques comme Marx et Montesquieu. L’histoire reste ma hantise comme en témoignent mes ouvrages : trois sur quatre ont le mot « histoire » dans le titre.
La base épistémologique de tout travail d’historien est l’empirisme, c’est à dire que l’historien doit collecter avec soin des faits et avoir le plus grand respect pour ceux-ci.
Il n’a pas de limite aux faits historiques. Tout dépend du champ d’études que se propose l’historien.
Parmi les documents qu’utilise l’historien, il y a ceux propres à l’histoire de la pensée, les livres , mais pas qu’eux. Toute culture est un contexte;
La plus belle des constructions théoriques doit rendre compte du moindre fait ou du moins le respecter, lui être compatible.
Le plus grand philosophe de l’histoire, Hegel, ne ruine pas sa dialectique, mais menace son argumentation en oubliant radicalement l’empirisme anglo-saxon dans son histoire des idées.
Il faut dire que Hegel n’est pas un scientifique, mais un métaphysicien qui se croit en mesure d’imposer à l’histoire sa construction conceptuelle.
Hegel est un grand philosophe, mais pas un théoricien. Pour moi la théorie doit être de part en part scientifique. Je me suis voulu théoricien, donc scientifique. Voilà ma philosophie ( anti-philosophique ).

Fatrasie 6 : Allégations

Rire ou ne pas rire
Glissade du quidam

Paix en temps de guerre
Je vis par procuration

Maître du langage
Le corps te trahit

La vie s’aime
La vie sème

Une robe enflamme
Réparer ses torts

Nécessité loi du bonheur
Tu es cinglé

Révolte débile
Paix dangereuse

Enfance et nouveauté
Aime toi cher Narcisse

Simplicité complexe
Résumé vrai

La caravane passe
La jolie Gudule

On est ce qu’on mange
Marier les esprits

Le vieux c’est mieux
L’enfer du haïku

Le souverain nouveau
Musique d’ordinateur

Autorité n’est pas pouvoir
La vie est un mélodrame

Le diable est un détail
L’orchidée n’est plus sauvage

Où est le plan démocratique ?
Il convient d’habiller le roi nu

Pas de démocratie sans planification démocratique
Pour une culture de la sincérité

La joie de vivre
La chose publique n’est pas une fille

Con promis chose due
Autorité n’est pas pouvoir

Je vis par procuration
Responsable pas responsable
Rire ou ne pas rire

Epitomé 2

La véritable histoire de ma philosophie :
A onze ans j’ai décidé que je serai professeur d’histoire. Cette discipline était la seule où j’avais de bons résultats peut-être parce que l’enseignante était la seule à me rappeler mes chères institutrices alors que j’étais perdu entre les enseignants.
J’ai pensé avec appréhension que je n’étais doué que pour une matière de mémoire. J’ai gardé cette attitude pendant ma scolarité sauf que j’ai rétabli ma position dans les autres matières. Je me suis passionné pour une nouvelle venue, la philosophie, sans abandonner mon projet originel.
Je pense qu’il s’est produit un phénomène de surdétermination. La première détermination est historiquement exacte, mais elle n’est que conjoncturelle. S’y ait ajoutée en profondeur une seconde dimension, ma véritable vocation historique.
D’où vient-celle-ci ? Je ne sais et je ne le saurai peur-être jamais. D’elle provient ma vision du monde spatio-temporelle que j’ai appris beaucoup plus tard à faire remonter à Héraclite.
Cependant, pour éclairer mon contexte personnel, l’année du bac, 1955, j’avais des idées de gauche suffisamment affirmées pour adhérer à la S.F.I.O. ( Section française de l’internationale socialiste ), l’ancêtre du P.S. actuel, Mon raisonnement était qu’il était nécessaire d’adhérer à un parti politique pour participer à la vie publique, pour être un citoyen à part entière. La deuxième partie de ce raisonnement était que je voulais être le plus à gauche possible sans tomber dans le gauchisme groupusculaire ni dans le stalinisme du parti communiste pourtant quasiment à son zénith.